Contre le chômage, répartir le travail disponible

Par Geert Cool

32 heures, sans perte de salaire et avec embauches compensatoires

La ‘‘solution’’ des partis établis face au taux de chômage croissant consiste, d’une part, en une multitude de plans pour l’emploi destinés à fournir au patronat une main-d’œuvre subsidiée et, d’autre part, en une accentuation de la chasse aux chômeurs. Cela ne fait que contribuer au développement du fossé entre riches et pauvres. Avoir un emploi ne garantit plus aujourd’hui de sortir de la pauvreté.

Le 10 mars prochain verra les premières actions syndicales d’ampleur contre les attaques portées aux allocations de chômage. À compter du 1er janvier 2015, 50.000 personnes vont perdre leur allocation d’insertion, une mesure qui est un premier pas vers une limitation du droit aux allocations de chômage dans le temps. Les groupes les plus vulnérables sont d’abord frappés afin de donner le ton, pour ensuite généraliser l’offensive.

Il faut à l’avenir généraliser la protestation dès le début et élargir la résistance contre l’austérité et la dégradation de nos conquêtes sociales vers l’ensemble les travailleurs, les allocataires sociaux, les jeunes,… Une chose est claire dès à présent : les politiciens capitalistes veulent utiliser la période qui suivra le 25 mai (4 ans sans élection) pour lancer des ‘‘réformes’’ antisociales très dures. Disposer d’un large front de la résistance sociale sera, dès lors, une nécessité cruciale.

Nous pouvons unir les travailleurs avec ou sans emploi autour de la revendication offensive de la répartition du temps de travail. Cette question du partage du temps de travail tombe sous le sens : pourquoi se tuer à la tâche quand d’autres doivent littéralement supplier pour avoir un emploi ? Aujourd’hui, en grande partie dû à la généralisation du travail à temps partiel non désiré, on travaille en moyenne de 31 heures par semaine en Belgique. Pourquoi ne pas généraliser la situation et réduire la semaine de travail jusqu’à 32 heures ? Cela permettrait d’offrir un emploi à chacun tout en réduisant la charge de travail. Avec une semaine de quatre jours, de l’espace serait libéré pour s’investir dans ses loisirs, sa famille ou dans la société en général.

Bien entendu, une réduction du temps de travail ne doit pas conduire à une situation où ce que nous faisons actuellement en 38 heures s’effectuerait en 32 ! Cette réduction doit absolument être accompagnée d’embauches compensatoires et d’une réduction des cadences. Et sans qu’il y ait de perte de salaire bien sûr.

En outre, il existe un nombre extraordinaire de besoins sociaux actuellement insatisfait : il est possible de figurer sur des listes d’attente du berceau à la mort ! Répondre à ces nécessités est possible, ce ne sont pas les travailleurs qui manquent. Et l’argent ne manque pas non plus !

Une telle orientation exige de s’en prendre aux privilèges du patronat et des gros actionnaires. Une société du plein emploi où les nécessités sociales ne souffrent pas de la pénurie de main-d’œuvre et de moyens est possible, mais elle demande de rejeter la logique du profit et de la propriété privée des moyens de production. Nous défendons la nationalisation des secteurs clés de l’économie, de sorte que la production puisse être orientée vers la satisfaction des besoins de la population, plutôt que d’être parasitée par les intérêts d’une infime élite capitaliste qui utilise sa richesse pour spéculer ou investir dans d’exotiques paradis fiscaux. Organisons notre lutte et construisons un mouvement capable de renverser le capitalisme pour instaurer une société socialiste démocratique.

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Première page de Lutte Socialiste