La résistance au massacre à Gaza continue de se développer !

La manifestation de ce samedi à Bruxelles fut massive. La police a parlé de 21.000 participants, une sous-estimation parfaitement ridicule. Si certains partis au pouvoir s’orientent vers une critique prudente des violences commises à l’encontre du peuple palestinien, les autorités en tant que telles continuent de prendre clairement parti. Le flot de manifestants n’a pas cessé d’affluer. Pendant plus d’une heure, nos stands à la gare de Bruxelles Nord ont été débordés. Des centaines de manifestants sont venus y chercher un tract, acheter un badge et/ou un journal. Nous étions sans doute plus de 50.000 manifestants.

L’approche internationaliste du PSL/LSP et d’Alternative Socialiste Internationale a été appréciée, tandis que la nécessité d’un changement de système était largement soutenue. Ce système trouve des milliards pour la destruction et la misère, alors que ces ressources sont nécessaires pour construire un véritable avenir pour nous toutes et tous. Comme nous le disions dans notre brochure : « En temps de guerre, les moyens semblent inépuisables. Ils donnent une idée de ce qui peut être utilisé pour assurer le bien-être de chaque personne dans la région avec l’expropriation des gigantesques profits de guerre et du secteur bancaire et leur prise en charge publique sous contrôle et gestion démocratiques. »

Les mobilisations ont été très importantes dans plusieurs endroits du monde. À Londres, plus d’un demi-million de personnes ont manifesté. Même en Israël, des milliers de manifestants ont demandé un cessez-le-feu. La protestation continue à prendre de l’ampleur, les tentatives d’y mettre un terme par la répression n’aboutissent plus. Les politiciens traditionnels sont pressés de dénoncer ce qu’ils appellent la violence « disproportionnée », comme s’il existait aussi un terrorisme d’État « proportionné ». À partir de combien d’enfants assassinés devient-on « disproportionné » ? Seules la droite et l’extrême droite continuent à soutenir hardiment le régime belliciste israélien. Bart De Wever a déclaré précédemment que seul le « camp des lumières et de la démocratie » pouvait être choisi. Il pense peut-être trop aux Romains, en particulier à Tacite. Ce dernier écrivait : « Voler, assassiner, piller, c’est ce qu’ils appellent avec un mensonge ‘gouverner’ et là où ils font des ravages, ils parlent de ‘paix' ».

L’ampleur de la manifestation n’est pas sans rappeler le mouvement qui a précédé le début de la guerre en Irak en 2003. Nous avons alors assisté à la plus grande journée internationale de protestation de l’histoire, le 15 février 2003, avec des millions de manifestants à travers le monde. Nous étions alors 100.000 à Bruxelles. Cette protestation s’est accompagnée de grèves dans les écoles et chez les étudiants et de grandes manifestations locales le jour où la guerre a commencé, le jour X. Aujourd’hui, la guerre est déjà en cours. Cependant, le potentiel de mobilisation dans les écoles, les campus et de nouvelles actions locales est important.

Ce qui a manqué en 2003 pour stopper la guerre, c’est un boycott conscient et bien organisé de tout effort de guerre par la classe travailleuse. Le mouvement ouvrier est capable d’arrêter les guerres, car ce sont les travailleurs qui sont responsables de toutes les opérations de production et de logistique. L’appel du front commun des syndicats du secteur transports – CNE, UBT, Setca et CSC-Transcom – pour ne plus charger ou décharger du matériel militaire à destination d’Israël dans les différents aéroports du pays est très important. Les dockers de Catalogne ont fait de même. Ils répondent ainsi à l’appel international des syndicats palestiniens pour refuser de fabriquer ou transporter des armes destinées à Israël. Les syndicats des autres secteurs doivent suivre cet exemple !

Un tel mouvement renforcerait la classe ouvrière palestinienne, les pauvres et les personnes opprimées. Il mettrait l’accent sur des méthodes déjà familières dans la lutte pour l’émancipation nationale et sociale palestinienne : les grèves et les manifestations de masse, comme lors de la première Intifada (1987-1993) ou lors de la récente grève de la dignité en mai 2021.

Comme à l’époque, des comités populaires démocratiquement élus peuvent être mis en place. Ceux-ci peuvent prendre en charge les mesures de sécurité du mouvement et l’autodéfense lors des manifestations contre les bombardements, l’occupation et les colonies. C’est aussi la base d’une lutte pour les ressources nécessaires à un droit de retour digne pour tous les réfugiés, à la reconstruction des quartiers détruits, à l’assistance médicale et psychologique pour toutes les victimes du conflit…

Cette autre voie est nécessaire face aux méthodes désespérées reposant sur la violence aveugle au lieu de l’auto-organisation des masses et de leur action. La stratégie de violence aveugle et désespérée du Hamas n’offre pas d’issue. Sa violence s’exerce d’ailleurs aussi contre les masses palestiniennes : il y a peu, il a réprimé les manifestations à Gaza contre la crise énergétique et les prix élevés, tout comme l’Autorité palestinienne a réprimé en Cisjordanie les manifestations contre l’offensive israélienne à Gaza.

Comme nous l’avons noté dans notre tract, Il faut saisir toutes les occasions de briser le cycle de la haine et de la violence. Le Parti Socialiste de Lutte / Linkse Socialistische Partij (PSL/LSP) est la section belge d’Alternative Socialiste Internationale, qui comporte également une section en Palestine-Israël : le Mouvement de Lutte Socialiste. Nos membres sur place participent par exemple activement à la résistance sur les campus israéliens contre les tentatives de l’extrême droite d’expulser des universités celles et ceux qui expriment leur soutien aux Palestiniens. Comme toujours en situation de guerre, la cherté du coût de la vie augmente à vue d’œil, de même que les profits d’une petite clique de parasites capitalistes (grandes entreprises de l’armement, distribution, etc.) : cela assistera la compréhension des véritables mécanismes derrière cette logique d’occupation et de massacre. »

La lutte pour l’émancipation palestinienne est également une lutte contre l’impérialisme, le capitalisme et la société de classe. La lutte pour les besoins sociaux des travailleuses et travailleurs peut arracher des conquêtes sociales dans le cadre du capitalisme, mais une transformation socialiste de la société est nécessaire pour élever le niveau de vie des masses palestiniennes et israéliennes au-dessus des meilleures conditions permises par la société d’exploitation capitaliste.

Parvenir à l’unité dans la lutte pour une transformation socialiste exige de reconnaître le droit à l’autodétermination de tous les peuples. Ce n’est que sur cette base que l’on pourra obtenir une égalité totale des droits dans tous les domaines et que l’on pourra assurer une Palestine socialiste indépendante avec sa capitale à Jérusalem-Est et une transformation socialiste en Israël dans une confédération socialiste volontaire du Moyen-Orient, avec une garantie d’égalité des droits pour toutes les nations et minorités.

Reportage-photos par Pol

Photos de Philip et Nico

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Première page de Lutte Socialiste