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Tous en lutte pour plus de pouvoir d’achat !

  • Salaire minimum de 14 euros de l’heure
  • De sérieuses augmentations de salaire
  • Une pension minimale de 1.500 euros

Le 4 février, la FGTB organise une manifestation pour notre pouvoir d’achat : pour un salaire horaire minimum de 14 euros brut, 1.500 euros de pension minimum, à travail égal salaire égal, etc. En outre, la FGTB préconise à juste titre des salaires plus élevés pour les jeunes. Les nouveaux emplois créés depuis la crise de 2008 étaient souvent à temps partiel, flexibles ou faiblement rémunérés.

Par Peter, délégué syndical. Cet article est issu de l’édition de février de Lutte Socialiste, la grève générale nationale appelée par la FGTB, la CSC et la CGSLB pour le 13 février n’était pas encore connue

Comme l’indique un article paru dans De Standaard (15/12/18), cela a eu un profond effet sur la vie des jeunes : ‘‘Au début de ce siècle, près de la moitié des jeunes de 20 à 25 ans pouvaient encore payer leurs factures sans aide parentale. En 2016, ce n’était qu’un quart. Plus d’un tiers des 25-30 ans ont encore besoin de l’aide de leurs parents en 2014.’’ Selon Eurostat, le nombre de femmes et d’hommes âgés de 25 à 29 ans vivant au domicile de leurs parents est passé de 20% à 30% en Belgique entre 2008 – année de la crise – et 2017.

Les patrons se plaignent des ‘‘salaires excessifs’’ des travailleurs âgés de plus de 50 ans et veulent s’en prendre aux systèmes d’augmentations de salaire basés sur l’ancienneté. Mais les salaires des plus de 50 ans ne sont pas ‘‘trop élevés’’ ! La crise et les maigres perspectives économiques ont décimé la vie des jeunes. La stratégie à peine offensive et certainement pas anticapitaliste des dirigeants syndicaux signifie régulièrement que nous faisons deux pas en arrière pour chaque pas en avant.

L’une des principales raisons du terrible licenciement collectif de 1900 employés de Proximus est que la direction entend se débarrasser des travailleurs plus âgés, ‘‘plus chers’’, pour les remplacer en partie par des jeunes moins bien payés et aux contrats précaires. Le capitalisme, c’est la destruction des conditions de travail pour augmenter les profits des actionnaires !

AIP et norme salariale : la modération salariale depuis les années 1980 ne fonctionne pas

Depuis le début des années ‘80, la part des salaires dans la richesse totale a diminué. La part des profits du capital a, elle, augmenté. C’était là l’objectif central de la redistribution néolibérale vers le capital et le 1% le plus riche. Après 2008, la répartition des fruits de la croissance économique – généralement faible – est devenue encore plus asymétrique.

Les patrons et les gouvernements néo-libéraux gèlent la norme salariale. En conséquence, les salaires belges ne peuvent pas augmenter plus vite que la moyenne des pays voisins. Pour l’AIP 2017-2018, les salaires ont été autorisés à augmenter ‘‘au maximum’’ de 1,1 %, alors qu’auparavant il s’agissait d’une norme indicative. Entre 2010 et 2016, nos salaires ont progressé extrêmement lentement, voire ont tout simplement été bloqués.

Le Conseil central de l’économie a fixé la norme salariale à 0,8% pour la période 2019-2020. Le patronat nous offre des miettes alors que leurs salaires et leurs fortunes explosent ! Il en résulte une stagnation économique et un faible niveau d’investissement.

Gilets jaunes et stratégie syndicale

Une manifestation pour mobiliser et accroître la sensibilisation est une chose positive. Mais les Gilets jaunes en France démontrent qu’une approche plus offensive peut pousser un gouvernement de casse sociale dans la défensive. Il ne s’agit pas tant des confrontations provoquées par la police française et sa violence brutale. Le pouvoir potentiel de notre classe réside dans notre nombre et notre capacité à mettre à l’arrêt la société, en particulier grâce à l’arme de la grève.

Nous devons aborder cette question de manière sérieuse. En 2014, la formule d’un plan d’action allant crescendo avec des concentrations militantes, une manifestation nationale, des grèves régionales et enfin une grève générale nationale s’est révélée très efficace. C’est le seul moment où le gouvernement s’est retrouvé à vaciller sous la force des syndicats. Pour faire pression dans ce sens, nous devrons organiser la gauche, s’assurer des discussions à la base et soumettre les décisions au vote démocratique à chaque étape.

Une partie de cette discussion porte sur les revendications concrètes du mouvement comme les 14 euros de l’heure et la pension minimum de 1.500 euros, la réduction collective du temps de travail avec maintien du salaire et embauche compensatoire, … Mais, étant donné la profondeur de la crise capitaliste, les nécessités d’un gouvernement pour et par les travailleurs et de la planification économique et démocratique des immenses ressources de la société dans le respect de l’homme et de l’environnement s’imposent également.