Ecole d’été du CIO : Le rôle révolutionnaire des médias

Lors de l’édition 2012 de l’école d’été du Comité pour une Internationale ouvrière s’est tenue une discussion sur le rôle des médias et la manière de les utiliser pour les militants marxistes afin de diffuser nos idées le plus possible. Voici ci-dessous un bref rapport de cette commission.

Par Tiphaine, Gauche révolutionnaire (CIO-France)

Il nous faut utiliser toutes les méthodes pour entrer en dialogue avec la classe des travailleurs, comme avec les nouvelles méthodes que sont internet, facebook et tweeter. Les réseaux sociaux comme facebook permettent de populariser nos évènements et de contourner la presse bourgeoise. Des débats publics se mènent à petite échelle,… Parfois, certains journaux peuvent d’ailleurs reprendre des informations sur les comptes de nos sections car, à cause des coupes budgétaires, les journalistes des journaux bourgeois utilisent de plus en plus souvent facebook et tweeter pour obtenir des infos. En Grande Bretagne, il existe plusieurs exemples de prise de contact avec l’organisation par l’intermédiaire de facebook et tweeter. Bien entendu, tout cela ne peut en aucun cas remplacer le rôle d’une discussion face à face, mais ce sont des aides utiles.

On peut aussi utiliser des vidéos sur youtube et appeler à rejoindre à la fin de la vidéo. Mais les vidéos ne sont pas un support pour les analyses, à moins de mettre des vidéos de discours.

Contourner la presse bourgeoise a été utile dans les révolutions en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, où facebook permettait de faire circuler l’info plus directement et à l’étranger en contournant la censure. Les réseaux sociaux ont été mis en avant par les journalistes bourgeois presque comme une cause de ces révolutions ; mais ces réseaux ne changent pas la conscience, ce n’est qu’un instrument pour la révolution.

Les sites internet ont l’avantage de la rapidité, de pouvoir mettre beaucoup de contenu, de ne pas être cher et de permettre de cliquer pour nous rejoindre ou être en contact avec nous. Ils permettent aussi de diffuser la théorie marxiste parce que les vieux stocks de classiques disparaissent. Nos camarades belges par exemple ont un site spécial pour la théorie marxiste et ils traduisent chaque mois environ la moitié de socialism today (revue théorique des camarades Anglais et Gallois) en français et en flamand. Mais il faut faire attention aussi à ce que le site ne devienne pas qu’un site international.

Dans l’internationale, il y a des sites des sections des pays mais aussi des sites des sections locales. Le site socialistworld.net a à un certain degré un rôle organisateur, par exemple pour les campagnes de solidarité.

On peut faire des liens entre le journal et le site internet, par exemple les camarades Russes mettent dans le journal des versions courtes des articles de leur site avec l’adresse de l’article sur le site internet, ce qui permet d’avoir plus d’articles dans leur journal. Les moyens de communication électroniques ne s’opposent pas à la presse papier, et surtout ne remplacent pas les meetings, les discussions etc. La vente de la presse permet de rester en contact physique avec les jeunes et les travailleurs en leur proposant notre journal. Cela est non seulement extrêmement formatif pour els camarades, mais cela permet aussi de tâter le pouls de la société en quelques sortes. Souvent, nous devons convaincre de la nécessité d’acheter notre journal. Un des principaux arguments à mettre en avant est que nos publications ne sont pas que des analyses de gauche, ils comportent également des propositions concrètes pour faire avancer la lutte, des propositions de plans d’actions, de méthodes destinées à construire un rapport de force favorable à la classe des travailleurs,…

Les journaux capitalistes sont différents des journaux révolutionnaires en ce que les journaux sont pour les capitalistes une production privée qui permet de faire du profit. Ces journaux connaissent un certain déclin, les coupes budgétaires sont nombreuses (avec un impact sur la qualité de l’information) et le manque d’investissements est important. Même dans la presse de qualité, 60% des articles sont de simples reprises de communiqués de presse. Un des rôles parmi les plus fondamentaux de a presse bourgeoise est d’attaquer le mouvement des travailleurs, de critiquer les grèves, les luttes sociales,…

Les journaux révolutionnaires ont un but complètement différent. Par exemple en Angleterre et au Pays de Galles, notre journal (qui est un hebdomadaire) a été un élément important pour diffuser largement l’idée d’une grève générale de 24h, avec les principaux arguments à reprendre pour en parler autour de soi. En Irlande, notre journal a été crucial dans le cadre de la lutte contre la household tax afin de parler en profondeur de la stratégie et des tactiques de la lutte. Les ventes ont explosé pendant ces mouvements. Dans cette période de crise sociale, le potentiel pour le développement de notre presse révolutionnaire est véritablement gigantesque. Mais il est important de maintenir les ventes militantes également dans les périodes creuses, au risque de ne plsu être préparés aux périodes de lutte.

Chaque camarade doit lire, s’abonner au journal et le vendre, mais également s’impliquer dans l’écriture. Il est important de discuter en section du contenu du dernier journal, de faire des remarques pour améliorer nos publications, de discuter de ce qu’il faut développer dans de nouvelles éditions,… En Suède, malgré le fait qu’un nouveau journal sort chaque semaine, cela est systématiquement discuté dans les réunions de section.

La rédaction d’un article ne s’effectue pas de la même manière si on s’adresse à une personne lambda que l’on rencontrera lors d’une activité en rue, à un syndicaliste qui cherche à s’opposer de la meilleur manière à sa bureaucratie syndicale coincée dans un syndicalisme de conciliation ou encore à un membre du parti, ancien ou nouveau. Quand on écrit un article, il faut se poser les questions cruciales suivantes : que veut on dire et à destination de qui ? Nous devons varier les approches.

Notre presse peut donner confiance aux travailleurs en lutte en reprenant leurs propos afin de diffuser leur combat, parce qu’ils n’ont pas leur mot à dire dans la presse bourgeoise, parce que leurs bureaucrates ne les écoutent pas, etc. Lénine disait aussi ‘‘si une lutte est victorieuse mais n’est pas rapportée, elle perd 90% de sa valeur parce que les masses n’en tirent pas de leçons.’’ Ce travail doit être au centre de notre attention.

Les endroits où effectuer les ventes militantes n’ont rien d’automatique. Il faut discuter avec soin, collectivement, en section, où vendre, quand et à qui. Au lieu de se dire simplement ‘‘on va faire une vente tel jour à tel endroit’’, on peut plutôt se dire ‘‘tel jour, on va faire campagne sur tel sujet à tel endroit’’ en utilisant plus spécifiquement un article du journal.

Nous devons défendre la tradition de la vente militante et d’une presse payante, car le prix du journal représente une petite contribution politique. L’argent de la vente des publications sert à produire d’autres publications, et toujours dans le but de répandre nos analyses, news etc., mais cela permet aussi de concrétiser l’intérêt politique de la personne à qui on parle.

De petites forces, avec de grandes idées, peuvent faire de grandes choses en touchant les masses. C’est le défi auquel est confronté notre travail sur les publications.

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