Les travailleurs d’ArcelorMittal se rassemblent devant la résidence du premier ministre : ‘‘Réquisition et nationalisation!’’

Quelles perspectives pour le maintien de l’emploi ?

Depuis jeudi et les mauvaises nouvelles venues de la direction d’ArcelorMittal, les questions concernant l’avenir de la sidérurgie liégeoise sont sur toutes les lèvres, dans tous les médias. Une réunion des gouvernements fédéral et wallon se tenait ce vendredi matin, les syndicats devaient être reçus en début d’après-midi. C’est avec 400-500 travailleurs de Liège que les syndicats se sont déplacés, organisant ainsi un rassemblement devant la résidence du premier ministre. Une délégation du PSL était également présente en solidarité.

Rapport par Par Nico M., photos de Karim (Bruxelles)

Journée de discussion et de débat "Pour un syndicalisme de lutte!"

Le 16 février prochain se tiendra à Liège une journée de projection de reportages militants, de débats, de témoignages,… autour de la nécessité de renouer avec le syndicalisme de lutte, à l’opposé du syndicalisme de concertation actuel. Le programme complet de cette journée est disponible ici.

Ces nouvelles sont une fausse surprise, ce sentiment est largement répandu. La fermeture de la phase à chaud avait déjà soulevé le danger d’un démantèlement progressif en vue d’une fermeture totale du site. Mais à l’époque les politiciens, les ministres et une partie du sommet syndical comptaient sur les bonnes intentions de Mittal pour sauvegarder ce qui pouvait encore l’être à Liège.

Aujourd’hui, nos représentants sont bien obligés de l’admettre, ce que nous écrivions l’année passée s’avère être les bonnes perspectives : ‘‘le chaud menacé, ce n’était qu’une question de temps avant que le froid n’y passe aussi.’’ Une autre idée défendue par le PSL-LSP, celle de discuter d’un plan d’action en vue de la nationalisation du site, refait surface, plus fortement qu’il y a un an. Face à cela, les politiciens établis restent prudents dans leurs déclarations, de même que les médias dominants : ‘‘attention, une nationalisation est compliquée, voir illégale…’’ Ce que nous constatons, c’est que réquisitionner un site de production condamné pour sauvegarder l’emploi et entreprendre la reconversion vers une production socialement utile est interdit par la loi. Par contre, licencier à la pelle, condamner des régions entières, mener en bateau la classe ouvrière à cause de profits pas assez juteux, c’est légal et, en plus, c’est soutenu par la Sécurité sociale !

SNCB, FORD-Genk, ArcelorMittal, pénurie de fonctionnaires fédéraux (ils seront dans la rue le 7 février),… la crise apporte partout son lot de mauvaises nouvelles pour les travailleurs et leurs familles. Il est plus que temps qu’un plan d’action émerge afin d’unifier tous les travailleurs dans une lutte contre l’austérité et pour l’emploi.

Un plan d’action est nécessaire et réalisable !

Partout, on nous dit que rien n’est possible, que c’est l’Europe, que c’est la crise etc. Pourtant, en pleine crise financière, là où on nous rabâchait que les finances publiques connaissaient un déficit profond nécessitant des coupes brutales, ces mêmes ministres, ces mêmes partis ont tout de même trouvé des milliards à la pelle pour sauver les banques et… nationaliser Dexia.

A la sortie de la réunion, ce vendredi après-midi, la délégation a expliqué que le gouvernement était avec les travailleurs et qu’il allait chercher un repreneur. Les travailleurs ont scandé ‘‘réquisition et nationalisation !’’ Nous devons nous poser la question des objectifs réels du gouvernement. Cette question était présente au rassemblement. Après des mois de mensonges, doit-on se filler à ceux qui nous servent l’austérité et suppriment des postes de fonctionnaires d’un côté et, de l’autre, nous promettent soutien et solidarité pour sauvegarder l’emploi ?

Il est temps que les travailleurs s’organisent indépendamment, se rassemblent (comme c’est le cas lundi matin en AG du personnel à ArcelorMittal) et discutent de leur propre alternative et du plan d’action nécessaire pour l’imposer.

La question d’un repreneur privé n’efface pas le spectre des pertes d’emplois. Un nouveau venu tentera à coups sûr d’assortir son acquisition de conditions visant à baisser les coûts de production. Il est crucial que les travailleurs gardent le contrôle de l’outil afin d’éviter qu’une décision soit prise par-dessus leurs têtes. Un plan d’action peut poser les bases d’une telle occupation, en élisant un comité de lutte, en allant chercher le soutien dans la population, en maintenant l’outil en état de marche.

Une de nos forces, c’est notre nombre. Un bon plan d’action devrait aussi aborder la nécessité de lier les luttes entre elles. Pourquoi ne pas prendre contact avec les travailleurs en lutte des sous-traitants de FORD-Genk par exemple ? Ou avec les cheminots ? Ce genre de question pourrait être débattu à l’AG de ce lundi. Un plan d’action pourrait proposer une date pour un rendez-vous national, une grande manifestation contre l’austérité et pour l’emploi. Ces premiers contacts et un premier rendez-vous national seraient l’occasion de discuter et de planifier la suite du plan d’action.

L’année passée Nico Cué mettait à l’ordre du jour une suite de grèves générales de 24, 48 puis 72h contre l’austérité. Aujourd’hui rien n’a changé, les choses ont même empiré. De telles actions sont toujours nécessaires pour résister et illustrer en pratique qui crée réellement les richesses dans la société.

La volonté de lutter était très présente au rassemblement. Les questions portaient plutôt sur la manière d’organiser cette lutte. Les militants du PSL ont discuté des premiers pas réalisables dans l’immédiat, pour commencer à mettre à l’ordre du jour un tel projet. L’AG de lundi est cruciale pour un tel plan : discuter collectivement des pas en avant à faire pour renforcer la solidarité et passer à l’action. Les altercations avec la police au rassemblement ont montré deux choses : les premières mesures du gouvernement pour soutenir les travailleurs : gaz et autopompe. Et la deuxième : la combattivité des travailleurs qui ne sont plus prêts à reculer et à se taire. Un plan d’action c’est justement canaliser cette combattivité : la diriger vers la victoire des revendications des travailleurs.

Ils veulent nous imposer les conséquences de leur compétitivité, opposons leur la force de notre solidarité !

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