Nos aînés livrés à la soif de profits du marché immobilier

Puisque le gouvernement ne trouve pas nécessaire d’investir suffisamment de moyens afin de faire face aux besoins urgents de soins pour les personnes âgées, la porte est ouverte pour que des fonds immobiliers construisent des maisons de repos privées avec pour objectif de réaliser d’énormes bénéfices. Après la pénurie de places dans les crèches, les écoles, les logements sociaux ou sur le ‘‘marché de l’emploi’’, on voit maintenant également apparaître une pénurie de places dans les maisons de repos et de soins. Il s’agit d’un exemple de plus qui illustre que la société capitaliste est en pleine faillite.

Selon le quotidien flamand De Standaard, entre 1.600 et 3.000 nouveaux lits sont nécessaire chaque année dans les maisons de repos. Le Bureau du plan prévoit que pas moins de 600.000 personnes âgées vont s’ajouter aux chiffres déjà grands de personnes qui devraient bénéficier d’un accueil au cours des 50 prochaines années. Face à cela, les autorités publiques ferment leurs yeux. Les moyens diminuent alors que l’offre augmente dans de nombreux domaines, ce qui rend tout à fait réaliste de passer sa vie sur liste d’attente !

Faute d’une intervention des autorités, de grandes opportunités sont ainsi laissées au secteur privé, pour qui cette demande de places résonne comme autant de pièces tombant dans les poches des actionnaires. Les fonds immobiliers sont très actifs sur le marché des soins aux personnes âgées, sans que le respect de nos aînés ne sont le moins du monde leur priorité. Auparavant, la société immobilière Cofinimmo était la plus puissante sur le marché immobilier des espaces de bureaux. Cette société immobilière belge est maintenant en passe de devenir en seulement quelques années le plus grand acteur sur le marché européen des maisons de repos. Les maisons de repos sont évaluées à 34% du portefeuille de la société, les bureaux tombant ainsi à 50%.

Le secteur immobilier des maisons de repos est particulièrement attrayant, aux dires du De Standaard. Le journal écrit: "La ‘‘chance’’, c’est que la demande est forte et non cyclique. Par conséquent, l’occupation des bâtiments est garantie à 100 pour cent. Dans les immeubles de bureaux du portefeuille de Cofinimmo pour cette année, seuls 93% des possibilités étaient occupées. Les problèmes dans le secteur de l’immobilier de bureau ont augmenté ces dernières années en raison de la crise économique et d’une offre excédentaire provoquée par la spéculation.’’ Le secteur de l’accueil des personnes âgées est donc considéré comme un juteux refuge pour ces rapaces.

Il s’agit cependant d’un refuge bien relatif. Avec la crise économique et la politique d’austérité, le niveau de vie des personnes âgées est menacé. De même, comment les travailleurs d’aujourd’hui – de plus en plus condamnés aux contrats temporaires, précaires et faiblement rémunérés – pourront-ils s’offrir une place dans une maison de repos privée ?

La société Cofinimmo ne se limite pas aux maisons de retraite. En France, elle investit également dans les hôpitaux psychiatriques et les centres de convalescence. La société n’a pas encore franchit l’étape des hôpitaux, trop gros et trop difficile à réaffecter. En refusant d’investir suffisamment de moyens dans le secteur des soins de santé et en laissant les sociétés immobilières privées et les spéculateurs avides de profit s’en charger, les autorités jouent avec l’avenir même de nos soins de santé. Ce secteur n’est-il pas trop important que pour être livré comme proie à cette même logique capitaliste qui est responsable de la crise économique actuelle ? Il nous faut de toute urgence un plan d’investissement massif dans le secteur public des soins de santé et de l’accueil aux personnes âgées. Mais pour cela, nous n’avons rie à attendre des partis traditionnels, tous acquis à la logique de l’économie de marché et de la concurrence.

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