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Rendez-vous: 25/04/24
Un “dimanche noir” se profile à l’horizon… N’attendez pas pour entrer en résistance !

Geert Cool
par Geert Cool
Rédacteur en chef de Lutte Socialiste

À 100 jours des élections, le Vlaams Belang était donné à 27,8 % des intentions de vote en Flandre. Et, malheureusement, nous ne sommes pas encore au bout de nos peines alors que la N-VA s’enfonce de plus en plus dans les sondages et dans la surenchère de droite à propos des mesures d’austérité à réaliser sur le dos de la population. Si la gauche veut représenter une réponse, elle devra dépasser la stratégie du marketing politique. Une campagne audacieuse et mobilisatrice basée sur la lutte et la solidarité pour défendre une société qui ne laisse personne de côté.

Par Geert Cool

Migration et pouvoir d’achat

Selon le même sondage, les deux principales priorités des électeurs sont la migration et le pouvoir d’achat. Il existe un lien entre les deux. La politique du sous-investissement chronique pour toutes les matières sociales et de soutien sans faille aux souhaits patronaux exerce une pression sur les conditions de vie de la classe travailleuse tout en créant un espace pour la politique du bouc émissaire. A cela s’ajoutent encore les multiples crises du capitalisme à travers le monde (pas pour tout le monde: le fossé est grand entre l’élite au sommet qui s’enrichit toujours plus et la précarité croissante pour la majorité sociale) qui alimentent le flot de réfugiés à la recherche d’un meilleur avenir, voire d’un avenir tout court. Faire porter la faute de l’échec du système sur les migrants, cela revient à culpabiliser les victimes. L’extrême droite est passée maître en la matière, mais d’autres partis y ont également de plus en plus recours. Soyons clairs : ce ne sont pas les réfugiés de Gaza, de Syrie ou d’Afghanistan qui planquent des milliards d’euros dans les paradis fiscaux !

La droite dit que la gauche veut plus de réfugiés, c’est faux. Nous défendons tout au contraire un système fondamentalement différent où plus personne n’aura à fuir la misère et l’exploitation, mais pourra s’épanouir auprès de ses proches et ne chercher d’autres cieux que de plein gré. C’est parfaitement possible, mais cela exige de mobiliser les moyens et richesses disponibles pour répondre aux besoins de la majorité de la population, et non pour satisfaire la soif de profit de la classe capitaliste. Avec une stratégie anticapitaliste consciente, les marxistes s’attaquent aux racines des nombreux problèmes inhérents au système dominant. Par exemple, si l’on veut répondre aux inquiétudes liées au pouvoir d’achat, ce n’est pas vers les migrants qui survivent dans les rues de Bruxelles qu’il faut regarder, mais vers les profits records des grandes entreprises. Parallèlement, nous défendons de fournir un abri digne à chacun, par exemple en examinant que faire du million de mètres carrés d’espaces de bureaux vacants à Bruxelles. Mais pour l’extrême droite, trouver l’argent là où il se cache ou s’attaquer à la spéculation immobilière, ce sont des tabous.

La croissance électorale de l’extrême droite révèle la rupture grandissante à l’égard de la politique dominante, mais cette voie n’offre comme perspective qu’une aggravation de tous les excès. Dans cette ère d’inégalités extrêmes, il est naturel que beaucoup de gens se révoltent. La contradiction est grande entre la série de crises du capitalisme et le gigantesque potentiel que permettent les richesses et le savoir-faire technologique actuels. Cette contradiction n’est pas une question d’origine, mais de classe. La seule issue est une lutte de classes menée par la classe travailleuse dans toute sa diversité et à l’échelle internationale. Au lieu d’être sur la défensive et divisés, nous devons nous unir dans le combat pour prendre le contrôle des richesses que nous produisons. 

La menace est réelle

Tout ce que défend le Vlaams Belang sera encore plus banalisé avec un nouveau succès électoral. C’est inévitablement synonyme d’attention plus forte sur tout ce qui divise la classe travailleuse mais aussi d’incidents violents. C’est déjà ce à quoi nous avons assisté après les élections précédentes, lorsque le VB a atteint 18,5 %. D’autre part, la menace ne se limite pas à la Flandre. En Wallonie, il existe le parti “Chez Nous”, sous perfusion de fonds et d’assistance technique du VB et du Rassemblement national français, entre autres. Heureusement, la mobilisation antifasciste et le poids électoral du PTB font contrepoids. L’exemple portugais du parti Chega montre toutefois que l’extrême droite peut rapidement progresser : l’extrême droite est passée de 1,3 % en 2019 à 18,1 % en mars. L’incapacité de la gauche radicale portugaise à former une alternative au gouvernement prétendument “de gauche” n’y est pas étrangère. À Bruxelles, Chez Nous ne se présentera pas, de manière à laisser tout l’espace d’extrême droite aux listes du VB, ce qui pourrait conduire à un blocage politique.

La nouvelle génération de dirigeants d’extrême droite sait comment mieux se positionner dans le débat public, mais leur fonds de commerce reste la discrimination violente. Le président du VB Tom Van Grieken a été présenté comme une sorte de “gendre idéal”, c’est également de cette manière que le nouveau président du RN français, Jordan Bardella, tente de faire oublier Jean-Marie Le Pen. Van Grieken a fait ses premières armes politiques au sein du NSV, le cercle étudiant officieux du VB, connu par son racisme outrancier et son ouverture au combat de rue. L’emballage a évolué, rien d’autre.

Nombre de mesures défendues par l’extrême droite ont été progressivement adoptées par d’autres partis, ce qui ne les a pas rendus plus “modérés”. La normalisation de l’extrême droite conduit à davantage de tensions sociales et de violence. Cela augmente aussi le risque que l’extrême droite parvienne au pouvoir. Le cordon sanitaire est incapable à lui seul de stopper l’extrême droite, mais il est effectivement irresponsable de lui permettre de participer au pouvoir. Cela ne lui “brûlerait pas les ailes”, cela la placerait dans une meilleure position pour concrétiser sa haine et attaquer le mouvement ouvrier, entre autres. Avec l’arrivée de Bart De Wever (N-VA) au maïorat d’Anvers, la police a été déployée pour réprimer les grévistes au port d’Anvers et traduire les dirigeants syndicaux en justice. L’arrivée de Van Grieken & Co dans une coalition reproduira la chose à une échelle encore plus grande. C’est un danger pour tous les syndicalistes, les personnes LGBTQIA+, les féministes, les migrants…

Ce qu’il faut faire

Laisser la lutte contre l’extrême droite aux partis traditionnels, aux médias ou aux juges est un acte de faiblesse et d’irresponsabilité. Certes, la condamnation de Dries Van Langenhove (Schild&Vrienden) est positive, mais elle ne met pas fin à la menace. Cela lui permet au contraire de se présenter comme une prétendue victime de l’establishment. La stratégie politique du mouvement ouvrier et de la gauche ne peut pas se concentrer sur ce que les institutions capitalistes devraient faire à notre place.

Par notre antifascisme constant, nous nous opposons au statu quo et au terreau sur lequel l’extrême droite peut se développer. Nous nous opposons à l’establishment capitaliste et refusons de faire confiance aux partis traditionnels. Nous ne nous tournons pas vers les responsables des politiques actuelles pour apporter des réponses à l’extrême droite, mais vers la classe travailleuse dans toute sa diversité. En nous organisant et en nous unissant dans la lutte, nous pouvons arracher un véritable changement. L’antifascisme militant limite l’espace de l’extrême droite et offre des opportunités pour défendre un programme social avec plus de force. C’est également dans ce cadre que nous appelons au meilleur vote possible en faveur du PTB. Tout cela vise à construire un rapport de forces qui permette à terme à notre classe de renverser le capitalisme.

Nous avons élaboré du matériel de campagne sous la forme d’un tract, d’un livret et d’autocollants. Le PSL participe avec enthousiasme à la Coordination antifasciste de Belgique et s’engage dans les actions antifascistes, telles que la manifestation anti-NSV à Anvers le 25 avril ou Pride is a Protest à Gand le 30 juin. Les 6 et 7 juillet, nous organiserons un week-end antifasciste afin d’approfondir, avec des militants de Belgique et d’ailleurs, la question de savoir ce que représente l’extrême droite et comment la combattre le plus efficacement possible. Antifascistes : organisez-vous et passez à l’action !

Manifestation anti-NSV à Anvers le 25 avril, 19h, Dageraadplaats.

Départs Collectifs: rendez-vous à Bruxelles : 17h30, hall de la Gare Centrale // A Liège : 16h45, face à la gare des Guillemins.

Dimanche 30 juin : trois semaines après le « dimanche noir », Pride is a Protest avec un « dimanche arc-en-ciel » à Gand.

6-7 juillet : week-end antifasciste

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