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Arracher les 14 €/h nécessite de construire un mouvement

Un salaire minimum de 14 euros de l’heure, une pension minimum de 1.500 euros nets, une révision de la loi sur les salaires, une réduction de la TVA sur l’électricité à 6% et un virage social pour que les épaules les plus fortes supportent les plus gros coûts et que les soins de santé restent accessibles. Ce sont les cinq priorités de la campagne « ensemble pour le changement ». Elles expriment ce qui est nécessaire pour une existence digne. Divers partis ont repris ces revendications durant la campagne électorale, mais il n’en est presque plus question aujourd’hui. Tant que nous resterons dans le cadre de ce que les patrons et les politiciens estiment possible, nous nous heurteront toujours aux étroites limites du capitalisme.

Devons-nous nous serrer la ceinture encore plus fortement ?

Cela fait déjà plusieurs décennies qu’on nous affirme que l’argent manque pour les services publics, l’enseignement, les infrastructures,…. et que nous devons aider les entreprises à soutenir l’économie. Depuis le début de la crise, en 2007, la situation n’a fait qu’empirer et nos conquêtes sociales disparaissent à un rythme infernal.

Pour les travailleurs, la politique d’austérité n’a pas entraîné l’amélioration promise : le nombre de travailleurs pauvres augmente tout comme les cas d’épuisement professionnel tandis que les services publics craquent de partout. D’autres économies frapperont d’autant plus durement les travailleurs et leurs familles.

Préparons-nous maintenant pour le prochain gouvernement

Quel que soit le prochain gouvernement fédéral, il continuera sur la voie de l’austérité. Il serait judicieux de les stopper avant qu’ils ne s’y mettent vraiment. La campagne Fight for 14 € est idéale pour cela. Chaque travailleur sait que 14 €/h est un minimum pour tenir le coup jusqu’à la fin du mois. Mais les patrons estiment que c’est trop, ils ne veulent pas diminuer leurs profits pour ça. Ils acceptent donc une infime augmentation du salaire minimum, mais qui soit payée par la sécurité sociale – par nous, donc – et ils osent en plus exiger de nouvelles compensations !

Les négociations n’ont encore rien donné. Cela ne signifie pas que les 14 €/h sont impossibles mais qu’il nous faut changer de tactique. Tout comme aux États-Unis, nous avons besoin d’une campagne de terrain. Là-bas, c’était au niveau des villes ou des États, mais en Belgique, il faudra que ce soit au niveau de l’entreprise, du secteur et du pays.

Deux campagnes en cours peuvent servir de source d’inspiration. Le personnel des services publics locaux bruxellois se battent pour l’abolition du barème le plus bas et pour une augmentation de 10% de tous les autres à l’aide d’assemblées du personnel, d’arrêts de travail et maintenant de grèves plus longues. Une campagne est également en cours à l’Université de Gand où seule une petite partie du personnel gagne moins de 14 €/h, mais des milliers de signatures ont été recueillies auprès de l’ensemble du personnel et des étudiants. Si la direction ne change pas son fusil d’épaule, le personnel entrera ici aussi en action.

Une campagne sur les lieux de travail où les salaires (d’une partie) des travailleurs sont inférieurs aux 14 €/h susciterait beaucoup d’enthousiasme, tout particulièrement chez les jeunes et les femmes. Ce serait encore plus le cas si un plan d’action était élaboré avec leur implication. Ce n’est qu’en engageant activement tous les travail-leurs que nous obtiendrons des victoires, pour cette campagne comme pour d’autres. Transformons chaque 14 du mois en journées de campagne dans les entreprises, même celles où les syndicats ne sont pas encore présents, pour transformer le soutien existant en un mouvement actif.

Obtenir les 14 €/h renforcera la confiance en la lutte et son efficacité. C’est important, mais comme pour tout droit acquis, les patrons et leurs représentants politiques tenteront d’inverser cette tendance dès qu’ils en verront l’occasion. On ne peut éviter cela qu’en utilisant nos victoires pour continuer à renforcer les organisations qui défendent nos intérêts. Dans le même temps, nous devons défendre une solution durable, c’est-à-dire constamment lier notre combat à la nécessité d’une société qui ne repose pas sur la maximisation du profit, mais sur les besoins de tous. Seule une transformation socialiste démocratique de la société peut rendre cela possible.

Le Parti Socialiste de Lutte soutient pleinement la campagne de la FGTB « Fight for €14 » en y participant et en formulant des propositions constructives. Si vous voulez en savoir plus ou nous soutenir, contactez-nous et re-joignez-nous !