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Libération d’Hervé, étudiant camerounais sans-papiers placé en centre fermé

Le 9 avril un étudiant camerounais a été placé en centre fermé afin d’être expulsé parce qu’il n’était pas en ordre de papiers. Celui-ci étudie en 2ème master de gestion de l’environnement et il ne lui restait qu’un mémoire et deux examens à passer. Ce jeune homme s’appelle Gabriel Hervé Domgue, un travail l’attend au Cameroun mais pour pouvoir l’avoir, il a besoin de finir son cursus et d’obtenir son diplôme… La situation est tellement injuste que le recteur de l’ULB, Yvon Englert, a montré son soutien à cet étudiant lors d’une interview. L’ULB a également envoyé un courrier à l’office des étrangers afin d’essayer de débloquer la situation.

Par Emmanuelle (EGA-ULB)

Ce 9 avril ce n’est pas seulement un étudiant qui a été arrêté, mais c’est la liberté de pouvoir étudier où on le souhaite qui a été arrêtée avec lui.

Alors, posons-nous les bonnes questions… ces politiques migratoires ont-elles vraiment un sens ? Quels sont leurs arguments pour le maintenir en centre fermé ? L’étude de la Cire (coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers) sur la politique migratoire nous dit ceci sur la migration étudiante : « … Obtenir un visa étudiant pour les personnes venant des pays tiers n’est pas chose facile. De nombreuses conditions sont fixées et laissent place à un large pouvoir d’appréciation de l’OE (l’évaluation du projet d’études, les ressources suffisantes…). Obtenir le séjour étudiant présente également un coût important puisque l’étudiant doit pouvoir prouver qu’il dispose de ressources suffisantes pour se prendre en charge durant toute la durée de son séjour, c’est-à-dire pour couvrir ses frais de séjour, d’études, de soins de santé et de rapatriement. Le montant minimum requis est fixé actuellement à 631 euros net par mois, donc un total de 7.572 euros par an. (…) Enfin, la note indique qu’un arrêté royal sera pris afin de prévoir la possibilité de délivrer un ordre de quitter le territoire à un étudiant si les progrès réalisés dans ses études sont insatisfaisants. »

Ces quelques lignes illustrent les véritables problèmes qu’il faudrait régler, à la place de s’attaquer isolément aux couches précarisées. Il faut régler le problème de l’accessibilité des études. Les coûts directs et indirects sur les épaules des étudiants peuvent atteindre 10 000€ par an. Ces montants rendent l’accès aux études non démocratique. Cette situation est utilisée pour discriminer davantage les étudiants étrangers jusqu’à des décisions inhumaines : l’enfermement en centre fermé et l’expulsion. Hervé a été arrêté pendant qu’il travaillait au noir, obligé de trouver les moyens pour vivre et finir ses études. Ce n’est pas la faute des travailleurs jeunes ou moins jeunes si ils sont obligés de travailler dans ces conditions. Les employeurs utilisent cette précarisation pour imposer une plus grande exploitation sur les lieux de travail et les lois migratoires dures assurent que les sans-papiers restent dans la clandestinité.

Cette situation ne doit plus durer. Les Etudiants de Gauche Actifs (EGA) condamnent clairement ce genre d’abus ! Il faut défendre la régularisation de tous les sans-papiers, afin de stopper le duping social qui minent les conditions de travail de tous. Nous défendons un enseignement gratuit et de qualité sur base d’un plan radical d’investissement public afin de garantir les conditions d’études des étudiants. La lutte pour la défense des services publics, des conditions de travail décentes et la solidarité contre les mesures racistes de politique migratoire sont liés. Hervé a pu être libéré pour finir ses études sur base notamment des tractations et de la solidarité qui ont pris place face à un tel scandale, un nouveau de plus, qui a mis pression sur les politiciens afin de réagir. Mais les conditions pour de telles situations restent inchangées. Soyons vigilant et continuant à défendre une politique radicalement opposées au néolibéralisme et aux politiques migratoires racistes.

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