8 mars : lutter pour gagner!

Réaction antiféministe – menace d’extrême droite – violence de genre – inégalités

37%des femmes en France considèrent que leur place est à la maison avec leurs enfants. 70% des hommes pensent que c’est à eux de ramener l’argent au foyer s’ils veulent être respectés. Les personnes LGBTQIA+ font 2 fois plus l’objet de violences sexuelles. Un homme sur 5 entre 25 et 34 ans considère normal d’avoir un salaire plus élevé qu’une femme à position égale. Le baromètre du sexisme français (janvier 2024) fait froid dans le dos. Toutes ces données sont à la hausse. Pourtant, à l’opposé, la parole continue de se libérer contre les abus. Le consentement tout comme la répartition des tâches domestiques font partie intégrante du débat public.

Par Emily Burns

Négocier avec le pouvoir en place ne suffira pas

En Belgique la loi contre les féminicides n’est toujours pas mise en œuvre. Si le consentement est désormais inscrit dans le Code pénal, il n’est pas largement discuté dans les écoles. Une loi contre l’inégalité salariale existe bel et bien, mais l’écart salarial entre hommes et femmes est de 21% sur base annuelle, et monte même à 44% parmi la population ouvrière (selon l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes).

La campagne électorale n’a pas encore commencé que l’on parle déjà de 3 à 4 milliards d’économies budgétaires par an durant la prochaine législature. Nous savons déjà où les partis établis voudront sabrer : dans les services publics et les allocations sociales… Moins de services publics, cela signifie plus de travail domestique, notamment de soins aux autres reportés sur la famille. Et s’il faut dégager du temps, c’est évidemment le plus petit salaire du ménage (celui de la femme le plus souvent) qui s’y voit contraint, faute d’alternative. Pour les familles monoparentales, c’est tout simplement la catastrophe en raison du manque d’aide sociale à hauteur des besoins.

Rêver grand…

Ne limitons pas nos revendications à ce qu’on pense acceptable. Nous avons besoin d’un bouleversement total, pas juste du droit de crier dans le vide. Ce qu’il faut demander c’est un autre monde et le pouvoir pour tou.tes !

Un congé de parentalité de 18 semaines payées à 100% a été accordé dans une série de multinationales, alors que la loi belge se limite à 15 semaines pour la mère et 3 pour le père / coparent.e avec un salaire raboté. Nous sommes nombreux.ses à ne même pas oser rêver de 18 semaines, pourtant nous le devrions, et bien plus encore. Si certaines entreprises les ont accordées pour se donner une meilleure image, imaginez ce que nous pourrions obtenir par une lutte collective résolue et offensive !

Parce que de l’argent, il y en a ! En 5 ans, 826 entreprises (seulement !) sont parvenues à envoyer – en toute légalité – 1.350 milliards d’euros vers les paradis fiscaux (étude d’ATTAC et de POUR). C’est l’équivalent de 3 années de PIB belge ! Alors oui, tout est possible : des cantines publiques de quartier de qualité ; des soins de santé et aux personnes où l’humain est au centre plutôt que le profit; une répartition du travail entre tou.te.s et la technologie au service de la collectivité…

… et lutter pour réaliser ces rêves !

Ce début d’années 2024 a été marqué par les agriculteurs, les tracteurs et leurs blocages. Voilà comment on impose nos revendications : par la lutte collective, avec nos outils de travail s’il le faut. Fin des années ’90, dans le combat des Forges de Clabecq, c’était avec des bulldozers qu’ils avaient répondus aux provocations policières pour défendre leur emploi !

Organisons des grèves générales féministes à l’image de ce qui a été fait au Pays basque. Le 30 novembre, 1.500 comités d’entreprise se sont formés pour organiser une grève « pour le droit collectif aux soins », accompagnée de 125 manifestations locales. C’était une grève générale de l’ensemble des travailleur.euse.s – quel que soit leur genre – contre la manière dont le travail productif et reproductif est divisé. La grève a permis de démasquer le « féminisme de façade » pro-capitaliste, dépourvu d’un véritable programme de changement social. Les syndicats basques et les collectifs féministes ont lié la violence de genre à l’oppression économique des femmes et de la classe travailleuse en général. Loin de diviser, la grève a servi à forger une unité de l’ensemble de notre classe, en faveur d’une lutte pour améliorer les conditions de la vie quotidienne. Voilà qui a de quoi nous inspirer…

Une autre source d’inspiration ? Participe à nos meetings avec Maria-Clara, une activiste ROSA du Brésil qui plaide pour une lutte audacieuse pour l’émancipation des femmes, des personnes LGBTQIA+, des Premières Nations de la forêt amazonienne et d’ailleurs. C’est une infatigable militante internationaliste, féministe et socialiste révolutionnaire.

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