Brésil. Contre les putschistes : mobilisation générale pour nos droits et un changement radical !

Texte du tract distribué par LSR (Liberdade, Socialismo e Revolução, ASI-Brésil) lors des manifestations anti-coup d’Etat du 9 janvier 2022

Les violents troubles perpétrés par la horde bolsonariste dimanche à Brasilia doivent être fermement répudiés par toutes et tous. Bolsonaro doit lui-même être tenu pour responsable avant tout, et il doit payer pour sa campagne de coup d’État. Mais ce n’est pas tout.

Les événements de Brasilia devraient également servir à ouvrir les yeux de celles et ceux qui ont sous-estimé la gravité du moment que nous traversons et la nécessité d’une mobilisation indépendante de la classe ouvrière pour contenir l’extrême droite.

Ils devraient également convaincre les gens une fois pour toutes que c’est une erreur de compter sur le fonctionnement supposé « normal » des institutions comme moyen de contenir la menace bolsonariste d’extrême droite.

Ces institutions n’ont pas fonctionné pour contenir des attaques comme celles de dimanche. Ou peut-être vaut-il mieux dire qu’elles ont fonctionné comme elles le font toujours : d’une main de fer contre les travailleurs pauvres, noirs et en lutte et avec inaction, négligence ou connivence lorsqu’il s’agit de la droite et des laquais des grandes entreprises et de l’agrobusiness.

L’assaut de la place des « trois pouvoirs » (le Palais présidentiel, le Congrès et la Cour suprême) à Brasilia a bénéficié de la collaboration active de la police du district fédéral, de son secrétaire à la sécurité publique (l’ancien ministre de Bolsonaro, Anderson Torres) et même du gouverneur, Ibaneis Rocha, lui-même. Y a-t-il une surprise dans tout cela ?

Ibaneis et la police du district fédéral avaient déjà démontré auparavant leur connivence avec les putschistes. Leur absence criminelle face aux attentats contre le siège de la police fédérale le jour de la nomination de Lula par la Cour suprême (12 décembre) et la tentative d’attentat terroriste à l’aéroport de Brasília (24 décembre) par des bolsonaristes constituent des exemples frappants.

Mais il ne s’agit pas seulement de la complicité des autorités proches du mouvement bolsonariste. Il y a également eu de la lenteur, de l’indulgence ou de la négligence de la part des autorités du gouvernement actuel.

Le ministre de la défense nommé par Lula, José Múcio, avait publiquement défendu le supposé « droit démocratique » de manifester de ceux qui se tenaient devant les casernes pour réclamer un coup d’État militaire, ceux-là mêmes qui ont organisé des actes terroristes et des attentats à Brasilia dimanche. Il en va évidemment de même pour les commandants des forces armées qui ont toléré et fraternisé avec les rassemblements pro-coup d’État devant les casernes. Le président Lula lui-même et son ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Flávio Dino, ont sous-estimé le risque plus que prévisible de ce type d’attaque. De même, toute la confiance placée dans la Cour suprême et son chef, Alexandre de Moraes, ne s’est pas avérée suffisante pour contenir les initiatives de coup d’État.

Même avec l’intervention de la sécurité publique du gouvernement fédéral dans le district fédéral, la suspension temporaire d’Ibaneis Rocha et l’arrestation de centaines de participants aux attentats de Brasilia, la menace bolonariste n’est pas encore terminée.

Les tentatives de blocage d’avenues, d’autoroutes et de raffineries de pétrole Petrobras auxquelles nous avons assisté après les attentats de Brasilia, même si elles n’ont pas eu de conséquences majeures pour l’instant, montrent que les crapules bolsonaristes resteront actives dans la période à venir. Que faire alors ?

Nous devons nous préparer à une longue lutte contre l’extrême droite et pour nos droits, sans illusions ni faux espoirs dans les institutions et dans le régime politique actuel !

Aujourd’hui, il est plus évident que jamais que seule la mobilisation organisée de la classe ouvrière, démontrant sa force dans les rues et sur les lieux de travail, sera en mesure de contrer les coups d’État et les initiatives terroristes de l’extrême droite bolsonariste.

Nous saluons l’appel aux manifestations qui ont lieu aujourd’hui. Celles-ci auraient toutefois dû être convoquées depuis longtemps, au moins depuis les élections ou lors des premiers blocages de routes par les bolsonaristes pro-coup d’État. Cependant, il a été décidé au sommet du mouvement qu’il ne devait pas y avoir d’activités dans la rue afin de ne pas entraver l’élection et l’investiture de Lula. Voilà le résultat : l’extrême droite a progressé dans les rues sans aucune entrave. Il nous faut l’entrée action de la classe ouvrière en toute indépendance, préparée depuis sa base.

Ces manifestations doivent représenter un premier jalon dans un parcours de luttes qui doit se poursuivre, toujours en défense des droits démocratiques et sociaux et contre le coup d’État bolsonariste.

A partir d’aujourd’hui, des réunions et des assemblées doivent être organisées sur les lieux de travail, dans les écoles et les quartiers. Une mobilisation permanente à travers des comités de lutte doit être construite afin que nous ayons une capacité de réponse rapide face à de nouvelles tentatives de coup d’État et autres attaques, y compris l’autodéfense des organisations de la classe ouvrière et des mouvements sociaux.

Bolsonaro doit être tenu directement responsable des tentatives de coup d’État. Nous devons également exiger la punition des politiciens, des hommes d’affaires et du personnel militaire co-responsables. Des commissions populaires d’enquête et de dénonciation peuvent être organisées pour dénoncer la participation de ces couches aux actions du coup d’État.

Parallèlement à la lutte contre le coup d’État et contre toute forme d’amnistie pour les crimes de Bolsonaro et de ses complices, nous devons enterrer une fois pour toutes le projet de Bolsonaro et des capitalistes au Brésil. Cela signifie premièrement d’exiger l’abrogation des contre-réformes et des attaques réactionnaires de la dernière période, comme les contre-réformes du travail et de la sécurité sociale, le plafonnement des dépenses, les privatisations, l’indépendance de la Banque centrale, le budget secret, etc. Ces revendications ne seront satisfaites qu’avec une bonne dose de lutte de notre part et non par la bonne volonté du gouvernement.

Pour sortir le pays de cette crise, il nous faut un programme approfondi orienté vers une rupture anticapitaliste et socialiste, incluant la nationalisation des secteurs clés de l’économie sous le contrôle des travailleuses et des travailleurs. Un mouvement indépendant de la classe ouvrière et de la gauche socialiste, y compris le PSOL, doit défendre ce programme socialiste.

Seule la force organisée et mobilisée de manière indépendante de la classe ouvrière représente une garantie contre un coup d’État et contre l’extrême droite tout en assurant la concrétisation de l’espoir populaire d’un meilleur avenir. LSR (ISA au Brésil) fait partie de cette lutte ! Rejoignez-nous !

  • Il faut punir tous les responsables des tentatives de coup d’État à Brasilia et dans le reste du pays en commençant par Bolsonaro, les hommes d’affaires, les politiciens et les militaires. Il faut organiser des comités populaires pour dénoncer et enquêter sur les putschistes dans tout le pays.
  • Construisons une journée unitaire de luttes des mouvements syndical, populaire, étudiant, des femmes, des noirs, des LGBTQIA+ et des peuples indigènes contre le coup d’État de Bolsonaro, pour l’abrogation des contre-réformes et des attaques de la dernière période et pour une alternative de la classe ouvrière à la crise.
  • Organisons l’unité de la gauche socialiste, en toute indépendance du gouvernement, pour défendre une stratégie de lutte de la classe ouvrière et un programme socialiste comme alternative au capitalisme.

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