Grippe A H1/N1: Bilan gouvernemental non autorisé…

L’avantage que les élections anticipées offrent aux partis traditionnels, c’est que ces élections n’offrent que peu de temps pour effectuer un réel bilan de l’action gouvernementale. Ainsi, la campagne électorale passera sous silence certaines mesures tel que : l’évaluation des éco-chèques, les mesures de crise, l’activation des chômeurs, les intérêts notionnels, le plan dit ‘Win-Win’, la prolongation des centrales,… dans la même catégorie on peut ajouter, la gestion de la grippe A H1/N1 par le gouvernement et représenté ici par la ‘socialiste’ Laurette Onkelinx.

Par Alain (Namur)

La grippe, une affection qui tue… et qui rapporte beaucoup

La grippe A H1/N1 a été désignée par l’organisation mondiale de la santé comme une pandémie. A ce titre, des mesures énergiques et couteuses ont été mises en place par les pouvoirs publics pour protéger la population.

Un des secteurs économique qui a le plus profité de cette agitation est très certainement l’industrie pharmaceutique. En 2009, 1 euro sur 11 dans le secteur a été généré par la grippe A ! C’est tout d’abord les vaccins, mais aussi pour les savons mis en vente afin de prémunir les gens de la contagion. Il faut ajouter à cela le coût non chiffré pour la collectivité. Dans différentes entreprises privées ou publiques, des plans de continuité ont été mis en place afin de se préparer aux absences supplémentaire.

Actuellement, de plus en plus de demandes d’enquêtes sont en cours pour voir si certains experts ‘‘qui font autorité’’ n’ont pas exagéré la menace du fait de leur lien avec l’industrie Pharmaceutique…

Onkelinx s’écrase devant le grand capital au détriment de la santé publique

La ministre de la santé, Laurette Onkelinx a eu à gérer la crise de la Grippe A. On aurait pu penser que ce qui aurait guidé l’action de la ‘socialiste’ aurait été la santé publique. Il n’en fut rien. En réalité, les leaders du PS sont tellement habitués à ramper devant les patrons que s’en est devenu un mode de fonctionnement ‘‘normal’’.

La ministre a signé un contrat pour 12.6 millions de doses de pandemrix pour un total de 110,2 million ramener à une septantaine de millions (Le Soir du 6 mai 2010) avec la firme GSK. Pour la firme, ce fut un contrat très juteux, sans aucune contrepartie puisque selon les termes même du contrat :

‘‘GSK n’octroie aucune garantie quelconque concernant la fourniture du vaccin pandémique, et toute obligation de garantie qui pourrait résulter de la loi ou de toute autre norme juridique, que ce soit en relation avec le maintient de la qualité après livraison, l’efficacité ou la sécurité du vaccin pandémique(…) est, de la manière la plus largement permise par la loi, exclue de la présente convention…’’ D’autres parties du contrat stipulaient qu’en cas de décès, l’Etat était responsable de l’indemnisation et de la prise en charge des frais judiciaire… La firme justifie ces clauses par le fait que le vaccin n’avait pas passé toutes les étapes de validation normale et dans l’urgence il ne pouvait pas garantir de la sécurité du vaccin !

Un gouffre financier pour l’état, le jackpot pour les actionnaires de GSK

Sur 12.6 millions de doses achetées, à peine 2 millions ont été prescrites. Selon le professeur Remiche (droit des affaires, KUL), le coût de production du vaccin est de 3 à 4 euros alors que l’Etat a acheté la dose à 9 euros (Le Soir du 7 mai 2010). Il n’y a eu aucun appel d’offre alors qu’en cas de menace pour la santé publique, le législateur peut faire tomber le brevet afin d’ouvrir le marché et faire ainsi diminuer les coûts. Ceci n’est même pas une mesure révolutionnaire puisque c’est un professeur de droit des affaires qui rappel que c’est mis tel quel dans la législation…

Les leçons de la grippe A H1/N1

Au regard de toute cette affaire, on peut en tirer quelques conclusions. Tout d’abord il est nécessaire que les personnes qui font autorité dans le secteur de la santé publique soient indépendantes de l’intérêt des lobbys. Pour cela il faut un secteur public fort de recherche scientifique et d’évaluation du risque, il faut des investissements massifs et publics dans la recherche.

Il faut nationaliser le secteur de l’industrie pharmaceutique et mettre celui-ci sous contrôle des travailleurs et de la population. Nombre de maladies orphelines ne trouvent pas de traitement faute de rentabilité ! Aussi, les mesures de sécurités attenantes à la production d’un vaccin sont bradées dans le but d’arriver premier sur le marché.

Dans l’économie actuelle, la production de vaccin équivaut pour l’actionnaire à la production de chips, c’est une valeur d’échange qui est produite à dessein de dégager un profit. Seule une économie planifiée peut dépasser cette contradiction inhérente au mode de production capitaliste.

Une économie démocratiquement planifié basé sur les besoins sociaux, dans le cas du secteur pharmaceutique : la santé des personnes au delà de la rentabilité, nous permettra de d’assurer au mieux la santé de tout un chacun. .

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