<![CDATA[decathlon01La direction de ce nouveau gigantesque Décathlon a entrepris une campagne antisyndicale offensive. Elle refuse en fait toute concertation sociale et tente de se passer des permanents et des experts syndicaux. Elle privilégie en parallèle des «négociations» directement avec les travailleurs, sans mandat syndical, sans protection syndicale, dans des discussions au sein desquelles la direction règle elle-même les problématiques concernant les conditions de travail (flexibilité, travail le dimanche, etc.). Et lorsque les syndicats tentent une conciliation en commission paritaire pour débloquer la situation, la direction ne se présente pas aux convocations.

Par Nico M. (Bruxelles)

decathlon04Il s’agit en fait d’une tentative offensive de casser l’organisation collective des travailleurs, de détruire au sein de l’entreprise le rôle des syndicats pour mieux casser les conditions de travail. La veille, le 21 mai, les syndicalistes se mobilisaient à Toyota contre le licenciement abusif de trois délégués syndicaux (voir notre article à ce sujet). Outre le fait que les deux actions des 21 et 22 mai se passaient à quelques centaines de mètres l’une de l’autre, elles illustrent une même tendance. Le patronat continue et accentue sa chasse aux syndicalistes. Avec un tel gouvernement qu, entre autres, a multiplié les déclarations antisyndicales, le patronat en Belgique a gagné en confiance pour miner davantage nos moyens de résistance.

Les centaines de délégués et de militants présents aux portes de Décathlon ce vendredi répondent à l’arrogance patronale. Lors du plan d’action de fin 2014, le succès des actions illustrait l’erreur du gouvernement : non les syndicats ne sont pas une chose du passé, voués à disparaître mais bien de puissants leviers pour organiser la résistance et la défense de nos conditions de vie et de travail.

decathlon05Le fait que nous ayons attendu longtemps une deuxième étape de notre plan d’action, sans jamais la concrétiser, a par contre renforcé la confiance des patrons, de la bourgeoisie et de leur gouvernement Michel pour continuer leur assaut. Relancer un deuxième plan d’action ambitieux sera crucial pour balayer les politiques d’austérité et les gouvernements qui les défendent. Mais aussi pour éviter l’isolement des conflits entreprises par entreprises, secteurs par secteurs.

Le succès de cette action doit être souligné. Il illustre que les syndicats ne sont pas seulement des organisations pour négocier, que l’on peut d’ailleurs inviter ou pas autour de la table, mais bien des outils de lutte pour s’organiser dans les rues, aux portes de nos entreprises et au sein de celles-ci. Il serait bien vu de ne plus céder de terrain, ni au gouvernement, ni aux directions. Ils durcissent le ton, c’est de plus en plus clair pour une grande partie des travailleurs. C’était en tout cas très clair pour les centaines de militants présents ce vendredi ou lors des actions et grèves contre le gouvernement.

Allons-nous encore durcir le nôtre ? Organiser une campagne offensive sur ce sujet et engranger des victoires est nécessaire pour arrêter de reculer et pour augmenter la confiance. Un appel à continuer la mobilisation sur ce dossier a été annoncé, pour cela, des dates et un plan clair sont nécessaires, rapidement.

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