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L’austérité, c’est aussi de la LGBTQI-phobie

Construisons un front de résistance pour défendre nos droits !

En Belgique, nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour l’égalité des droits de chaque Lesbienne, Gay, Bi, Transgenre, Queer et Intersexe. Il faut abolir la loi belge de 2007 qui impose la stérilisation et la psychiatrisation aux personnes transgenres voulant une reconnaissance légale de leur genre. On doit aussi interdire toute intervention chirurgicale non vitale sur les enfants intersexués. Les associations LGBTQI demandent entre autres des avancées juridiques concernant : le droit des gays à donner leur sang, l’élargissement de la filiation par la reconnaissance du parent social et la GPA (la Gestation Pour Autrui).

Ces revendications sur le plan juridique sont-elles suffisantes ?

La lutte pour une égalité des droits de tous les LGBTQI doit être menée mais les lois, seules, ne chasseront pas les discriminations et violences dont notre communauté est victime. Il y a déjà bien longtemps que des lois et dispositifs juridiques sévères ont été mis en place contre les violences faites aux femmes et pourtant, aujourd’hui en Belgique, 36% des femmes ont subi une forme de violence physique ou sexuelle depuis l’âge de 15 ans. Malgré la loi Moureaux contre le racisme et la xénophobie votée en 1981, 56 % des déclarations adressées au Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme concernent des « critères raciaux » ou de conviction religieuse ou philosophique.

Lesbophobie, homophobie, transphobie, biphobie, sérophobie : comment lutter contre ces violences ?

Pour Arc-en-Ciel Wallonie, « améliorer la cohésion sociale et construire le bien-vivre ensemble » est essentiel pour combattre les inégalités et arriver à une société tolérante. Beyond the Box (2014), la toute première enquête belge sur le sexisme, l’homophobie et la transphobie identifie 4 défis à relever pour lutter contre ces discriminations : un changement des mentalités, un environnement social diversifié au travail, des cours d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle et le développement des études et de la recherche concernant les minorités sexuelles et de genres.

Améliorer la cohésion sociale ? Construire le bien-vivre ensemble ? Un environnement diversifié au travail?

Les partis au pouvoir font tout le contraire ! Le gouvernement Di Rupo a voté la réforme du chômage qui exclura plus de 50.000 personnes de leur droit aux allocations d’insertion, alors qu’il y a déjà 600.000 personnes sans emplois pour seulement 40.000 offres d’emploi. Après 25 années de gouvernement bruxellois avec le PS, MR, CDH, FDF et un ministre Ecolo au logement les 5 dernières années, Bruxelles ne compte toujours que 8% de logements sociaux quand plus de 40.000 familles sont sur des listes d’attente.

Des cours d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle ? Développement de la recherche concernant les minorités sexuelles et de genres ?

L’école est un bon moyen pour combattre les discriminations envers les LGBTQI mais plus de 30 années de sous-financement a plongé notre enseignement dans une situation de grande pénurie : manque de places, d’écoles et de profs, liste d’attente, bâtiments vétustes. On manque aussi cruellement de recherches universitaires dans le domaine des questions de genre, mais comment espérer développer de telles études quand tout l’enseignement supérieur fonctionne avec des enveloppes fermées.

Au lieu d’ « améliorer la cohésion sociale et construire le bien-vivre ensemble », tous les gouvernements et parlements (du communal à l’européen) sont occupés à dégrader « la cohésion sociale » et détruire « le bien-vivre ensemble » !

Peu importe les gouvernements qu’on aura après le 25 mai, PS, ECOLO, CDH, MR, NV-A et les autres partis flamands traditionnels sont d’accord sur la même chose : appliquer le traité d’austérité européen (TSCG) qu’ils ont eux-mêmes votés. D’ailleurs, ce n’est plus un secret, ils nous prévoient déjà plusieurs milliards d’économies à réaliser pour 2015. Et l’argent, ils n’iront pas le chercher dans les caisses des grandes entreprises bénéficiaires ou chez les grands actionnaires mais dans nos poches en votant des coupes budgétaires dans les services publics, comme ils l’ont déjà fait ces 2 dernières années !

Grèce, Espagne, Portugal, toutes les coupes budgétaires dans les services publics n’ont pas amené les LGBTQI vers le chemin de l’égalité mais au contraire celles-ci ont détruit toutes les conditions sociales et économiques nécessaires pour combattre les discriminations envers les LGBTQI. En Belgique aussi, ce n’est pas la casse sociale de nos services publics orchestrés par les partis au pouvoir qui nous mènera à « la cohésion sociale et au bien-vivre ensemble ».

Nous, Lesbiennes-Gays-Bisexuel(le)s-Transgenre-Queer-Intersexes ET Hétéros, devons comprendre et expliquer comment les politiques d’austérité sont totalement contraires à notre bien-être et vont renforcer les violences et les discriminations partout dans la société : au travail, à la maison, à l’école, dans les soins de santé, dans la rue… et au sein même de nos mouvements LGBTQI. Nous devons discuter et intervenir dans notre communauté qui a encore beaucoup trop d’illusions dans les partis pro-austérité quant à leur honnêteté à vouloir nous amener vers une réelle égalité et une société sans discriminations.

Après les élections, construisons un front de résistance contre l’austérité en allant chercher l’unité avec toutes les autres couches de la population qui rentreront en lutte contre les politiques de casse sociale votées et appliquées par les partis pro-austérité. Ces derniers ne nous représentent plus car ils créent les conditions favorables à la LGBTQI-phobie. Nous devons couper les liens avec les partis pro-austérité et (re)construire des organisations LGBTQI indépendantes politiquement et financièrement afin de discuter librement et démocratiquement d’une alternative à ce système économique et politique discriminatoire, le capitalisme, et en respectant notre planète.

Face à une classe politique qui a définitivement choisi son camp en défendant les intérêts des 1% les plus riches de la société et en redistribuant les miettes aux 99% dont nous faisons partie, nous devons chercher une alternative en dehors de ce système qui ne nous protège pas. Le Parti Socialiste de Lutte se bat contre les politiques d’austérité et pour une société réellement socialiste basée sur le partage des richesses. Il se présente à Bruxelles avec le Parti Humaniste sur les listes Gauches Communes au niveau fédéral et régional. En Flandre, le PSL appelle à voter PVDA+ et en Wallonie, à voter à gauche du PS et d’ECOLO, avec un appel explicite pour le PTB-GO à Liège et à Charleroi. Mais on vous donne surtout rendez-vous après les élections !

Contactez la commission LGBTQI du PSL à info@socialisme.be !