Bas les pattes de nos fins de carrière!

Ce mercredi, quelques milliers de militants syndicaux sont descendus en rue pour défendre les prépensions et la retraite légale. Sans cesse plus de retraités sombrent dans la pauvreté, les retraites belges étant très basses. Mais le patronat refuse de correctement appliquer la loi sur les adaptations au bien-être des allocations de pensions.

Article de la rédaction. Photo: Pavel

Les manifestants exigeaient notamment une pension minimum de 1.150 euros nets pour combattre la pauvreté et se sont prononcés contre la privatisation des systèmes de pension. Assurer une pension légale confortable est un élément crucial afin de lutter contre la pauvreté. L’augmentation des mécanismes privés de retraites, comme le souhaitent les patrons et les partis traditionnels, ne fera qu’agrandir le fossé entre pauvres et riches. Aucune sécurité d’avenir ne peut être garantie pour nos aînés en dehors de la retraite légale. Les retraités néerlandais qui voient leur retraite rabotée jusque 14% en moins peuvent sans aucun doute donner un avis intéressant quant à l’évolution actuelle des discussions sur les retraites… L’argent qu’ils avaient mis de côté pour leur pension a été joué en bourse et, maintenant que les fonds de pension ont de gigantesques problèmes, c’est encore à eux de payer.

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Jeunes en lutte pour l’emploi

==> Rubrique de la campagne pour des marches locales de jeunes pour l’emploi sur ce site

Cette manifestation pour la défense des fins de carrière s’est déroulée à l’occasion du sommet européen des ministres des Affaires sociales qui a notamment cette problématique à son ordre du jour. D’autre part, syndicats et patrons devaient s’accorder concernant l’augmentation des allocations sociales et le partage d’une enveloppe de 274 millions d’euros portant sur cette année en faveur des chômeurs, des pensionnés, des bénéficiaires d’indemnités d’accidents de travail et d’invalidité. Les allocations doivent être adaptées tous les deux ans à l’augmentation des prix et, si cette adaptation n’est pas effectuée, cela signifie très clairement l’appauvrissement des retraités.

Le patronat refuse toutefois de négocier à ce sujet et considère que ces adaptations doivent être liées aux négociations salariales de fin d’année. Il était encore question de la prolongation des mesures de prépension comme la prépension à mi-temps à 55 ans et à 56 ans moyennant 40 ans de carrière effective à plein temps. Ces mesures sont effectives jusqu’au 31 décembre 2010.

Les patrons veulent tout insérer dans le cadre des négociations salariales du secteur privé de fin d’année entre syndicats et patrons, mais il est clair que celles-ci s’annoncent déjà particulièrement difficiles et il n’est pas exclu que la patate chaude soit refilée au gouvernement (pour autant qu’un gouvernement existe alors) en plein désaccord entre syndicats et patrons pour que le gouvernement impose une décision et limite la perte de prestige des directions syndicales. Comme seule ‘concession’ aux travailleurs, il semble bien que le patronat veuille uniquement conserver les mesures déjà convenues.

Les fédérations syndicales affirment du reste que le patronat fait lui-même volontiers usage des prépensions lors des restructurations. Mais seuls 7% des travailleurs entre 50 et 65 ans sont en prépension selon le président de la FGTB Rudy De Leeuw. «Ce n’est pas en visant ces gens-là et en les stigmatisant que le problème du vieillissement de la population sera résolu.»

Dans le contexte actuel d’augmentation du chômage des jeunes, les attaques contre les prépensions et les retraites sont injustifiables. Comme l’ont dénoncé les Jeunes-FGTB à cette manifestation, depuis les attaques contre les fins de carrière du Pacte des Générations en 2005 jusqu’à aujourd’hui, le taux de chômage des jeunes est passé de 21,5% à 24,8% : «Qui peut encore dire qu’en augmentant le travail des aînés les jeunes auront plus d’emploi ?» Comme ils le dénoncent encore, les richesses produites en Belgique n’ont fait qu’augmenter depuis 30 ans. Dire que les pensions ne pourront plus être financées, c’est simplement admettre que ces richesses ont tout simplement été aspirées vers les poches des riches.

Nous voyons ici les conséquences d’un néolibéralisme aveugle où seuls comptent les profits et où les travailleurs sont littéralement pressés comme des citrons. Le problème du financement des retraites existe parce que la sécurité sociale a été pillée à coups de cadeaux au patronat (près de 9 milliards d’euros de réduction de cotisations patronales, en plus de 4 milliards d’euros de déduction des intérêts notionnels,…). De plus, si un nombre sans cesse plus grand de jeunes n’ont pas d’emploi ou un travail sous-payé, le problème du financement des fins de carrière est encore plus grand.

Cette action de protestation ce 15 septembre était un bon premier pas, mais il sera nécessaire de faire bien plus que de petites actions très douces pour répondre à l’offensive néolibérale du patronat et des politiciens traditionnels. La ‘discrétion’ pendant les négociations de formation du gouvernement ne servira à rien, construisons un rapport de force dans les entreprises et dans la rue pour éviter que ce soit à nous de payer pour la crise !

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