Obsolescence programmée: tromperies du capitalisme et nécessité du socialisme

Pour toujours plus augmenter leurs profits, de grandes multinationales conçoivent volontairement des produits à durée de vie expressément limitée, ‘‘prêts à jeter’’, c’est-à-dire prêts à être rachetés ! Cette scandaleuse mais omniprésente facette du système capitaliste pose clairement la nécessité d’une économie démocratiquement planifiée, par et pour la population, une société orientée vers la satisfaction des besoins de tous et non la soif de profit du privé.

Par Nicolas P. (Bruxelles)

Il semblerait que le premier produit à avoir été massivement touché par l’obsolescence programmée est l’ampoule électrique (à incandescence). Face à la durée de vie des ampoules (2500 heures en 1924) les groupes industriels (regroupés sous le cartel Phoebus) introduisent le 23 décembre 1924, un règlement interne qui limite à 1000 heures la durée de vie maximale (usant de sanctions contre les entreprises qui n’obéiraient pas). Par la suite le principe est généralisé aux bas nylons, aux appareils électroménagers, aux objets électroniques et est massivement pratiqué en informatique (ordinateurs, imprimantes…). Les cartouches d’encres sont par exemple pour la plupart munies d’une puce, qui annonce un niveau d’encre insuffisant alors que la cartouche est encore remplie. Certaines imprimantes sont d’ailleurs également munies d’un compteur qui bloque l’appareil après un certain nombre de feuilles imprimées. Des entreprises comme Apple, qui jouent niveau marketing sur une image ‘‘jeune, cool et écolo’’ limitent en réalité volontairement la durée de vie des composants (par exemple les batteries d’Ipods) rendant ainsi le produit inutilisable après quelques années.

Le système capitaliste qui vise par tous les moyens possibles des profits juteux pour une infime minorité, constitue à nouveau nettement un frein au progrès technique, social et économique. Détruisant sciemment le travail d’ingénieurs et de scientifiques, ces grandes entreprises utilisent la population uniquement comme un troupeau de consommateurs et ne se soucient absolument pas des conséquences sociales et écologiques de leur pratique.

Les néolibéraux et le patronat, souvent en dernier recours pour défendre leur système inégalitaire, prétendent souvent que le libre marché et la concurrence permettent un nivellement vers le haut…de la qualité des produits ! Voici maintenant ces pompeux défenseurs du libéralisme bien pâles face à l’écrasante force des conséquences de leur système économique.

De l’autre côté, on entend souvent à gauche l’expression de ‘‘con-sommateurs’’ pour caractériser la consommation frénétique et le consumérisme de notre société. On peut comprendre l’indignation ressentie face à ce gaspillage et à cette course pour des objets parfois plus inutiles les uns que les autres, qui détruisent la planète et exploitent le tiers-monde. Cependant, ce slogan reflète un profond mépris pour les masses populaires, et manque cruellement de réelle analyse.

Qui est responsable de ce consumérisme ? Qui est responsable de l’obsolescence programmée ? Les patrons et les actionnaires. Les multinationales exploitent en réalité non pas seulement les ouvriers du tiers-monde, mais bien l’entièreté de la population ! Ils nous matraquent constamment de pubs, de préjugés, de critères de bonheur et de beauté,… Regorgeant de créativité, ils tentent de trouver des acheteurs, afin d’engranger toujours plus de bénéfices. Un des ces moyens fut d’ailleurs le crédit de masse, dont on a pu voir les conséquences…

Tout comme le racisme n’est pas la responsabilité des travailleurs qui votent pour l’extrême droite par manque d’alternative mais bien celle des PDG d’entreprises qui délocalisent malgré les bénéfices, pour l’obsolescence programmée c’est le 1% riche de la population et le patronat qui sont responsables !

Alors, comment répondre à cette politique du patronat ? Certains défendent l’idée de lois, d’associations de consommateurs, etc. Même si nous sommes favorables à ces choses, elles ne seront jamais suffisantes pour mettre un terme à la voracité des riches. Ils les contourneront comme ils l’ont déjà fait cent fois, achèteront les dirigeants des associations de consommateurs, paieront des avocats, lâcheront un peu de leste, mais finiront toujours par continuer à profiter.

Les travailleurs et les consommateurs ont une lutte en commun à mener pour que la production soit contrôlée par la population pour le bien-être de tous et non plus pour les profits de quelques-uns. Une économie démocratiquement planifiée permettrait d’utiliser chaque progrès technique pour améliorer la qualité du produit, les conditions de travail des ouvriers etc. les automatisations de certaines professions connaissent aujourd’hui (à raison !) l’opposition des travailleurs qui y voient un envoi direct au chômage et à la misère. Dans l’économie que nous défendons, de telles automatisations seraient au contraire un moyen de diminuer le temps de travail de chacun.

Seule une économie planifiée par des comités élus et révocables à tout instant peut assurer que le progrès technique soit synonyme de progrès social et non pas d’augmentations de dividendes et de misère. Une telle société est une société socialiste, à l’opposé des caricatures staliniennes, et c’est ce pour quoi se bat le PSL/LSP.

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