Vottem, 18 ans déjà, je ne l’accepte toujours pas!

Ce dimanche 26 mars s’est tenue la dix-huitième manifestation annuelle contre le centre fermé de Vottem, à Liège. Environ 600 personnes se sont réunies à l’appel du CRACPE afin de marcher contre ce camp de la honte et de revendiquer la fermeture de tous les centres fermés et la régularisation des travailleurs sans papiers.

Par Clément (Liège)

De nombreux groupes avaient mobilisés pour l’occasion parmi lesquels la LCR, La JOC, Ecolo, le PTB et Comac, Étudiants de Gauche actifs (EGA) et le PSL, la FGTB, la Voix des sans papiers de Liège et la Coordination des sans-papiers. Après s’être rassemblée dans le parc de la citadelle pour différente prises de parole, la manifestation a pris le chemin du centre fermé.

Aux deux tiers de la manifestation, suite à l’ouverture d’une torche fumigène, la police s’en est pris à un groupe de manifestants et en a arrêté plusieurs. Participer à une manifestation masqué, en noir et équipé de fumigènes n’est pas des plus pertinents, particulièrement dans un cadre qui se veut large et familial et où sont présentes des personnes sans papier. Cela contribue entre autre à créer la méfiance parmi les manifestants. Néanmoins, rien dans l’attitude de ce groupe ne justifiait la réaction de la police, qui a saisi un prétexte insignifiant pour le réprimer gratuitement.

Poursuivre la lutte

Pour des militants d’EGA et des JOC, cette manifestation fut l’occasion de mobiliser pour une rencontre sur la question de Liège « ville refuge ». Derrière ce mot d’ordre, on trouve des revendications telles que l’arrêt des contrôles aux faciès, d’accès aux soins de santé, à l’aide sociale et au logement pour les personnes sans papiers. Si ces dernières rencontrent des difficultés particulières à accéder aux services de base pour mener une vie décente et pouvoir se construire un avenir, ce n’est pas nécessairement une évidence pour tous.

Après trente ans de politiques néolibérales et d’austérité, les pénuries s’approfondissent à tous niveaux. Les politiciens de droite et populistes de tout poil n’ont aucun remord à utiliser cette situation pour véhiculer des discours racistes, rendre les personnes migrantes responsables de ces pénuries et ainsi diviser la classe des travailleurs. Cela leur permet également d’essayer de cacher la véritable raison de ces pénuries, à savoir leurs propres politiques. C’est pourquoi nous pensons au PSL qu’il est important de lier la question de l’accès aux services de base pour les personnes sans papiers à des investissements publics massifs dans les logements, l’aide sociale, les soins de santé, l’enseignement, les transports, …

Les personnes souhaitant se mobiliser pour les droits des sans-papiers ne manquent pas à Liège, la participation à cette manifestation en a encore témoigné, de même que la campagne « vers la justice migratoire » récemment initiée par le CNCD.

Le 20 avril aura lieu une rencontre en présence d’intervenants du comité des travailleurs sans papiers du MOC, de l’asbl « point d’appui » et du CNCD afin de discuter de quelle stratégie concrète et offensive mettre en place pour contraindre les autorités communales à répondre positivement à la question de « Liège, ville refuge ». Toute personne ou organisation désireuse de s’impliquer activement dans une telle campagne est évidemment chaudement invitée.

Cette rencontre aura lieu le jeudi 20 avril à 19h à la « Cafet’ collective Kali » (rue St Thomas n°32, 4000 Liège). / Evénement Facebook

Photos : Cathy et Mathilde

Manifestation contre le centre fermé de Vottem - 2017

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