Ajouter à mon agenda

Rendez-vous: 30/06/24
30 juin, Gand: manifestation “Pride is a protest”. Un dimanche arc-en-ciel… après un probable dimanche noir

Ce mois d’avril, en France, les sénateurs Les Républicains ont déposé une dangereuse proposition de loi avec pour ambition d’interdire toute transition sociale et médicale avant 18 ans. Derrière le prétexte du combat pour la “protection de l’enfance” se cachent des années de mal-être pour les enfants transgenres si jamais ce projet passe. Un certain paradoxe existe en ce qui concerne la visibilité des personnes transgenres et non-binaires: plus il y a de visibilité et d’acceptation dans des couches larges de la société, plus il y a de haine et de transphobie.

Par Sam (Bruxelles)

De l’autre côté de l’Atlantique, la National Association of Intercollegiate Athletics, qui supervise les petites universités américaines, a annoncé le 9 avril qu’elle interdisait aux athlètes transgenres de pratiquer des sports féminins. Cette décision fait suite à toute une série de reculs des droits LGBTQIA+ aux Etats-Unis qui ont renforcé les discriminations à l’aide de recherches scientifiques manipulées et déformées.

Un “effet de mode” ?

L’an dernier, la télévision nationale flamande a diffusé un documentaire dans lequel la prise en charge des jeunes transgenres (et la prise en charge des personnes transgenres en général) était remise en question. L’un des arguments avancés était qu’il y avait la possibilité qu’il y ait une personne cisgenre (donc non transgenre) confuse parmi ces personnes et que cette personne cisgenre devait être sauvée à tout prix. Une des idées essentielles du reportage était que le fait qu’être transgenre n’est finalement qu’une mode et qu’il devrait donc être interdit aux personnes de moins de 40 ans de faire une transition.

Cette idée de “mode” laisserait de plus entendre qu’il serait plus facile de vivre en tant que personne transgenre ou non binaire. La réalité des faits est cependant que les personnes LGBTQIA+ courent un risque bien plus élevé de se retrouver dans la précarité. Trouver un emploi ou un logement accessible est beaucoup plus compliqué, ce qui accroît le risque de tomber dans la prostitution et la pauvreté.

L’offensive réactionnaire contre les droits LGBTQIA+, et trans en particulier, alimente la confiance de certains groupes et individus pour passer à l’intimidation et à la violence, en ligne et dans la vie réelle. Le nombre de personnes trans et non binaires assassinées chaque année continue d’augmenter d’année en année.

En février, aux États-Unis, dans l’État conservateur de l’Oklahoma, une jeune personne non binaire de 16 ans, Nex Benedict, est décédée des suites d’une violente agression à l’école. En dépit des nombreuses blessures, la police a finalement classé l’affaire comme un suicide, sans la moindre poursuite criminelle. Sur cette année 2024 uniquement, pas moins de 21 projets de loi anti-trans ont été adoptés aux États-Unis et 24 autres entreront en vigueur prochainement !

Toutes les études soulignent que les personnes LGBTQIA+ sont beaucoup plus susceptibles d’être victimes de violence que les personnes qui ne le sont pas, qu’il s’agisse de violence physique ou verbale. Et au sein de la communauté, les personnes transgenres sont encore plus souvent ciblées. Il ne s’agit pas le plus souvent d’événements ponctuels, mais d’expériences de violence répétées qui font partie intégrante du quotidien. Sans surprises, le taux de tentatives de suicide est plus élevé chez les personnes transgenres et non binaires: 25 fois plus que celui des personnes cisgenres.

La lutte pour les droits LGBTQIA+ est un combat antifasciste !

La polarisation dans la société devient un phénomène structurel, dans les domaines les plus divers. Plusieurs rapports annuels de l’ILGA (International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association) ont averti que cette polarisation augmente également de façon alarmante concernant les personnes LGBTQIA+, y compris dans les pays où d’importantes victoires juridiques ont déjà été remportées.

En Belgique, l’organisation de jeunesse Wel Jong rapporte également que la violence, la haine et l’intolérance à l’égard des personnes LGBTQIA+ ont visiblement augmenté ces dernières années, illustrée notamment par les attaques publiques de Theo Francken (N-VA) ou encore Dries Van Langenhove sur les réseaux sociaux. Quand Theo Francken était encore secrétaire d’État à l’asile et à la migration dans le gouvernement Michel, il justifiait parfois la déportation de personnes migrantes dans le but de “protéger les femmes flamandes et les personnes LGBQIA+”. Mais un rapide coup d’œil à son compte X (ex-Twitter) démontre qu’il ne s’est de toute évidence jamais soucié du sort des personnes LGBTQIA+.

A droite et à l’extrême droite, ce type de discours sert avant tout à consolider une base militante autour d’un discours “anti-woke” qui présente notamment les personnes LGBTQIA+ comme “anormales”. Mais il devient plus audible à mesure que ces partis, tout particulièrement l’extrême droite, progressent.

Il faut s’attendre à de nouvelles percées à l’avantage de l’extrême droite aux prochaines élections, en Belgique comme ailleurs, ne restons pas sans réagir et renforçons la riposte antifasciste !

Changer la société pour changer les mentalités

Nos idées sur le genre dépendent des conditions sociales dans lesquelles nous vivons. Lorsque ces conditions sociales changent, nos idées sur le genre peuvent également changer. Par conséquent, nous ne pouvons pas lutter contre la transphobie et toutes les formes de queerphobie sans lutter contre le capitalisme.

Ces deux combats sont liés. Le système capitaliste utilise la transphobie, et toutes les formes de haine et d’oppression pour diviser la majorité sociale, et tout particulièrement la classe travailleuse qui a le pouvoir de bloquer toute la société par la grève de masse. Ce système repose sur la logique de “diviser pour régner” comme il repose sur l’exploitation de la nature et des êtres humains.

Mais la droite utilise également ce discours de manière plus subtile en remettant en cause, par exemple, la nécessité de rembourser les soins de santé pour les personnes transgenres soit-disant parce qu’il n’y aurait pas assez de budget, alors que les soins pour les personnes transgenres ont déjà connu de sérieuses coupes budgétaires ces dernières années. La lutte pour la défense et l’extension des services publics et sociaux, c’est aussi un combat LGBTQIA+ !

Les coupes budgétaires dans ces services allongent les listes d’attente pour disposer de soins médicaux et psychologiques adéquats, de logements sociaux, de refuges pour les victimes de situations familiales violentes,… Toute la population est est victimes, mais l’impact est encore plus grave pour les personnes LGBTQIA+.

Ce n’est qu’un début, continuons le combat !

En présentant la pseudo “idéologie du genre” comme un problème, on détourne l’attention des véritables défis à relever dans cette société profondément inégalitaire. Les partis politiques conservateurs se présentent comme des défenseurs de la stabilité alors que c’est leur politique qui crée un désert social propice à la violence. Le problème fondamental, ce n’est pas la diversité, c’est la toute-puissance de la dictature des marchés !

Aujourd’hui, plus de 40% des jeunes LGBTQIA+ en Flandre ne se sentent pas en sécurité à l’école. Les écoles sont dépourvues des ressources et connaissances suffisantes pour réagir de manière adéquate. Défendre un enseignement réellement inclusif, cela exige d’arracher un financement massif de l’enseignement, pour des classes plus petites, pour une formation accrue des enseignants y compris aux questions liées au genre, et pour une collaboration avec les associations de terrain qui ont accumulé une expertise largement ignorée par les pouvoirs publics.

Pour repousser la discrimination face au logement et en finir avec les longues listes d’attente pour bénéficier d’un logement social, nous devons nous battre en faveur d’un ambitieux plan de rénovation et de construction de logements sociaux, dont l’ampleur déterminera également l’efficacité de la pression sur l’ensemble des loyers du pays. Et ce, dans le cadre d’un plan public d’isolation et de rénovation du bâti, quartier par quartier. Nous voulons en finir avec toutes les formes de précarité, y compris la précarité énergétique!

Alors, oui, ça exige des moyens, mais la société n’en manque pas. En nationalisant les secteurs clés de l’économie sous contrôle et gestion démocratiques des travailleur.euse.s, nous pourrions utiliser les richesses monumentales qui existent pour répondre aux besoins de toute la population, et assurer l’épanouissement de chaque personne. Retirer tout le secteur pharmaceutique de la logique de profits, par exemple, permettrait d’assurer que la production de médicaments et de traitement hormonaux ne soit pas laissée à la simple appréciation des actionnaires. Pour en finir avec les pénuries, retirons la production des griffes des capitalistes!

Une telle révolution dans l’organisation de la société modifierait aussi inévitablement les attitudes liées au genre et à l’orientation sexuelle. Celles-ci sont ancrées dans la société de classes et dans les relations de pouvoir qui en découlent. Une société socialiste démocratiquement planifiée poserait les bases de l’émancipation de l’humanité dans toute sa diversité.

Rejoignez-nous !

  • 18 mai, Brussels’s Pride
  • 30 juin, Gand, manifestation Pride is a protest
  • 12 août : Pride à Anvers
  • 24 août : Pride à Liège
Ajouter à mon agenda
Partager :
Imprimer :
Première page de Lutte Socialiste