Plan Vandenbroucke pour l’enseignement supérieur flamand. Ecoles en faillite et minervals astronomiques?

Plan Vandenbroucke pour l’enseignement supérieur flamand

Le nouveau projet de décret de financement de l’enseignement supérieur flamand, présenté par le ministre SP.a Vandenbroucke en décembre dernier, va mettre tous les étudiants et tous les membres du personnel devant des choix dramatiques. Ainsi les frais d’inscription d’un master-après-master (3e cycle universitaire) pourraient augmenter jusqu’à 25.000 euros et des centaines de licenciements menacent les travailleurs des universités et des hautes écoles.

Simon Van Haeren

Le projet de décret de financement est le successeur du décret structurel qui a introduit le système bachelor/master et qui a créé la base formelle pour l’application du processus de Bologne. Le nouveau projet a comme objectif premier de mettre l’enseignement supérieur flamand en accord avec le marché éducatif européen qui sera libéralisé en 4 ans (de 2008 à 2012).

Que prévoit le plan de Vandenbroucke?

La partie concernant le financement en dit beaucoup plus sur la nature réelle du processus de Bologne que tous ces beaux termes anglais qui ont été introduits les dernières années.

Sur le plan budgétaire, le gouvernement flamand refuse d’investir plus de moyens dans l’enseignement supérieur. Il n’y aura pas d’indexation à part entière d’ici 2012. Mais, à ces coupes budgétaires, s’ajoute une modification de la distribution des moyens et des clefs du système de repartition des moyens financiers.

Sur base de diverses simulations, il a été démontré que seule l’Université Catholique de Leuven (KUL) verra ses moyens augmenter de manière significative (18 à 23 millions d’euros de plus). En revanche, la Haute Ecole de Gand perdra 3 millions d’euros et l’Université de Gand gagnera seulement 3 millions d’euros. A Anvers et à Bruxelles, les pertes s’accumulereont: l’Université d’Anvers perdra 9 à 10 milllions et la Haute Ecole Karel de Grote 3 millions d’euros.

Bruxelles est la plus touchée avec 3 millions de moins pour la Haute Ecole Erasmus tandis que la Vrij Universiteit de Bruxelles (VUB) perdra pas moins de 10 à 12 millions d’euros. L’Université Catholique de Bruxelles (KUB) perdra 60% de son budget actuel et sera avalée par l’Association de Leuven (regroupant plusieurs Hautes Ecoles autour de la KUL). Entretemps, des versions encore plus alarmantes circulent selon lesquelles la VUB perdrait 27 millions d’euros…

Avec de telles restrictions, les institutions devront fortement réduire l’offre éducative. Et, à long terme, les frais d’inscription exploseront, même si ce n’est pas dit explicitement.

Quel programme pour la lutte?

Vandenbroucke joue le jeu de diviser pour mieux régner. La défedéralisation de l’enseignement a favorisé les plans de la bourgeoisie. Les attaques contre l’enseignement ne sont plus introduites simultanément dans l’ensemble du pays. Si Vandenbroucke réussit en Flandre, la Communauté française ne pourra pas rester en arrière. C’est le même raisonnnement qui est utilisé pour scinder la sécurité sociale.

Vandenbroucke joue aussi le même jeu au sein même de la Communauté flamande. Il essaie de faire avaler les coupes d’austérité en dressant les institutions scolaires les unes contre les autres. Diverses directions sont tombées dans le piège et négocient déjà aujourd’hui en coulisses avec Vandenbroucke la répartition des pénuries.

Cette tactique n’a rien à offrir aux étudiants ni au personnel. Les Etudiants de Gauche Actifs (ALS en Flandres) revendiquent le retrait du Decret de Financement et davantage de moyens pour l’enseignement. Ce n’est que sur cette base-là qu’une lutte unifiée peut être forgée. La revendication de la hausse des moyens financiers pour atteindre 7% du Produit Régional Brut, revendication avancée par la CGSP-VUB comme minimum absolu (face à environ 4% aujourd’hui) est un bon exemple pour avancer dans la lutte !

Pour jeter ce plan à la poubelle, il faut un plan d’action pour construire un rapport de forces contre le gouvernement flamand. Les manifestations régionales (le 16 mars à Bruxelles, le 29 mars à Gand et le 19 avril à Anvers) sont des rendez-vous très importants.

L’enseignement supérieur peut s’inspirer des luttes impressionnantes du secteur non-marchand. Après le Pacte de “Solidarité“ entre les Générations, qui a réduit le crédit de tous les partis, le gouvernement flamand dispose de peu de marge de manoeuvre dans la société. Nous devons profiter de ce moment…

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