Nouveau parti de gauche en Belgique: des semaines cruciales sont devant nous

Le 30 mars et le 1er avril se sont tenues à Bruxelles deux importantes réunions sur la construction d’une nouvelle formation politique de gauche. Des militants du MAS/LSP y ont participé en nombre et activement. Le défi est de lancer le 1er mai une initiative nationale, soutenue par des groupes locaux dans tout le pays.

Bart Vandersteene

Ce ne sont pas les arguments qui manquent pour lancer publiquement les discussions sur la nécessité d’un nouveau parti de gauche large. A Imbev, malgré un nouveau record en terme de profits, 232 travailleurs sont de nouveau licenciés tandis que trois managers ont reçu une prime de départ de 31 millions € (ce qui serait suffisant pour maintenir l’emploi de ces 232 travailleurs pendant 5 années…) La priorité apparaît clairement, surtout quand on sait que Jean Luc Dehaene est présent au conseil d’entreprise.

Ce n’est évidemment pas uniquement dans les salaires que nous remarquons le fossé grandissant entre riches et pauvres. Les profits record que font les entreprises illustrent les gigantesques moyens disponibles. Si seulement nous pouvions les utiliser pour une politique sociale! En 2005, Fortis a fait 3,9 milliards € de profit. Malgré cela, on y discute une diminution drastique de personnel: 13.700 emplois d’ici 2009. Ceci évidemment dans le but de faire encore plus de profits et non pas pour améliorer le service à la clientèle. Réaugmenter le budget de l’enseignement francophone jusqu’au niveau de 1980 –7% du PNB (Produit National Brut) à l’époque – exige 2,5 milliards €, chiffre bien en dessous du profit net de Fortis en 2005. La politique, c’est faire des choix, et pour nous ces choix doivent être complètement différents de ceux du patronat et de ses laquais.

Un parti qui dénonce cela, qui met le doigt sur la plaie, gagnera facilement l’attention de ceux qui seront confrontés dans un avenir proche à l’absence de moyens dans l’enseignement, aux assainissements, aux factures qui arrivent…

Le potentiel pour un nouveau parti croît quotidiennement. Certains continuent à avancer que des marxistes doivent s’orienter vers les partis “progressistes” actuels, tels que le PS. La base sociale pour reconquérir ce parti n’y existe plus. Comme l’activiste, scénariste et publiciste bien connu Michael Moore le disait: « Qui faut-il craindre le plus? Celui qui annonce qu’il va te dépouiller et qui le fait, où celui qui prétend être ton allié, mais te dépouille quand-même? »On ne peut qu’attendre des libéraux qu’ils défendent l’intérêt des riches et des patrons. Mais des ministres qui se prétendent socialistes et qui appliquent une politique néo-libérale donnent irrémédiablement envie de vomir.

La seule option de la gauche est de construire de toutes nos forces un nouveau parti qui choisisse de lutter en faveur des opprimés, des salariés, des pensionnés et des jeunes. Le MAS espère, avec d’autres, pouvoir offrir une alternative crédible et large aux travailleurs et aux jeunes lors des prochaines élections législatives. En avant pour le 1er mai, fête du travail et de la lutte des travailleurs!

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