Avertissements de Grèce

Allons à l’offensive contre le racisme et l’extrême-droite !

Ces derniers mois, on estime qu’il y a eu au moins 500 attaques violentes contre des immigrés en Grèce. Fort de son succès électoral, le parti néo-nazi ‘‘Aube Dorée’’ joue un rôle très actif dans cette violence. Après cinq années de récession et l’effondrement total de tous les services publics et du niveau de vie de la population, il existe un certain soutien pour la violence contre les bouc-émissaires que constituent les nombreux immigrés du pays. Environ 10% de la population est composée d’immigrés clandestins aux conditions de vie et de travail particulièrement difficiles.

La seule réponse des partis pro-austérité au gouvernement se limite à cueillir massivement les ‘‘illégaux’’ pour ensuite les parquer dans des camps militaires. Cette répression du gouvernement renforce la crédibilité d’Aube Dorée, qui considère ces camps militaires de détention comme des ‘‘clubs de vacances pour immigrés illégaux’’.

La crise et les politiques d’austérité ont provoqué une chute vertigineuse des conditions de vie, entraînant une explosion de la malnutrition et de la criminalité, et le gouvernement s’obstine à maintenir ce cap. L’opposition de l’extrême-droite se résume à attaquer les immigrés, alors qu’ils n’ont rien à voir avec les causes de la crise humanitaire qui frappe le pays. Par contre, les grands armateurs grecs (14 milliards d’euros de profit en 2011) peuvent dormir tranquilles. Aube Dorée parvient également à s’attirer un soutien relatif avec des distributions gratuites de nourriture pour les Grecs.

On ne peut pas compter sur la police pour mettre fin à la violence, au sein de laquelle les partisans d’Aube Dorée sont très nombreux. Aube Dorée a notamment délivré du carburant à des commissariats qui ne pouvaient plus effectuer leurs patrouilles faute de moyens… C’est une des nombreuses facilités accordées au parti néofasciste par la politique du gouvernement, qui organise une pénurie généralisée. Le mouvement ouvrier doit organiser l’offensive contre l’austérité en gardant en tête que faute de réponse collective, la lutte pour la survie montera les différents secteurs de la population les uns contre les autres.

La gauche et les militants syndicaux ne doivent pas tolérer qu’Aube Dorée puisse occuper les rues et imposer ses vues réactionnaires par la violence. Des comités de défense antifascistes doivent être créés, pour s’opposer au racisme bien entendu, mais aussi pour développer la lutte contre le terreau qui permet le développement d’Aube Dorée (passée de 0,45% aux élections européennes de 2009 à 6,92% en juin): le capitalisme et sa crise systémique. Le large soutien électoral qu’a réussi à s’attirer la coalition de la gauche radicale Syriza (26,89% en juin) exprime quel potentiel existe pour une telle approche. Si l’espoir d’un changement révolutionnaire est déçu, il existera alors un espace pour le désespoir contre-révolutionnaire et l’extrême droite.

Nous devons prendre au sérieux cet avertissement, car il existe des partisans organisés d’Aube Dorée en Belgique, comme les groupuscules néo-nazis Nation (du côté francophone) et N-SA (en Flandre). Sur le site de Nation, dans un article intitulé ‘‘La radicalité, ça paie’’, on a ainsi pu lire: ‘‘tant au niveau des méthodes de lutte politique que de la radicalité ainsi que de toutes les horreurs qu’en dit la presse, on ne peut s’empêcher de faire la comparaison entre Aube Dorée et NATION’’. Dans un autre article, l’auteur se réjouissait que ‘‘L’heure est arrivée de reprendre en main notre destin et de voir un beau matin une nouvelle Aube Dorée pour une Europe réelle.’’

La N-SA est très présente au sein du Vlaams Belang. Un de ses membres est président national du NSV, l’organisation étudiante officieuse du Vlaams Belang. Il s’agit de Rosiers Ruben, l’un des participants d’une tentative de raid violent contre un meeting des Etudiants de Gauche Actifs (cercle étudiant du PSL) en 2009. Un autre membre de la N-SA, Thierry Vanroy, siège au conseil de la jeunesse du Vlaams Belang. En bref, lorsque nous manifesterons en mars 2013 contre la manifestation du NSV à Anvers, ce sera contre des partisans déclarés d’Aube Dorée.

L’expérience grecque nous démontre une fois de plus que les arguments moralisateurs ou la confiance envers les partis traditionnels n’apporte rien. L’antifascisme que nous défendons est un antifascisme militant, qui lie la question du racisme à celle du capitalisme. Rejoignez-nous!

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