Un weekend de discussion réussi pour un antifascisme en béton armé

Ce n’était pas rien comme weekend ! Nous étions plongé au beau milieu du second tour des élections législatives françaises convoquées par la dissolution de l’Assemblé nationale à la suite du résultat de l’extrême droite aux élections européennes. Ce moment d’échanges et d’analyse s’imposait pour revenir sur les raisons de la montée de l’extrême droite et des forces réactionnaires en France et partout ailleurs.

La semaine précédant notre événement, des militants du groupe d’extrême droite flamand Voorpost ont envahi un centre d’accueil pour demandeurs d’asile à Zutendaal (Limbourg) et sont montés sur le toit pour y installer des banderoles racistes. La résistance antifasciste doit passer à la vitesse supérieure !

Des forces d’extrême droite sont aujourd’hui directement associées au pouvoir dans plusieurs pays. Après l’Italie, c’est la France qui menaçait de connaître un gouvernement dirigé par l’extrême droite. Aujourd’hui, le péril du Rassemblement national n’a pas disparu, mais c’est tout de même le Nouveau Front Populaire qui est arrivé en tête du second tour. Les pièges sont encore nombreux et la stratégie à adopter pour ne pas trahir l’espoir d’un changement de politique est source de vifs débats.

Car s’associer à la droite n’est pas non plus une solution, elle déroule le tapis rouge aux forces encore plus racistes et autoritaires qu’elle. Rappelons-nous la manière dont l’Etat français a réprimé les Gilets jaunes ou encore les grévistes en lutte contre la réforme des retraites tout en faisant voter la « Loi immigration » considérée par Marine Le Pen comme une « victoire idéologique ».

Comme cela a été répété tout au long du weekend, l’antifascisme n’est jamais uniquement composé d’antifascisme. Sa dimension sociale est cruciale, comme l’a souligné la Coordination antifasciste de Belgique dans son appel à manifester le 16 juin dernier autour de revendication telles que la réduction collective du temps de travail sans perte de salaire et avec embauches compensatoires ou encore la défense et le renforcement de notre sécurité sociale.

En action !

L’un des points forts des occupations de campus était l’accent mis sur une argumentation de fond et une étude du contexte. Les occupant⸱es ont effectué un important travail de recherche, ont organisé des discussions collectives, ont préparé des dossiers… et ont pu constater que leurs actions n’en étaient que plus renforcées. Les administrations universitaires ont eu plus de mal à diviser les étudiant⸱es ou à dénigrer leur voix.

Le combat antifasciste doit s’en inspirer. Les discussions de fond, les aperçus historiques et les recherches détaillées sont utiles et nécessaires pour soutenir l’action et la maintenir sur une longue période.

Le programme nous a fait voyager aux quatre coins de l’antifascisme, en revenant sur le passé et les Arditi del popolo italiens des années 1920 ou encore les TPPS « Toujours Prêt Pour Servir » français des années ’30. Des ateliers ont couvert la situation en France dans les années ’30 et la période du Front Populaire ; le mouvement antifasciste dans les années ’90 autour des SHARP, de SOS Racisme, de Youth against Racism in Europe ; mais aussi l’offensive queerphobe nazie et la destruction de l’Institut de sexologie (Institut für Sexualwissenschaft) de Magnus Hirschfeld en 1933.

Des ateliers ont plus particulièrement abordé l’entrée en action aujourd’hui, en revenant sur l’expérience des occupations de campus avec des témoignages de participant.es, sur les actions et l’avenir de la Coordination Antifasciste de Belgique et enfin sur le combat antifasciste à mener parmi les collègues et avec les syndicats. D’autres ateliers ont approfondi des questions liées à l’extrême droite d’aujourd’hui, en France, en relation avec la crise climatique ou via une étude de la « Féminisation » de l’extrême droite avec Juliette Léonard, du Collectif contre les violences familiales et l’exclusion (CVFE ASBL).

Un autre moment fort du weekend était la présentation du livre “Résistance antinazie, ouvrière et internationaliste – De Nantes à Brest, les trotskistes dans la guerre (1939- 1945)” grâce à un entretien vidéo qui sera bientôt disponible.

Tout cela était bien utile pour réviser en profondeur ce que signifient l’antifascisme et l’extrême droite aujourd’hui et en tirer des lignes de force pour agir de la manière la plus efficace possible. Votre place vous attend à nos côtés dans ce combat contre le racisme, l’extrême droite et le capitalisme !

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