Vers un drame social chez Agfa-Gevaert?

La direction d’Agfa-Gevaert est en train de jouer un vilain jeu. Afin de faire monter les cours de la Bourse, elle a annoncé fin juin une restructuration en s’assurant d’une large couverture médiatique. D’après ce scénario, 1000 emplois pourraient passer à la trappe. Le contenu concret de cette restructuration ne sera annoncé que fin août.

Les salariés de l’entreprise vont donc passer l’été dans l’incertitude. La direction laisse sans doute d’ores et déjà planer la menace sur un millier d’emplois en espérant désamorcer un mouvement de lutte lorsqu’elle n’annoncera officiellement que la perte de quelques centaines d’emplois

Mais c’est se bercer d’illusions. Lors de la lutte contre le Pacte des Générations, Agfa-Gevaert était complètement en grève tant le 7 que le 28 octobre. Il est déjà clair que toute annonce de licenciement se heurtera à une résistance.

Les seuls à avoir profité de la fuite organisée vers les médias, ce sont les actionnaires. La séance du conseil d’administration, où l’on a annoncé les 250 millions d’euros d’économies sans préciser le nombre d’emplois perdus, devait absolument se dérouler à 7 heures du matin, soit avant l’ouverture de la Bourse. Le cours d’Afga-Gevaert s’est envolé avec l’annonce de la probable disparition de 1000 emplois. Les salariés sont priés de faire la courte échelle aux profits…

L’automne pourrait être chaud chez Agfa-Gevaert. Les syndicats doivent réagir à l’annonce précoce de la direction en organisant la base pour une contre-offensive dès que les mesures concrètes seront annoncées, probablement le 24 août.

C’est ainsi qu’on peut augmenter la détermination à engager la lutte. Chez BASF, la direction a cédé aux revendications salariales des travailleurs quand ils ont menacé de faire grève. Il est probable que la lutte chez Agfa ne sera pas aussi facile, mais il faudra bel et bien lutter pour le maintien de chaque emploi.

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