Elections communales: Y a-t-il un vrai choix?

A l’approche des élections communales et provinciales du 8 octobre, tous les partis se profilent comme des champions de la « bonne gestion ». Les 6 dernières années ont pourtant vu partout la même politique de régression sociale caractérisée par des coupes sombres dans les services à la population et dans le personnel communal.

Geert Cool

Les politiciens se servent sans vergogne

Le logement social a été sous les feux de la rampe suite aux scandales à répétition qui ont entaché le PS. Les médias ont décrit en long et en large les pratiques clientélistes du PS. Des mandataires PS ont accordé un logement social à des membres de leur famille, voire à eux-mêmes. Une enquête de la Société wallonne du Logement a révélé que 70% des attributions d’un logement social se faisaient en dehors de la procédure normale.

C’est aussi le cas à Bruxelles où des cas douteux d’attribution de logements sociaux à des mandataires communaux ont été révélés, notamment à Saint-Josse. Le bourgmestre Jean Demannez a même déclaré publiquement qu’il ne respectait pas la procédure légale d’attribution des logements sociaux sous prétexte qu’elle était « trop complexe ». En vérité, il veut favoriser la mixité sociale, c’est-à-dire faire venir des ménages à deux revenus pour renflouer les caisses de la société de logement sociaux et de la commune de Saint-Josse. C’est la négation même du principe du logement social. Mais les médias ont largement passé sous silence le fait que c’est le manque de logements sociaux qui est à l’origine de tous ces dysfonctionnements.

Les communes servent de vaches à lait pour les politiciens de tous les partis. L’ex-échevin PS carolo Lucien Cariat, inculpé pour malversations en tant que président de l’ICDI (l’intercommunale qui gère les déchets), gagnait 8.000 euros par mois dont la moitié en tant qu’échevin et l’autre moitié en divers mandats rémunérés dans des sociétés publiques, notamment la présidence de l’ICDI.

L’ex-député permanent PS du Hainaut Jean-Pierre De Clercq, contraint à la démission, continuera de toucher son salaire pendant 2 ans. S’il avait voulu, il aurait même pu disposer d’une voiture de fonction avec chauffeur pendant la même période…

Les libéraux du MR ne sont pas en reste. A Bruxelles, la Cour des Comptes a révélé que Georges Désir (bourgmestre sortant de Woluwé-Saint-Lambert) et Philippe Pivin (bourgmestre de Koekelberg) cumulaient respectivement 13 et 12 mandats rémunérés, ce qui fait d’eux les recordmen régionaux. En plus des mandats publics, il n’est pas rare de voir des politiciens siéger dans les conseils d’administration d’entreprises privées. Et ils voudraient nous faire croire d’ici le 8 octobre qu’ils sont proches de nous…

Quelle a été la politique des partis traditionnels ?

Pour éviter de devoir s’expliquer sur la politique menée, les partis traditionnels font tout pour transformer ces élections communales sondage de popularité individuelle. Les photos des candidats dominent la campagne à défaut d’un contenu qui prenne en compte les besoins réels de la population.

La libéralisation du marché de l’électricité a fait perdre aux communes 5% de leurs recettes. Elles ont évidemment récupéré cet argent ailleurs. Mais pas question de toucher aux projets de prestige, comme la nouvelle gare TGV de Liège, qui coûtent toujours plus que prévu.

On préfère économiser au détriment du service à la population et du personnel communal. Certaines villes comme Malines, fief du président du VLD Bart Somers, ont privatisé tout ce qui pouvait l’être. Mais ailleurs également, on recourt de plus en plus aux contrats précaires et à durée déterminée pour le personnel communal.

En outre, on néglige de procéder aux investissements nécessaires. Ne citons que le problème de la mobilité. Les grandes villes de ce pays sont saturées de voitures pendant l’heure de pointe. Pourquoi ne fait-on rien pour promouvoir des transports publics gratuits et de qualité afin de désengorger les centre-villes ? On n’a pas prévu de budget pour ça non plus.

Quel est l’enjeu du 8 octobre ?

Le 8 octobre, nous ne pourrons le plus souvent choisir qu’entre des partis traditionnels qui mènent tous la même politique néo-libérale, y compris sur le plan local. Les différents partis vont utiliser les élections pour renforcer leurs positions afin de se répartir les postes à pourvoir.

Du côté francophone, les élections seront un test pour le PS. Les scandales dans le logement social risquent de lui coûter de cuisants revers. Seule l’absence d’alternative lui permettra de limiter les dégâts. Certains verront sans doute le FN d’extrême droite comme une alternative, mais son président, Daniel Feret, se fait construire une villa à la Côte d’Azur avec l’argent de nos impôts…

Du côté flamand, l’attention va se focaliser sur les résultats du Vlaams Belang dans plusieurs grandes villes et dans les districts de la ville d’Anvers. Il n’est pas exclu que le VB y fasse des scores énormes, voire obtienne la majorité dans certains districts. Cela ne ferait qu’ouvrir la voie à une politique encore plus dure envers les plus démunis. Si nous n’avons aucune illusion dans le cordon sanitaire, nous nous insurgeons contre la politique que prône le VB. Il se pourrait que le VB entre dans certaines coalitions locales, surtout si les revers cuisants que promettent les sondages nationaux au VLD se vérifient aussi au plan local.

Face aux partis traditionnels, on aura besoin d’une autre politique. Si le choix offert par ces élections communales sera très limité, ça ne doit pas nous empêcher de construire une alternative. Le Comité pour une autre politique organise une conférence le 28 octobre pour lancer une nouvelle formation. C’est la meilleure occasion qui se présente à nous depuis longtemps de construire un instrument politique pour les travailleurs et leurs familles.

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