Ecole d’été du CIO : comment construire les forces du marxisme révolutionnaire durant cette période de crise du capitalisme ?

Durant une pleine semaine, quelque 395 marxistes issus de pas moins de 31 pays différents se sont réunis en Belgique afin de tenir d’intenses discussions politiques et de partager les diverses expériences militantes qui ont pris place durant l’année écoulée. Cette école d’été du Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO) était la plus grande depuis des années, et les discussions y furent particulièrement instructives et formatives. Les points forts n’ont pas manqué au cours de toutes ces journées, mais le débat central fut sans aucun doute celui consacré aux tâches du mouvement ouvrier dans cette période de crise durable du capitalisme allant de paire avec une croissance des luttes et la possibilité de fondamentalement renverser ce système pourri.

Le Comité pour une Internationale Ouvrière organise tous les ans une école d’été, depuis de nombreuses années déjà. Ces derniers temps, cet évènement a progressivement quitté son caractère exclusivement européen pour devenir un véritable évènement mondial. Ainsi, cette année, des représentants de 31 pays étaient présents (le Comité pour une Internationale Ouvrière est actif dans 44 pays), parmi lesquels divers militants du Sri Lanka, de Malaisie, du Nigeria, du Kazakhstan, du Liban, du Brésil, des Etats-Unis, du Québec, d’Australie, de Hong Kong, etc. Nous avons également accueilli deux représentants du Frontline Socialist Party du Sri Lanka, un nouveau parti large de gauche qui a récemment rompu avec son passé marqué par le nationalisme cinghalais et désire maintenant discuter et entretenir des relations avec d’autres forces de gauche.

Il est bien entendu impossible dans un rapport aussi court que celui-ci de livrer une idée précise de la teneur des discussions, nous ne pouvons qu’effleurer les principaux thèmes à avoir été abordés. Des rapports plus détaillés seront toutefois publiés sous peu sur ce site.

L’un des premiers éléments soulevés à cette école de formation a été le fait que la crise profonde du capitalisme se poursuit et se dirige même vers une nouvelle chute. En conséquence, peu à peu, les illusions basées sur l’idée que cette crise ne serait qu’un bref orage économique vont disparaître. En Europe, la crise s’approfondit tandis que la menace de la désintégration de la zone euro devient une discussion sans cesse plus ouverte, un évènement inévitable dans le cadre du système capitaliste. Aux Etats-Unis, la reprise est bien plus faible qu’initialement espéré et l’économie chinoise connaît également un essoufflement. Les capitalistes eux-mêmes ne savent plus où ils en sont et n’ont aucune solution sérieuse sur laquelle se baser pour répondre à la crise.

Le contexte international actuel est aussi puissamment marqué par le développement des luttes de masse, avec la vague révolutionnaire du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord suivie par des mouvements à la fois aux États-Unis (avec la bataille du Wisconsin, puis l’irruption fantastique du mouvement Occupy) et en Europe (notamment au travers de grèves générales historiques en Grèce et au Portugal). Le potentiel de ces mouvements a été illustré par la chute des dictateurs Ben Ali (en Tunisie) et Moubarak (en Egypte). La suite de ces évènements a cependant clairement indiqué qu’une vague révolutionnaire ne se développe pas de façon linéaire. Sans instruments politiques propres aux travailleurs et aux pauvres, l’espace laissé vacant peut être (temporairement) investi par d’autres forces. La rapide croissance du soutien à la coalition de la gauche radicale grecque Syriza exprime que les développements peuvent être soudains et que la question d’un gouvernement réellement de gauche et de la politique qui devrait être la sienne (y compris face à la question de la monnaie unique) se pose jusqu’au sein de l’Europe.

La situation grecque et les perspectives pour les luttes dans ce pays ont pris une place prépondérante durant l’école d’été, avec des discussions très instructives et enrichissantes concernant notamment les propositions et revendications les plus correctes à mettre en avant aujourd’hui pour renforcer le mouvement. Certains points méritent encore certainement d’être approfondis mais toute cette discussion sur le programme concret que devrait adopter un gouvernement des travailleurs au sein de l’Union Européenne est neuve et est une expression de la radicalisation à l’œuvre en Europe.

L’école d’été n’a pas comporté que des sessions de discussion en plénière sur la situation internationale et l’Europe, mais aussi tout un nombre de commissions sur des sujets variés. Des discussions en comités plus restreints ont ainsi pris place sur les luttes étudiantes au Québec, le développement de la lutte des classes aux USA, la situation au Nigeria, au Brésil, au Sri Lanka,… A chaque fois, l’idée était d’expliquer quelles leçons tirer de situations spécifiques pour la formation des militants marxistes. Des commissions plus pratiques ont également eu lieu, au sujet du rôle de nos publications, de la manière d’organiser nos sections,… A côté de cela, de l’espace a été laissé pour des commissions consacrées aux leçons à tirer de thèmes historiques pour les luttes d’aujourd’hui. Une commission a été consacrée au 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie et un camarade grec a parlé des traditions révolutionnaires de son pays. Nous publierons des rapports d’un grand nombre de ces commissions.

Il est clair que nos sections à travers le monde ont pu se renforcer dans la période écoulée et peuvent dorénavant jouer un plus grand rôle dans les luttes. Cette situation est source de grandes expériences et toute une série d’analyses portant sur notre compréhension de la situation objective actuelle et de nos tâches au sein de celle-ci peuvent être affinées. Dès lors, l’enthousiasme parmi les participants n’était pas surprenant. Cet enthousiasme s’est notamment traduit par un appel financier très réussi pour notre internationale et par l’intérêt porté sur le matériel politique des différentes sections.

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