Débat sur le logement à Bruxelles-Capitale : Anja Deschoemacker affronte bourgmestres, échevins et secrétaire d’Etat des partis traditionnels

Pour les partis traditionnels, la loi sur la réquisition des logements vides n’est pas applicable, celle sur l’exclusion des chômeurs par contre…

Grande affiche ce mardi soir à l’initiative du syndicat des locataires, de la FGTB, d’Habiter Bruxelles asbl et de la CSC-MOC. ‘‘Pour le logement, que feront-ils s’ils sont élus ?’’ annonçait l’affiche. En première instance, les organisateurs n’avaient pensé qu’inviter les partis ayant des élus. Mais après avoir été contactés par ‘‘Gauches Communes’’ – qui mène une campagne remarquable à Jette, Anderlecht, Ixelles, mais surtout à Saint-Gilles – ils ont élargi le panel. Il y avait donc Anja (Saint-Gilles – Gauches Communes) face aux ‘‘spécialistes-logement’’ des partis traditionnels : trois bourgmestres, Vincent de Wolf (Etterbeek – MR), Hervé Doyen (Jette – CDH) et Didier Gosuin (Auderghem – FDF), l’échevine Françoise Dupuis (Uccle – PS, également Présidente du Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale) et enfin le secrétaire d’Etat au logement Christos Doulkeridis (Ixelles – Ecolo).

Par Eric Byl

Heureusement qu’Anja était présente : grâce à ses interventions, il a été possible d’avoir un réel débat. Car sinon, tous les spécialistes des partis traditionnels se sont d’accord sur l’essentiel : on a bien travaillé dans le passé, on ne peut rien faire d’autre, il est positif bien que la loi existe pour s’attaquer aux spéculateurs, mais elle est inapplicable et nous n’avons pas besoin d’une mesure, mais d’un savant mélange de toute sorte. A l’exception d’un peu de théâtre au sujet de désaccords qui n’en étaient pas vraiment, ils ont tous tenté d’occulter les conséquences de leurs politiques en se concentrant sur un débat technique, de pure gestion, vidé de tout contenu politique. Anja, par contre, a mis le doigt sur le fait que malgré toutes les promesses faites au cours des précédentes campagnes électorales, les partis traditionnels n’ont pas augmenté, mais bien diminué le nombre de logements sociaux !

Elle s’est aussi opposée à cette tendance à ne plus parler systématiquement que de logements publics et non plus de logements sociaux. Dans les faits, cela signifie de construire, c’est vrai, mais de plus en plus sans vouloir résoudre les problèmes sociaux des habitants mais avec en vue de les remplacer par d’autres habitants avec un revenu plus important. Sur ce point, elle a été rejointe par Dirk De Blok, candidat du PTB à Molenbeek, qui n’était pas à la tribune, mais qui à eu droit à une intervention à la fin du débat grâce à la brèche crée par ‘‘Gauche Commune’’ afin d’ouvrir le débat à des partis non traditionnels. Voilà une illustration des possibilités que pourraient ouvrir une réelle collaboration de la gauche.

Anja a été capable de focaliser le débat sur la question des moyens. Elle a obligé les partis traditionnels à admettre leur impuissance face à la crise du logement et face à la question sociale plus généralement. Dirk a eu le mérite de plaider pour une redistribution des richesses en faveur des couches défavorisées. Anja a eu le courage d’expliquer que tout en utilisant les compétences communales, qui ne sont pas moindres, il fallait aussi saisir la présence aux communes pour construire un mouvement de résistance au delà de celles-ci afin d’arracher les moyens nécessaires aux banques et aux spéculateurs, par la nationalisation des secteurs vitaux de l’économie. Sa contribution a été largement appréciée par le public, une bonne cinquantaine de personnes dont une dizaine est repartie avec notre journal et bien plus encore avec nos tracts.

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