Contre les attaques sur l’emploi et les conditions de travail : RÉSISTANCE !

Le carnage social chez Delhaize a d’abord été annoncé dans les pages du journal économique De Tijd et confirmé ce mercredi 11 juin lors d’un conseil extraordinaire de l’entreprise. Le plan de la direction vise à aller un sérieux cran plus loin que l’opération menée chez Carrefour en 2010. Un vaste plan de restructuration avait été lancé pour fermer 21 magasins, supprimer 1.672 emplois et ensuite ré-ouvrir les sites sous une autre commission paritaire, avec de moins bonnes conditions de travail et de salaire pour le personnel réembauché.

Delhaize vient donc d’annoncer la fermeture de 14 magasins (Aarschot, Berlaar, Termonde, Diest, Dinant, Eupen, Genk, Herstal, Ring de Courtrai, La Louvière, Lommel, Schaerbeek, Tubize, Turnhout) de même qu’un licenciement massif allant bien au-delà des sites menacés. 2.500 emplois sont ainsi en danger, à moins que des indépendants ne désirent reprendre en franchise les sites destinés à être fermés. Mais le personnel engagé de cette manière le serait à de moins bonnes conditions de travail et de salaire.

Delhaize veut parfaire l’attaque avec une offensive sur les salaires, sans jusqu’ici avoir avancé de chiffres concrets. Tout le monde ne sera pas logé à la même enseigne : nous savons bien que de telles mesures s’accompagnent généralement de l’augmentation des primes des top-managers et des dividendes aux actionnaires. En 2013 les dividendes des actions de Delhaize avaient ainsi été accrus de 11 %. Nous connaissons déjà le gel salarial, nous avons déjà expérimenté diverses manières de réduire notre salaire réel, Delhaize veut maintenant directement sabrer dans le tas. Le serpent se mord la queue : réduire les salaires, cela va affecter le secteur de la distribution, y compris Delhaize. Mais aucune considération n’est accordée à ce point. L’entreprise a du reste encore de beaux jours devant elles : comme le dénonce le PTB Delhaize Belgique a engrangé 190 millions d’euros de bénéfices en 2013 tout en connaissant un taux d’imposition réel de… 0,15%. Belle illustration de l’absurdité totale du système capitaliste de concurrence et de course au profit. Enfin, la direction veut se débarrasser de deux pauses rémunérées par jour.

Ce bain de sang social ne tombe pas du ciel, il a été planifié. L’ancien CEO, Pierre-Olivier Beckers, a quitté son poste (avec un parachute doré de… 7,6 millions d’euros !) pour faire place à un nouveau responsable qui, selon le journal De Tijd, n’est pas ‘‘aussi émotionnel’’ que son prédécesseur. D’autres cadres supérieurs ont également récemment cédé leur place à des partisans de la ligne dure. Il a été dit que la procédure de la loi-Renault – avec procédure d’information et de consultation – serait respectée. Mais le lancement de cette séance d’information a visiblement eu lieu avec la rédaction de De Tijd. Quant au personnel, c’est par les médias qu’il a appris que l’emploi était menacé…

Le Conseil d’Administration de Delhaize s’en prend directement à ses 16.227 travailleurs en Belgique. Mais au-delà de ça, il s’agit d’une nouvelle étape dans la spirale générale à la baisse des conditions de travail et de salaire dans le secteur de la distribution. D’autres entreprises du secteur n’hésiteront pas à poursuivre sur la même voie au nom de leur position concurrentielle, et l’exemple servira aussi dans d’autres secteurs.

Contre cette attaque sur l’emploi et les conditions de travail et de salaire du personnel, il faut résister, et unir l’ensemble du personnel de la distribution. Se battre magasin par magasin sera insuffisant : nous avons besoin d’un plan d’action audacieux pour stopper les provocations de la direction. Si cette attaque brutale n’a pas face à elle une réponse adéquate, les choses ne feront que continuer de s’aggraver, bien au-delà de Delhaize.

  • Bloquons les projets de la direction : pour le maintien de chaque emploi et des salaires !
  • Pour de meilleures conventions collectives de travail et l’implantation de délégations syndicales dans les magasins franchisés ! Harmonisation à la hausse des conditions de travail et de salaire !
  • Pour un plan d’action avec une manifestation nationale massive qui mobilise personnel et clients (via une campagne de pétition par exemple), en tant qu’étape vers une grève de 24 heures de la totalité du secteur de la distribution.