Enseignement – N’attendons pas les élections, il nous faut un plan d’action!

Plus de 2000 manifestant.e.s des métiers de l’enseignement ont à nouveau parcouru les rues de Liège aujourd’hui en se rendant en cortège et en front commun syndical aux sièges des partis au pouvoir en Fédération Wallonie-Bruxelles : PS, ECOLO et MR. Plus d’un an et demi après la première manifestation de cette nouvelle vague de lutte dans l’enseignement francophone, rien n’a bougé. Il n’est pas temps d’arrêter de se battre ! Vous trouverez ci-dessous le tract distribué par l’équipe militante du PSL.

Nous verrons après les élections? Non! Les problèmes s’accumulent: pénurie dans le personnel, bâti scolaire délabré, classes surchargées… L’absentéisme dans les rangs des profs est aujourd’hui plus élevé que durant la période COVID. De plus, le pacte «d’excellence», appliqué aux forceps, augmente la charge administrative et les nouveaux dispositifs d’accompagnement annoncés sont inefficaces au vu du nombre d’élèves dans les classes.

De plus en plus de jeunes se retrouvent dans la galère avec un moral est au plus bas. Cette précarisation rend les situations intenables dans les familles : dans le secteur de l’Aide à la jeunesse, en mai 2023, c’est 1531 enfants qui attendaient une place pour sortir de l’insécurité et de la violence intrafamiliale.

Les plus riches utilisent le marché scolaire belge pour se regrouper dans les mêmes écoles et les mêmes quartiers. Les riches ont le choix pendant que les pauvres prennent ce qui reste. C’est de cette manière que notre système d’éducation est si inégalitaire. Les écoles «ghettos» concentrent les problématiques de pauvreté, de difficultés scolaires ainsi que les difficultés pour les parents à pouvoir soutenir leurs enfants dans leur scolarité. Dans ces écoles les classes sont extrêmement hétérogènes ce qui rend l’école très frustrante pour les étudiants et les enseignants qui ne savent plus où donner de la tête. C’est inacceptable !

S’armer contre les pénuries et les nouvelles attaques!

Au lieu de résoudre les problèmes, de nouvelles attaques sont annoncées par le ministre-président Pierre-Yves Jeholet dans sa feuille de route pour le prochain gouvernement: suppression des DPPR (dispositif qui permet la diminution du temps de travail pour les collègues de plus de 55 ans sans perte de salaire), attaquer la “masse salariale” c.-à-d. une augmentation des heures de prise en charge (2h en plus permet une économie de 10% de personnel en moins), une suppression de postes, enlever l’avantage salarial pour les instituteurs avec un master, modifier les normes d’encadrement (augmenter le nombre d’élèves par classe)… Et pour appliquer ces mesures, on menace de faire appel aux privés, donc aux entreprises. Quant au qualifiant, on le supprimerait pour le transformer en alternance dans les entreprises.

Le gouvernement n’a rien compris et ne cesse de nous poignarder dans le dos comme l’a encore démontré le vote de la réforme de l’évaluation, votée en juillet par le parlement de la fédération lorsque les enseignants étaient en vacances. Cette réforme avait poussé les syndicats à annoncer une date de mobilisation à Bruxelles en fin d’année passée.

La mobilisation d’aujourd’hui, même si elle est moins massive que précédemment, est organisée à l’échelle provinciale et non communautaire. Elle montre encore une fois que les enseignants sont prêts à se mobiliser pour défendre leurs intérêts et celle de la société. Nous pouvons construire sur cette base!

Nous ne sommes pas seuls! Ensemble pour un plan d’action qui nous permette de gagner!

Nous avons vu ces dernières semaines de nombreux autres services publics se mettre en grève: notamment les cheminots, avec une grève de 48h du 7 au 9 novembre et une nouvelle les 6 et 7 décembre en défense de leurs conditions de travail et pour la réduction de la charge de travail et l’augmentation des ressources. Les puéricultrices ont également fait grève 3 jours du 22 au 24 novembre contre les salaires bas et les mauvaises conditions de travail. Le 11 octobre dernier, c’était l’enseignement supérieur néerlandophone qui manifestait contre le sous-financement structurel du secteur.

Renforçons mutuellement nos luttes par un front de lutte contre l’austérité et pour un refinancement des services publics ! Nos revendications sont similaires. La manifestation européenne du 12 décembre est la première occasion de réunir les différents secteurs autour de cette question. Il pourrait s’agir d’un premier pas vers un plan d’action solide et crescendo. Cela motiverait grandement les collègues du secteur de l’enseignement et d’autres secteurs!

Ce front devrait s’organiser autour d’assemblées générales qui communiquent ensemble et préparent un plan d’action avec des dates communes. Cela implique également l’organisation d’assemblées générales dans les écoles elles-mêmes pour organiser les collèges et la solidarité des parents. Là où nous l’avons fait jusqu’à présent, nous nous sommes fortement mobilisés!

L’objectif étant de bousculer l’agenda électoral et d’imposer les thèmes qui sont importants pour notre classe: un service public de qualité et gratuit qui permet de répondre aux besoins de tous (transports, éducation, garderies…), qui garantit de bonnes conditions de travail et des salaires décents aux travailleurs. Nous n’accepterons plus une seule attaque d’austérité! Nous devons préparer nos collègues pour la bataille, car les politiques souhaitent rogner dans les budgets au plus vite. Nous n’avons pas le luxe d’attendre 2024 pour réagir à ces provocations. Nous devons nous organiser aujourd’hui !

Une école différente est possible, organisons-nous!

Cet investissement massif des services publics que nous revendiquons peut être financé par une taxe sur la fortune. Cette taxe permettrait d’obtenir des milliards pour financer ce grand service public gratuit et de qualité. Il faut aller chercher l’argent là où il est, mais aussi prendre davantage le contrôle de notre économie. La rupture avec le capitalisme peut se faire en nationalisant les secteurs clés de notre économie sous contrôle démocratique.

Le capitalisme crée les déficits et ne nous offre aucune perspective. Les crises se succèdent. Sous le capitalisme, l’école joue un rôle particulier: assurer qu’une main-d’œuvre qualifiée et docile existe pour générer les richesses. Du point de vue capitaliste, l’école est un outil nécessaire pour obtenir cette main-d’œuvre sans devoir débourser d’argent ou former la personne au sein de l’entreprise. L’école est au cœur d’une bataille : la classe capitaliste veut la transformer en fabrique de main-d’œuvre, privée si possible, pour parvenir à leurs objectifs tout en réalisant un bénéfice sur le dos des étudiants et leur famille.

Nous devons lutter pour une école refinancée qui permet l’émancipation intellectuelle et la pensée critique. Ce qui attend les jeunes, c’est un travail précaire qui conduit au burn-out, les guerres et les cataclysmes climatiques. Nous devons lutter ensemble pour une autre société, basée sur les besoins de la population et de la nature, une société où les entreprises sont aux mains de la population pour satisfaire les besoins de tous et toutes.

Dans ces conditions, une autre école radicalement différente est possible : avec des classes de 15 élèves où chacun peut s’épanouir pleinement et prendre part aux activités et aux discussions; une école réellement gratuite qui donne l’exemple à la jeunesse, avec des cantines gratuites bio et locales; une école inclusive qui permet à chacun de vivre son identité, sans peur des discriminations et de la répression; avec une charge horaire qui permet à la fois l’épanouissement intellectuel, mais aussi social.

Rejoignez le PSL/LSP pour mener cette lutte pour une autre société, où l’éducation atteint son plein potentiel pour le personnel, les étudiants et l’ensemble de la société!

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