Agressivité asociale au nom de la lutte contre le chômage…

Placé comme premier ministre par Chirac deux jours après la victoire du NON à la constitution; Villepin va s’acquitter du sale boulot que Raffarin n’avait pu terminer. Le jour de sa nomination, Jacques Chirac, lors de son allocution, avait alors mis l’emploi comme « priorité de l’action gouvernementale ».

Vincent Devaux

Le nombre de chômeurs, en hausse depuis quatre ans, est passé de 8,6 % en juin 2001 à 10,1 % en juin 2005. Mais sous le capitalisme, les mesures destinées à baisser le taux de chômage ne visent en fait qu’à précariser et flexibiliser encore plus les conditions de travail. Les intérêts du patronat passent loin devant le bien-être des gens… Dominique de Villepin l’a bien compris, et s’est rapidement retroussé les manches. Voulant travailler « vite et fort », il a obtenu fin juin de l’Assemblée nationale le droit pour le gouvernement de prendre des ordonnances pour ses mesures sur l’emploi. La mesure la plus importante est l’instauration d’un Contrat « Nouvelles Embauches » -CNE- .

Il s’agit d’un contrat à durée indéterminée pour des entreprises de moins de 20 salariés qui donne la possibilité pour le patron de mettre fin au contrat à tout moment et sans donner de motifs, et ce durant les deux premières années. Mais le CNE ne constitue qu’un élément des mesures asociales qui s’annoncent, parmi les autres ordonnances ; la suppression de certains impôts pour les entreprises comptant entre 10 et 19 salariés, soi-disant pour aider à embaucher, mais aussi la non-comptabilisation des travailleurs de moins de 26 ans dans les effectifs de l’entreprise, ce qui permet de contourner certaines obligations du code du travail et de permettre des avantages financiers.

Le patronat doit se frotter les mains avec cette nouvelle flexibilisation! Ces mesures sont censées s’appliquer dès le 1er septembre. Et ce n’est pas Laurence Parisot, nouvelle présidente du Medef (l’organisation patronale française) qui va s’en plaindre. Réputée plus à droite qu’Ernest-Antoine Seillière (!), son prédécesseur ; elle sera la cavalière idéale du gouvernement sur une piste de danse qui vise à restaurer un maximum les taux de profits. N’a t’elle pas déclaré vouloir une « modernisation du code du travail »et vouloir « casser un tabou, celui de la représentation syndicale ». Elle joue à la sur-enchère en déclarant vouloir élargir ce Contrat Nouvelles Embauches aux entreprises de plus de 20 salariés.

D’autre part Villepin envisage de supprimer l’impôt sur la fortune (ISF), de réduire l’imposition sur les plus-values mobilières et d’introduire les fonds de pensions. Toutes ces mesures n’ont pourtant jamais profité aux travailleurs, ni même servi à résoudre le problème du chômage ; elles ont pour conséquence de faire payer la crise par les travailleurs et de remplir les poches du patronat. Le problème de la surproduction ne peut être résolu de cette manière ; ni même par la répression des chômeurs, annoncée par Villepin pour le mois d’août ; au travers d’un contrôle accru et de la possibilité pour l’Assedic (organe de paiement des allocations) de sanctionner directement le demandeur d’emploi.

Les attaques pleuvent de partout ; la CGT avait organisé des manifestations le 21 juin, rassemblant seulement quelques milliers de personnes, il en faudra beaucoup plus pour faire reculer le gouvernement et le patronat ; un plan d’action en front commun syndical est nécessaire pour la rentrée. Au final, la seule manière qui permette de résoudre le problème chronique du chômage est le partage du temps de travail : 32 heures semaines, sans perte de salaire, avec embaûche compensatoire.

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