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La journée de grève générale du 21 mai a constitué un important pas en avant pour les travailleurs au Sri Lanka. Cette grève particulièrement significative – dénommée au Sri Lanka  »grève d’avertissement » – a été appelée par le comité de coordination de l’alliance des syndicats comme un coup de semonce contre l’énorme hausse des tarifs de l’électricité pratiquée par le gouvernement du président Mahinda Rajapakse.

Srinath Perera, United Socialist Party (USP – CIO Sri-Lanka)

Malgré que la grève n’ait pas été une victoire totale, elle a cependant envoyé un message fort au régime autocratique de ce pays. Dans les faits, l’action de ce 21 mai fut la première grève générale nationale depuis la défaite de la grève générale historique de juillet 1980. À cet égard, elle représente le début d’une nouvelle ère pour la classe ouvrière srilankaise.

La grève a connu un réel succès dans la zone de  »libre-échange » de Kztunayake et dans la zone industrielle de Rathmlana, près de Colombo, où les syndicats de gauche ont une base solide. La grève a également été forte dans certaines régions rurales et dans les zones de plantations de thé du Hill Country. À Katunayake et à Biyagama, beaucoup de travailleurs sont sortis de leurs usines pour rejoindre la grève. Cependant, ils ont été chassés par la police alors qu’ils tentaient de manifester devant leurs lieux de travail. Plus tard, l’armée a été déployée pour réprimer ces travailleurs, qui occupaient leurs usines.

De plus, à Rathmalana, un grand nombre de travailleurs ont fait grève et ont organisé une manifestation le long de la route principale. Plus de 500 personnes ont rejoint l’action pendant environ trois heures. Un meeting s’est alors tenu par la suite avec les discours d’un représentant de l’USP (United Socialist Party, section du Comité pour une Internationale Ouvrière au Sri Lanka et parti-frère du PSL) et des dirigeants du NSSP. Des actions similaires ont eu lieu dans de nombreuses autres régions. Des piquets de grèves ont été les actions les plus couramment adoptées dans de nombreux lieux de travail.

Beaucoup de petits commerçants de Colombo et d’ailleurs ont fermé leurs magasins en solidarité avec la grève. À Anuradhapura, Watawala, Chilaw et Jaffna, les associations de commerçants ont soutenu la grève et ont stoppé leurs activités pendant plusieurs heures. Dans le district d’Anuradhapura, plus de 75% des enseignants – un nombre considérable – ne se sont pas présentés au travail et les activités scolaires ont été fortement touchées. Les professeurs d’universités se sont prononcés en faveur de la grève – un développement significatif. Les employés de plusieurs plantations de thé sont également entrés en grève.

Le secteur public

La principale faiblesse de cette grève a été la participation minimale des employés du secteur public. Sans leur participation, une grève générale ne peut être un succès total. Cela parce que les employés du secteur public (comptant plus de 1,2 million de personnes) administrent presque toutes les fonctions primordiales à la vie quotidienne de la population.

Bien que l’Alliance syndicale ait travaillé sans relâche pour faire de cette grève un succès, son incapacité à atteindre des couches importantes de la classe ouvrières, principalement dans le secteur public mais aussi dans certains établissements du secteur privé, fut visible. Les trahisons des dirigeants soi-disant radicaux des syndicats traditionnels du LSSP et du CP – qui vacillaient au départ avant de tenter de saboter la grève – ont eu une impact sur la majorité des travailleurs qui étaient déjà désorientés par la gigantesque propagande anti-grève du gouvernement et par les diverses menaces et intimidations des patrons.

La nécessité de construire une coordination nationale des différents comités d’usine de travailleurs est la leçon la plus importante de cette grève qui fut le résultat de plusieurs années de campagne.

Les différents dirigeants syndicaux, liés à différents partis politiques, sont maintenant poussés à se réunir et à prendre des décisions communes pour porter en avant les revendications des travailleurs. Cette unité doit être consolidée par la formation, au niveau national, d’une convention démocratique des travailleurs pour la discussions des plans futurs, des problèmes que rencontre la classe ouvrière et pour prendre des décisions communes sur l’action future.]]>