Environnement : il nous faut une planification socialiste !

Plus de 20 années se sont écoulées depuis que le sommet environnemental des Nations Unies (ONU) à Rio de Janeiro a mis en évidence le problème du changement climatique. La production de gaz à effet de serre a pourtant continué de grimper jusqu’à un niveau critique menaçant le monde de catastrophes environnementales continuellement plus importantes. Dans les pays capitalistes industrialisés, le fossé qui sépare les belles paroles des gouvernements et leur inaction politique est un gouffre sans fond.

Par Pete Dickenson

Les inondations dévastatrices au Pakistan en 2010 et l’ouragan Katrina aux États-Unis en 2005 ont mis en évidence la possibilité d’un changement climatique se manifestant dans des phénomènes météorologiques extrêmes. Toute l’idée qu’il s’agissait d’un problème pour les générations futures ‘‘seulement’’ a volé en éclat. Selon le météorologue Jeff Masters, ‘‘il est tout à fait possible que 2010 ait été mondialement l’année la plus extrême en terme de conditions météorologiques depuis 1816.’’ Des recherches consacrées à l’ouragan Katrina ont prouvé que le réchauffement de l’océan est responsable de l’apparition d’ouragans de plus en plus violents. Les preuves sont suffisamment nombreuses pour considérer les phénomènes météorologiques extrêmes comme découlant du réchauffement de la planète.

La gamme de prévisions de hausses possibles des températures est large (dépendant de la sensibilité supposée de la terre à la hausse des concentrations de gaz à effet de serre). L’estimation la plus extrême parle de 13,3 ° C, ce qui rendrait difficile de maintenir la vie sur terre. Ce résultat est statistiquement peu probable, mais le risque existe néanmoins bel et bien. La prévision la plus probable, une augmentation de 4°, est cependant toujours très dévastatrice.

On parle de l’alternative nucléaire face aux sources d’énergies émettrices de gaz à effet de serre, mais la catastrophe de Fukushima a rappelé les dangers du nucléaire. La centrale avait trois réacteurs nucléaires opérationnels au moment du tremblement de terre, et la fusion du combustible nucléaire a pris place dans les réacteurs 1, 2 et 3. Les bâtiments des réacteurs 1 et 3 ont été détruits par des explosions d’hydrogène, la vapeur a été évacuée dans les environs. Les retombées radioactives qui en résultent sont les pires depuis la catastrophe de Tchernobyl (1986). Le gouvernement japonais a annoncé qu’il faudrait au moins 40 ans pour nettoyer et désaffecter l’usine.

Sur le long terme, le stockage des déchets nucléaires est un problème encore plus important. Les déchets seront radioactifs pour 100.000 ans et pourtant, aucune méthode de stockage totalement sure n’a encore été conçue ! Les sommets internationaux se succèdent et ne sont que de lamentables échecs. La conférence de l’ONU de Durban s’est ainsi terminée avec pour seul espoir qu’un éventuel nouvel accord vienne remplacer le traité de Kyoto (qui prendra fin en 2012) pour entrer en vigueur en… 2020. Aucun autre accord ne sera mis en œuvre avant cette date.

S’attaquer au réchauffement est pourtant simple : aucune nouvelle avancée technologique n’est obligatoirement requise. Tout ce qui est nécessaire pour cela est l’adoption plus large et le développement de technologies existantes basées sur le vent, les vagues et l’énergie solaire, l’expansion des transports en commun, l’élaboration du réseau ferroviaire afin que les courtes et moyennes distances de voyage aérien puissent être réduites et ensuite remplacées, la conversion de l’industrie automobile à l’utilisation de sources d’énergies renouvelables,…

Mais ce n’est qu’en éliminant le pouvoir des grandes entreprises que ce programme peut être réalisé. Cela signifie, qu’il faut nationaliser les principales industries qui dominent l’économie. L’économie de marché et de concurrence détruit l’environnement. Nous avons besoin d’une autre organisation de la production, d’une planification démocratique rationnelle, ce qui présente d’énormes avantages du point de vue des économies d’énergie.

En ne prenant aucune résolution significative depuis 20 ans, les représentants du système capitaliste et de l’économie de marché ont créé une situation où certains des effets du réchauffement climatique sont irréversibles. Indépendamment des évènements à venir, les conséquences de leurs actions peuvent être classées aux côtés des plus grands crimes du capitalisme, comme les guerres impérialistes du XXe siècle. Afin d’éviter les pires effets du changement climatique, une action décisive doit être prise maintenant, mais cela ne se produira pas à cause des rivalités entre les principales puissances industrielles.

Ce changement radical repose donc sur les épaules du mouvement ouvrier international pour mettre en œuvre un programme pouvant s’attaquer aux changements climatiques – en remplaçant le capitalisme par un système socialiste démocratique.

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Première page de Lutte Socialiste