Grève contre les cadences de travail intenables – La direction de Lidl doit lâcher du lest

« Il y a trop peu de bras pour tout le travail. » Voilà comment un travailleur de Lidl résumait la situation au piquet de grève installé devant le magasin de Grammont. Au Lidl de Deurne Zuid, nous avons interviewé Dylan, délégué BBTK/SETCa, qui déclarait : « Le malaise n’a jamais été aussi grand. » Une vague de grève a submergé Lidl du 13 au 18 octobre. Au plus fort des actions, plus de 200 des 300 magasins étaient fermés !

Il n’existe pourtant pas de forte tradition syndicale chez Lidl. Mais l’attitude arrogante et scandaleuse de la direction n’a laissé aucun autre choix au personnel. Les magasins ont fermé les uns après les autres et les piquets de grève étaient très bien fournis. Il s’agit de la plus solide grève jamais observée chez Lidl.

La grève a suivi celle de 2018, quand s’était déroulée une semaine de grève pour obtenir plus de personnel. La direction avait promis de prendre des mesures et, en attendant celles-ci, chaque magasin a bénéficié de 42 heures de temps de travail supplémentaires par semaine. Mais aucune mesure n’a jamais été concrétisée et, à peine remis de la période du coronavirus, la direction a voulu réduire à nouveau ces 42 heures. Le manque de respect est total pour ce personnel qui fait pourtant partie des héros de la crise sanitaire.

Dans ce contexte, il y a eu une véritable révolte du personnel de Lidl. La direction s’est toutefois entêtée et a même envoyé des huissiers aux piquets de grève. Finalement, la direction a dû céder : les 42 heures supplémentaires par magasin sont maintenues et 14 heures supplémentaires viennent s’y ajouter pour tous les magasins tandis que les magasins en difficulté (avec un grand nombre de malades, une forte fluctuation du personnel ou un manque d’effectifs) obtiennent encore plus d’heures. Lidl promet également de faire passer l’équipe volante de 140 à 243 personnes (223 Équivalents temps plein).

D’autres éléments sont à nouveau renvoyés à la table de négociations. Il s’agit notamment du temps de travail, mais aussi de la question de la flexibilité. Un accord devrait arriver à ce sujet en mars 2022. Reste à savoir si cela se produira. La direction de Lidl a plus que montré ces dernières années à quel point elle n’était pas encline à tenir ses promesses. Entre-temps, le recours aux contrats à temps partiel afin d’accroître la flexibilité reste un problème majeur. Les bas salaires sont également une source de mécontentement. Lors des journées d’action contre la norme salariale de 0,4 % et la loi sur les salaires de 1996, la participation du personnel de Lidl était appréciable. La revendication d’un salaire minimum de 14 euros de l’heure est extrêmement populaire, d’autant plus que les revenus des cadres supérieurs de Lidl sont connus : tout au sommet, Dieter Schwarz se paie 1 milliard d’euros par an.

Les travailleurs sortent renforcés de cette épreuve de force. Jamais auparavant autant de magasins n’avaient fermé et autant de travailleurs n’étaient partis en grève. Lors du piquet à Deurne, Dylan, délégué BBTK/SETCa, faisait remarquer à juste titre : « Peut-être devrions-nous réagir avec l’ensemble du secteur. Chez Delhaize, de plus en plus d’aspects de l’organisation de Lidl font leur arrivée. Il y a l’arrivée de Jumbo dans le secteur, où c’est totalement le Far West. Les franchises exercent une pression sur l’ensemble des salaires et des conditions de travail. Nous devons riposter avec l’ensemble du secteur autour de nos revendications. »

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