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France. Le 17 novembre et après, la révolte en marche !

C’est la révolte contre le président des riches. Depuis que Macron est au pouvoir ça a été : la baisse des allocations pour les plus précaires (APL, AAH…), l’augmentation incessante des prix (péages, électricité, gaz, timbres, transports, alimentation), la baisse des revenus (hausse de la CSG pour les retraités, salaires gelés chez les fonctionnaires, précarité généralisée pour les travailleurs)… alors que pour les riches, l’impôt sur la fortune a été supprimé et les cadeaux n’ont cessé de pleuvoir. À tel point que le nombre de millionnaires en France a augmenté de 259 000 en 2017, alors qu’il y a 9 millions de pauvres !

Article de la Gauche Révolutionnaire (section française du Comité pour une Internationale Ouvrière) 

La goutte de gazole a finalement fait déborder un vase bien trop plein. Plus de 15% d’augmentation depuis janvier, en grande partie dus à la hausse des prix exercée par les compagnies pétrolières. Mais le gouvernement Macron a aussi annoncé vouloir augmenter les taxes sur ce carburant des plus modestes : celles et ceux qui ont déjà dû habiter loin des centre-villes parce que les loyers y sont trop chers, et qui n’ont que leur voiture pour aller se faire exploiter pour un salaire insuffisant.

Mais ce n’est pas le seul sujet, loin de là. C’est un mouvement contre cette société qui ne fonctionne que pour les riches, les privilégiés, où tous les services publics sont détruits un à un : fermetures de gares, de lignes de train, de maternités, d’écoles, de bureaux de Poste. Et les taxes qui sont là pour nous faire payer toujours plus quand les multinationales ne paient pas d’impôts et pratiquent l’évasion fiscale.

Empêchons les capitalistes de nous piller !

L’augmentation du prix des carburants est due en partie aux taxes, mais surtout aux marges énormes que se font les distributeurs et les grandes multinationales de l’essence. Total et Shell ont fait respectivement 5 milliards et 4 milliards d’euros de profits en 2017 ! Total a même été exonéré d’impôts durant de nombreuses années et a reçu plus de 60 millions chaque années d’aides diverses (CICE etc.). A la pompe, on paye pour les profits de Total et avec les taxes, on paye pour les aides publiques aux multinationales.

L’énergie, que ce soit pour aller travailler, se chauffer… est indispensable à nos vies. La privatisation d’EDF et la libéralisation du « marché de l’énergie » a vu les factures s’envoler, que ce soit pour le gaz ou l’électricité. En fait, les capitalistes font leurs profits avec nos besoins essentiels et avec l’aide des politiques gouvernementales depuis 20 ans. 70 % des travailleurs en France doivent prendre leur voiture (et payer un max) pour aller au boulot.

Le faux prétexte écologique

Macron prétend qu’augmenter les taxes sur l’essence est à des fins écologiques. Tout faux ! Seuls 20% de la taxe sur les produits pétroliers va à la transition énergétique. La privatisation de la SNCF, la menace de destruction de 9000 km lignes de trains, les prix de plus en plus élevés du train, transport le moins polluant, montrent au contraire que l’écologie c’est un prétexte. Sans parler du kérosène, le carburant des avions (très polluants), qui n’est pas taxé, ou de la mise en place des « bus Macron », très polluant eux aussi. Toute la politique des gouvernements ces dernières années a été de favoriser les modes les plus polluants mais qui sont les plus rentables pour les capitalistes. Normal, la facture environnementale c’est la population qui la paye. Les capitalistes ne sortiront pas de « l’économie du pétrole », c’est bien trop rentable pour eux, vu que c’est la population qui est taxée et non les multinationales. Aucune transition énergétique n’est faisable dans le cadre du capitalisme.

Ce sont les multinationales qui polluent le plus : 71 % de toutes les émissions de CO2 depuis 1988 ont été produites par seulement 100 multinationales. Mais aucune mesure n’est prises contre elles, au contraire, Total s’est vu accorder l’exploitation de nouveaux gisements en Guyane.

Naturellement, la destruction de l’environnement est un problème majeur. Mais Macron et les pseudo-écologistes qui soutiennent sa politique au service des riches, en font un motif électoral, pas une vraie politique. Même Nicolas Hulot avait rappelé en démissionnant qu’on « ne peut pas faire de politique écologique avec ce gouvernement ».

Gilets jaunes : fâchés pas fachos !

Car ce mouvement ne peut être clair dès le départ. Il se produit alors que les directions des syndicats refusent d’organiser une lutte massive et prolongée face aux attaques du gouvernement. Il se produit alors que la majorité du PS et de ses amis sont passés du coté des capitalistes. Macron était le ministre de l’économie de Hollande avant d’être président. C’est un début de révolte, et il faut proposer un programme de lutte pour l’étendre dans les entreprises et la jeunesse comme les appels à la grève par les sections CGT à Peugeot ou Renault pour le 17 novembre le font.

Pensant voir une colère contre les « méchants impôts » qui nous volent tout, la droite et l’extrême droite (LR, DLF et le Rassemblement National de Le Pen) tentent de récupérer le mouvement. Dans certains endroits, il y arrivent un peu, même si en majorité, les animateurs des « gilets jaunes » ont annoncé par réflexe contre Le Pen et ses amis, faire un mouvement « apolitique », sous entendu sans les partis traditionnels. La droite essaye d’empêcher trop de revendications sociales (sur les salaires, l’évasion fiscale, l’ISF etc.) mais ils se heurtent aux aspirations profondes de la majorité des « gilets jaunes » qui sont en général des travailleurs ordinaires, des retraités ou des artisans. Car partout, ce sont des slogans contre les privilèges des riches, contre la suppression de l’impôt sur la fortune. Autant de slogans qui ne plaisent pas à la droite et à l’extrême droite : c’est comme cela qu’on empêchera ces ennemis des travailleurs et de la majorité de la population de surfer sur les aspirations anti-Macron.

Le 17 novembre et après faisons entendre notre colère ! Macron dégage !

La mobilisation lancée par de simples travailleurs est positive et témoigne de la colère dans le pays contre la politique du président des riches. Si on veut vraiment stopper Macron, alors il faudra un mouvement de masse avec des manifestations et des grèves dans tout les secteurs, toutes et tous ensemble : jeunes, travailleurs… avec les syndicats et toutes les organisations qui défendent vraiment les travailleurs. Des Assemblées générales ouvertes à toutes et tous ont eu lieu dans certains endroits pour discuter de la mobilisation, c’est aussi cela qu’il faut continuer le 17 et après.

Revendiquons :

  • la baisse immédiate et le blocage des prix de l’essence et de l’énergie
  • la réquisition des bénéfices des multinationales pour financer les besoins : transports publics gratuits et non polluants, services publics, logement
  • l’augmentation des salaires et des retraites et leur indexation sur les prix, y compris du carburant
  • La remise en place de l’impôt sur la fortune, la lutte contre l’évasion fiscale par les ultra-riches et les multinationales, la fin des taxes indirectes (TVA, etc.) remplacées par une imposition forte des riches et des grandes entreprises
  • la défense des services publics et la réouvertures des services publics de proximité (crèches, écoles, maternités, bureau de poste…)
  • un grand service public de environnementale financé en taxant les multinationale, pour créer des centaines de milliers d’emploi nécessaires à la transition énergétique et écologique (agriculture écologique, alimentation en circuit court, énergies renouvelables etc.)

La révolte et ses revendications doivent s’élargir pour attirer dans la mobilisation le maximum de personnes, car c’est toute la politique de Macron que nous contestons. Il y en a assez de cette société où les capitalistes exercent leur dictature de l’exploitation et du profit et où c’est « en marche ou crève », et où ceux qui ne sont pas d’accord se font réprimer.

La Gauche révolutionnaire lutte pour une société réellement démocratique, solidaire et fraternelle, une société où les principaux secteurs de l’économie seront en propriété publique/nationalisés, permettant une planification démocratique et écologique, tenant compte des ressources naturelles et permettant de satisfaire les besoins. Contre le capitalisme et tout ce qu’il entraîne, racisme, sexisme, guerres et misère, pour le socialisme ! Venez discuter et agir avec nous, rejoignez-nous dans ce combat !

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