Qu’est-ce que le socialisme ?

Il n’est pas possible d’élaborer une image détaillée de ce que sera la future société socialiste, car le socialisme n’est pas un “idéal” de société paradisiaque, mais l’aboutissement naturel des contradictions à l’œuvre dans le cadre du mode de production capitaliste.

Par Cédric, MAS-Bruxelles

Sous le capitalisme, la recherche de profit est la seule chose qui gouverne l’activité économique et oriente le travail humain. Il en résulte un chaos généralisé, des crises régulières, des gaspillages monstrueux et des inégalités aberrantes. Le socialisme présuppose au contraire la mise en commun des ressources et des richesses ainsi que la planification de l’économie, afin de faire correspondre la production aux besoins réels de la société.

Aujourd’hui, des franges entières de la population n’ont pas de travail et se sentent inutiles, pendant que l’on presse les autres comme des citrons en exigeant qu’ils travaillent toujours davantage. Parallèlement, une clique de parasites baigne dans l’opulence sans travailler, uniquement grâce à l’exploitation du travail d’autrui. Les travailleurs ne peuvent trouver aucune satisfaction dans leur travail : au contraire, comme l’expliquait Marx, la vie d’un travailleur commence là ou son travail s’arrête.

Dans une société socialiste, une division équitable du temps de travail entre tous les membres de la société, combinée à une utilisation rationnelle des merveilles de la science et de la technique, permettraient d’améliorer qualitativement la vie de chacun, tout en libérant du temps pour que tous les êtres humains puissent profiter pleinement des plaisirs de la vie. Le travail ne serait plus perçu comme un fardeau abrutissant, mais comme une tâche naturelle et nécessaire au bien de tous. La prétendue « négation de l’individu » qu’engendrerait le socialisme est une caractéristique propre au capitalisme lui-même : sous ce dernier, la liberté individuelle n’existe que pour les riches, tandis qu’elle reste une illusion pour la grande majorité dont la seule liberté est d’entretenir celle des autres. A l’inverse, une société socialiste poserait les bases matérielles afin que les talents et les aptitudes de chacun puissent s’épanouir sans entrave, afin que l’art, la culture, la science, ne soient plus le privilège de quelques-uns, mais puissent au contraire, comme le disait Trotsky “élever l’homme moyen à la taille d’un Aristote, d’un Goethe, d’un Marx.”

Grâce aux techniques informatiques et à la technologie moderne, la planification de l’économie pourrait se faire beaucoup plus aisément que par le passé. Une telle planification se ferait au travers de la participation et de la gestion démocratique par l’ensemble des travailleurs, via des comités élus à chaque niveau, coordonnés sur une base locale, nationale et internationale. Des mesures telles que le partage du temps de travail et la prise en charge des tâches domestiques par la collectivité fourniraient à tout le monde la possibilité de s’engager activement dans la gestion quotidienne de la société.

La participation démocratique pourrait ainsi être stimulée à un degré jamais vu. Aujourd’hui, la majorité de la population n’a pas voix au chapitre: les politiciens bourgeois mènent un train de vie totalement coupé de celui des gens ordinaires, et appliquent des décisions sur lesquels la population n’a aucun contrôle. Dans une société socialiste, les représentants politiques seraient éligibles et révocables à tous les niveaux, et seraient rémunérés d’un salaire ne dépassant pas celui d’un travailleur qualifié.

Bien sur, on entend déjà les sceptiques de toute espèce crier en chœur: « ça ne marchera jamais !» L’histoire nous montre pourtant que les embryons d’une telle société apparaissent dans chaque lutte massive entamée par les travailleurs. La prétendue impossibilité d’une société socialiste ne sera surmontée que par le rapport de force politique que le mouvement ouvrier se construira dans la lutte contre ce système barbare.


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