Le CAP participera aux élections fédérales

Après le succès du 28/10

Les élections aux Pays-Bas ont démontré, s’il en était encore besoin, qu’il y a un espace pour un parti à la gauche de la social-démocratie et des Verts (voir page 3). Nombre de ceux qui voulaient donner de la voix contre la politique néolibérale ont donné leur voix au Socialistische Partij qui traduisait le mieux politiquement leur résistance contre cette politique. Le Comité pour une Autre Politique (CAP) a pour but de créer un parti qui jouerait un rôle analogue en Belgique.

Bart Vandersteene

Comment avancer ?

La Conférence pour une Autre Politique du 28 octobre était un test important. La question centrale était celle de savoir si l’appel à une nouvelle initiative politique lancé par Jef Sleeckx, Lode Van Outrive et Georges Debunne trouverait un écho suffisant. L’affluence de 650 personnes (voir ‘Alternative Socialiste’ de novembre) et les nombreuses réactions positives reçues depuis lors démontrent que les temps sont mûrs pour un nouveau parti des travailleurs.

Lors de la réunion d’évaluation du 6 novembre, les participants ont émis un bilan critique positif et ont décidé de poursuivre le travail sous la forme concrète d’une campagne électorale nationale.

Certains ont émis des doutes sur la faisabilité d’une vraie participation électorale, mais tout le monde est d’accord sur le fait que les élections de l’année prochaine sont, sur le plan politique, un rendez-vous à ne pas manquer. Cette campagne doit mettre l’idée d’un nouveau parti à l’ordre du jour.

Le CAP n’a pour l’instant qu’une structure limitée, peu de moyens et un programme inachevé. Il ne faut donc pas s’attendre à des scores électoraux spectaculaires qui franchiraient le seuil électoral des 5%. Mais la campagne électorale est le moyen par excellence de construire le CAP au niveau national, de mettre sur pied des groupes locaux, d’interpeller un large public et d’élargir fortement la base de l’initiative.

Nombre de gens verront dans les élections de 2007 l’occasion de régler les comptes avec la coalition violette. Mais qu’y a-t-il comme alternative à ce gouvernement ? Pour qui doivent voter les gens qui réalisent que la rhétorique du PS et du SP.a ne sert qu’à masquer un cours résolument néo-libéral ? Pour qui doivent voter les travailleurs de VW, d’Agfa Gevaert et des nombreuses autres entreprises en « restructuration » afin d’exprimer leur mécontentement face à la politique menée actuellement ?

Ces questions doivent figurer à l’agenda lors des prochaines élections. Le CAP est l’expression du potentiel politique que la lutte contre le Pacte des Générations a libéré. La non participation aux élections serait une importante occasion manquée.

Oeuvrer pas à pas à la construction d’une nouvelle formation politique

Un nouveau parti ne peut pas tomber du ciel. Il se développe dans les luttes sociales et pas dans les salles de réunion sombres et enfumées où se complaît une partie de la gauche.

Depuis le 28 octobre, le CAP a tenté à plusieurs reprises de se concerter avec Une Autre Gauche (UAG), l’initiative francophone avec laquelle il a coorganisé la journée du 28/10, pour déterminer les prochaines étapes.

Le secrétariat d’UAG a fait lanterner le CAP pendant un mois sous prétexte que seule l’assemblée générale d’UAG le 25 novembre pourrait prendre des décisions et qu’il ne pouvait conclure le moindre accord avant ça. Cette assemblée d’UAG a révélé les profondes divergences d’opinion entre le CAP et UAG et montré que les deux initiatives prenaient des chemins de plus en plus séparés : là où le CAP veut poursuivre un processus de construction graduelle par en bas et à travers les interventions dans la lutte, UAG préfère parachever ses structures, son programme, sa charte, … avant d’aller vers l’extérieur.

Le CAP préfère oeuvrer systématiquement à la construction d’une nouvelle organisation sur base de campagnes concrètes plutôt que de mettre la charrue avant les boeufs en appelant à rejoindre une nouvelle organisation politique qui n’existe pas encore dans les faits.

Les militants du MAS/LSP sont d’accord avec cette méthode et s’engagent pleinement à faire du CAP un instrument pour la classe des travailleurs.

Prochaine étape : le 3 février

Le 6 novembre, une équipe de campagne nationale a reçu mandat d’organiser une nouvelle réunion nationale le 3 février. Les participants y approuveront le programme électoral, choisiront le nom de la liste et donneront le coup d’envoi de la campagne électorale. D’ici là, des assemblées générales provinciales devront discuter s’il y a une assise suffisante pour présenter des listes aux élections législatives dans leur région.

2007 s’annonce comme une année chargée sur les plans politique et social. Une longue crise du néolibéralisme et de ses institutions et partis s’ouvre devant nous. Le CAP a le potentiel de lancer un nouveau parti pour les travailleurs et leurs familles. Le MAS/LSP fera de son implication dans le CAP une priorité – sans négliger pour autant la construction de sa propre organisation – afin de saisir cette occasion historique.

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