Les masques tombent. Le PS et le SP.a tournent le dos aux travailleurs… encore plus

Le PS et le SP.a continuent à défendre le Pacte des Générations et critiquent sévèrement les syndicats. Selon le PS et le SP.a les syndicats sont irresponsables et bornés. Ces deux partis ne reculent devant rien pour dénigrer le mouvement de protestation. Cela démontre une fois de plus que la FGTB ne peut plus compter sur le SP.a et le PS comme prolongement politique pour défendre les intérêts de ses affiliés au parlement et au gouvernement.

Karel Mortier

Dans presque tous les dossiers importants, le syndicat et le parti se trouvent face à face. L’Accord interprofessionnel (AIP) : trop peu pour la FGTB, le maximum qui était possible d’après le SP.a/PS. La libéralisation et la privatisation des services publics : la FGTB contre, le SP.a/PS pour, même si on en parle peu. Les chèques-services : la FGTB contre, le SP.a/PS pour. La politique de suspension des (jeunes) chômeurs etc…

Le SP.a et le PS disent qu’on ne peut plus discuter du contenu du Pacte des Générations, mais seulement de sa mise-en-œuvre. Le SP.a et le PS ignorent superbement les 100.000 manifestants du 28 octobre contre les projets gouvernementaux. Le SP.a dit que le mécontentement vis-à-vis des projets gouvernementaux n’est dû qu’à la mauvaise communication du gouvernement et aux mensonges des syndicats.

Le SP.a ne manque pourtant pas d’expérience en matière de communication et de statégie médiatique. Il y a quelques années, n’a-t-il pas fait du chef de son agence de marketing, Patrick Janssens, son président ? En outre, le gouvernement pouvait compter sur presque tous les journalistes qui avalaient sans critique ce que le gouvernement leur racontait. La seule critique des médias portait sur le fait que le gouvernement n’était pas assez ‘ambitieux’ (c’est-à-dire que l’offensive contre les prépensions devrait être plus dure). Il n’y avait pas davantage d’opposition au parlement : le CD&V et le CDH se sont tus et le VB a trouvé que tout cela n’allait pas encore assez loin.

Le problème n’est donc pas la communication. Et si c’était le contenu ? L’ABC de la communication et du marketing est que la communication n’est d’aucun secours si le produit ne vaut rien. C’est ce que les filles et fils de pub du SP.a devraient peut-être rappeler à leur président.

La social-démocratie tourne le dos à la gauche

Le SP.a utilise toutes les ficelles pour faire taire les voix discordantes. Il tente de faire passer la FGTB pour un allié objectif du VLD qui, soit dit en passant, siège avec le SP.a dans le même gouvernement. Ce dernier répond aux critiques en déclarant : « Qui tourne le dos à la gauche, lorgne vers la droite » ou encore le plus classique: « Sans le SP.a et le PS ce serait encore bien pire. ». D’après Renaat Landuyt, c’est “le bas-ventre qui s’insurge contre la tête” et d’après Vande Lanotte, “les protestations sont dictées par l’angoisse”. Di Rupo ne semble pas être affecté du tout par ce que disent les syndicats.

Le PS voit même dans ces discussions une occasion de se distancier de la FGTB. Le PS compte ainsi attirer des gens qui ne se reconnaîssent pas dans un syndicat ‘archaïque’, mais qui seraient prêts en revanche à voter pour un ‘PS modernisé’. Les scandales qui traversent le PS en ce moment ne contribuent cependant pas à façonner l’image d’un parti ‘modernisé’. Le SP.a a encore franchi une étape dans «son opération d’élargissement». Cette fois, on nomme carrément un banquier Secrétaire d’Etat, alors qu’il n’a jamais été membre du SP.a.

Ce qui frappe dans toute cette discussion, c’est l’absence d’opposition au sein de la social-démocratie. Hormis quelques foyers de résistance très isolés, c’est le calme plat. L’absence de débat interne ou d’opposition sur des points essentiels fait que des initiatives à petite échelle retiennent quelque peu l’attention des médias.

Il est devenu clair au fil de cette discussion que les militants de la FGTB ne pèsent pas au sein du SP.a. Sinon la direction n’aurait pas réagi avec une telle brutalité. Même le chef de file de la FGTB doit concéder qu’il n’a absolument rien à dire au bureau politique du SP.a. Quel militant syndical pourrait alors bien y avoir quelque chose à dire ?

Il est temps que le sommet syndical tire les conclusions qui s’imposent et, comme ses membres le font déjà, rompe avec le SP.a et le PS. Cela peut ouvrir la voie à un nouveau parti des travailleurs qui défende réellement les intérêts des membres des syndicats!

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