Nos villes ne sont pas à vendre !

Le livre ‘‘L’Empereur d’Ostende’’ dévoile la manière dont l’actuel vice-premier ministre Johan Vande Lanotte (SP.a), par ailleurs également ministre de l’économie, a pris ses décisions politiques à Ostende. Cette ville est allée très loin dans la vente de son secteur public et le nombre de régies communales autonomes a littéralement explosé. La frontière entre ces entreprises communales et le secteur privé est extrêmement ténue, la plus grande différence résidant dans le financement public, qui reste souvent intacte concernant les pans de l’activité réalisés à perte.

C’est dans cette optique qu’a été créée la Régie communale autonome du port d’Ostende (pour gérer le développement du port), la Régie communale autonome pour la Rénovation urbaine d’Ostende (afin de rénover le casino-Kursaal et de construire un complexe commercial avec appartements, le Nieuw Helmond) ou encore la régie communale autonome Vismijn (concernant le marché de la pêche). Sur base de ces entreprises, d’autres ont encore été créées sous forme de sociétés anonymes ou de société à responsabilité limitée. La structure des régies autonomes communales comprend 22 entités à Ostende.

De cette manière, le pouvoir décisionnel a été transféré du conseil communal à un organisme composé de représentants des conseils d’entreprises des régies autonomes, à des technocrates non-élus. Cela a offert de grandes possibilités de profits aux partenaires privés tandis que le secteur public se contentait de payer la facture sans sérieuses vérifications de la gestion.

La politique communale d’Ostende privilégiait les entreprises, notamment dans le secteur de la construction ou celui de l’énergie éolienne, au lieu de développer un bon secteur public. Seuls les services sociaux d’aide aux personnes âgées ont été choyés afin d’obtenir suffisamment de voix. La rénovation de la ville a résolument opté pour des appartements de luxe, mais la Régie communale autonome pour la Rénovation urbaine est entrée dans le rouge, et les autorités ont dû vendre des terrains intéressants, au grand plaisir de groupes d’agriculteurs privés.

Le ministre Vande Lanotte a tout fait pour obtenir du soutien pour ‘‘ses’’ dossiers, comme sur la question des parcs éoliens offshore en mer du Nord, qu’il a géré à la fois en tant que directeur de plusieurs sociétés privées concernées et en tant que ministre de la mer du Nord. Les auteurs du livre affirment que “Il semble que la limite entre l’entrepreneuriat public et privé est devenue de plus en plus floue chez lui, jusqu’à devenir à certains moments totalement inexistante”.

Ostende n’est pas un cas isolé, ce n’est qu’un exemple des conséquences du néolibéralisme sur nos villes. Cette approche favorise les projets de marketing et de prestige ainsi que les entrepreneurs en organisant le pillage des services publics, au détriment des couches les plus démunies de la population. Certaines catégories sociales tombent littéralement dans l’oubli. A Anvers, même l’enseignement est concerné par les régies communales autonomes. Nos villes sont véritablement vendues au privé.

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