Nouvelle action devant l’entreprise Challenge pour un boycott ouvrier des livraisons et du transit d’armes

Ce vendredi 26 janvier, une quarantaine de personnes étaient à nouveau réunies aux portes de l’entreprise Challenge, à Liège. Une première action de ce type avait déjà été menée en décembre dernier, elle aussi à l’appel du Collectif Liège Palestine Solidarité, dans lequel est impliqué le PSL. La veille, quelque 300 personnes étaient présentes au port d’Anvers pour une action similaire, avec participation d’une petite équipe de militants liégeois. Le vendredi, nous avons également pu compter sur la présence d’un militant d’Anvers. La prochaine grande date concernant cette campagne autour de l’entreprise Challenge est déjà connue : ce sera le dimanche 18 février, à 15h, à nouveau aux portes de l’entreprises. Nous relayons ci-dessous le communiqué de presse du collectif et quelques photos de l’action.

[CP] Challenge : Israël sème la mort depuis l’aéroport de Liège 

En plein cœur de l’aéroport de Liège, nous étions plusieurs dizaines de personnes rassemblées ce vendredi 26 janvier pour soutenir le peuple palestinien et dénoncer la collaboration de l’entreprise Challenge avec le génocide en cours en Palestine. 

Notre revendication : que cessent les envois de matériel militaire vers Israël !

Depuis 1976, cette entreprise fondée à Tel-Aviv collabore activement avec l’État israélien en exportant des marchandises depuis Israël et les colonies vers l’Europe, et en important depuis les États-Unis du matériel militaire à destination de Tsahal.

Bien que le CEO de l’entreprise à Liège, Yossi Choukroun, ait nié que l’entreprise livre de l’armement à Israël depuis le 7 octobre 2023, un article de la journaliste Pauline Hofmann paru dans Le Soir le 21 novembre 2023 apportait les preuves du contraire. Face à ce mensonge, le collectif Liège-Palestine Solidarité avait déjà rassemblé une cinquantaine de personnes devant les locaux de l’entreprise le 1er décembre 2023.

Le 24 janvier 2024, la majorité au gouvernement belge a enfin trouvé un accord pour une déclaration de cessez-le-feu en Israël-Palestine. Pourtant, les activités de Challenge Handling, elles, ne cessent pas ! C’est pour cette raison que le collectif s’est de nouveau rassemblé ce vendredi 26 devant Challenge.

En plus du rassemblement de protestation, nous sommes allés à la rencontre des travailleurs et des travailleuses, afin d’échanger avec eux sur la réalité de la situation en Palestine et sur la complicité des dirigeants de Challenge avec les tueries.

Pour le collectif, l’aide des travailleurs de l’entreprise serait inestimable, car se sont eux qui peuvent exercer un rapport de force suffisant pour faire plier l’entreprise afin qu’elle accepte les exigences du mouvement de solidarité avec la Palestine. 

À l’image des courageuses initiatives des travailleurs du port de Gênes, de Barcelone, dans le sud de l’Angleterre, les travailleurs de Challenge peuvent répondre à l’appel des syndicats palestiniens et suivre l’exemple de leurs camarades des syndicats belges des transports, afin de faire cesser tout envoi de matériel militaire vers Israël. 

Les revendications du collectif sont simples : en accord avec le principe de cessez-le-feu demandé ces derniers jours par le gouvernement, aucune arme ou matériel militaire ne doit partir de Belgique pour alimenter la campagne génocidaire de l’État israélien, ce qui vient renforcer l’importance des règles déjà en vigueur en la matière, hélas !, non pleinement respectées par la Belgique ni la Wallonie. 

En 2009, les trois régions du pays et le gouvernement fédéral s’étaient engagés à ne pas exporter de matériel militaire qui renforcerait la capacité militaire d’Israël. Le décret armes du 21 juin 2012 étend cet engagement aux cargaisons en transit par la Belgique. Bien que des entreprises comme Challenge ont le privilège de ne pas avoir à révéler le contenu de leur cargaison si elles sont en transit (ce qui rend caducs les engagements pris par les régions), une licence d’exportation d’armes a dû être délivrée par le premier ministre wallon Elio Di Rupo (PS) pour que l’envoi de 16 tonnes de munitions issues de l’usine BP Clermont vers ZIM à Anvers ait pu se réaliser. Ce dernier n’a pas encore réagi à cette révélation. 

De plus, la convention de 1948 sur le génocide impose à tous les Etats de prendre des mesures concrètes et effectives pour prévenir le risque de génocide. La Cour Internationale de Justice ayant reconnu le risque de génocide, l’État belge est donc tenu de prévenir un potentiel génocide, en organisant par exemple un embargo sur le matériel militaire vers Israël. 

Dans un premier temps, nous demandons que les entreprises livrant de la marchandise en Israël donnent accès à l’intégralité de leurs registres de douanes depuis cinq ans. Les règles actuelles, notamment en cas de non-transbordement de la marchandise, permettent à Challenge de faire transiter n’importe quelle cargaison par la Belgique sans en révéler le contenu. Alors que plus de 25.000 palestiniens et palestiniennes, dont la moitié sont des enfants, ont été massacrés depuis le 7 octobre, que tant d’autres sont aujourd’hui en danger, de tels permis ne peuvent être laissés à une entreprise directement engagé avec l’État israélien !

La veille de notre action, au port d’Anvers, un mouvement de contestation similaire ayant rassemblé plusieurs centaines de personnes s’est déroulé afin de protester contre l’entreprise israélienne ZIM, qui achemine des armes vers Israël en amarrant ses navires au port d’Anvers. Selon un article paru dans De Morgen ce 25 janvier, des cargaisons de munitions acheminées par ZIM viendraient d’usines wallonnes, en l’occurrence de l’usine PB Clermont à Engis.

Des actions de ce type doivent se multiplier partout en Belgique, afin que la déclaration de cessez-le-feu devienne réelle, et non un simple appel lancé dans le vent. Ceci est d’autant plus impératif alors que les autorités belges doivent maintenant se conformer aux décisions rendues contre Israël ce vendredi 26 janvier par la Cour Internationale de Justice (CIJ) qui font que, dorénavant, il ne s’agit plus seulement d’une question politique : il y a une obligation légale qui pèse sur tous les États du monde à prévenir tout acte de génocide et à empêcher Israël de poursuivre dans la voie du génocide du peuple palestinen. 

L’action du 26 ne sera pas la dernière. Un prochain rassemblement est déjà prévu le 14 février, en plein cœur de Liège, et devant Challenge le 18 février, à 15h, 76, rue de l’aéroport, à Grâce-Hollogne. Ces rassemblements continueront tant que les demandes du collectif ne seront pas rencontrées.

Nous appelons toutes les personnes qui seraient au courant de livraison de matériel militaire vers Israël transitant par la Belgique à contacter le collectif, ou à organiser des rassemblements de soutien aux travailleurs de l’entreprise pour organiser le blocage de ces fournitures.

Le collectif Liège-Palestine Solidarité / Adresse mail : liege.palestine@gmail.com

Partager :
Imprimer :
Première page de Lutte Socialiste

Articles liés :