Après la grève de la faim, reconstruire la lutte pour la régularisation par la solidarité


Le combat des sans-papiers contre les conditions de vie désastreuses auxquelles les condamne le statut d’illégaux ne connaît pas de répit. En 2020, ils ont été les premiers à sortir la lutte sociale du confinement. Les occupations politiques ont imposé leur combat au-devant du débat public. Mais la politique inhumaine mené par le gouvernement, a poussé les sans-papiers à entamer une grève de la faim. Face à ces circonstances dramatiques et aux mobilisations en soutien aux grévistes, Sammy Mahdi (CD&V) n’a cessé de répéter qu’il n’y aurait pas de régularisation collective ou d’exception. Finalement, un « accord » a été trouvé reposant uniquement sur des procédures individuelles, sans aucune certitude de régularisation.

Critères claires et permanents ?

Environ 150.000 personnes vivent sans papiers en Belgique. Leur régularisation est soumise à l’arbitraire le plus total. Des critères de régularisation clairs et permanents sont insuffisants. Établir une liste de critères signifie automatiquement que des personnes n’y correspondront pas. Sur quelle base reposerait l’exclusion ? Toute personne forcée à quitter son pays et à tout laisser derrière elle pour entamer un voyage dangereux, long et incertain doit avoir le droit de se construire une vie digne, qu’elle soit partie à cause de la guerre, de la famine, de la répression ou du manque de perspective économique. Nous attaquer également nous en prendre à la source du problème. Personne ne fuit par plaisir. Ce sont les ravages et les pillages causés par les multinationales dans le monde néocolonial qu’il faut combattre, pas les victimes de ces dernières.

Tant qu’il existera des personnes « illégales » soumises à l’exploitation la plus brutale, cela représentera une pression sur les salaires et conditions de travail de toutes et tous. Régulariser tous les sans-papiers est dans l’intérêt de tous les travailleur.euse.s. Nous soutenons la revendication syndicale qui exige de donner un permis de travail aux travailleur.euse.s sans-papiers et de protéger chaque personne désireuse de porter plainte contre un patron qui les exploite ou suite à des violences sexuelles. Cela renforcerait la lutte des travailleur.euse.s – avec et sans papiers – au boulot contre le dumping social, pour de meilleurs salaires ou en faveur de la réduction collective du temps de travail sans perte de salaire, avec embauches compensatoires et diminution de la charge de travail. Cela renforcerait également le combat contre les violences sexistes, racistes et LGBTQI+phobes dont les travailleur.euse.s sans-papiers sont souvent les premièr.e.s victimes.

Construire un rapport de forces par l’unité d’action

Le PSL/LSP continue à participer à la construction du mouvement tout en soulignant qu’une réelle victoire exige d’élaborer un plan d’action national qui se lie aux autres mouvements des jeunes et des travailleur.euse.s. Les occasions pour tisser ces liens de solidarité ne vont pas manquer dans la période à venir. La semaine dernière, plus de 15.000 travailleur.euse.s se sont mobilisé.e.s contre la loi sur les salaires alors que les prix explosent. La régularisation des personnes sans-papiers permettrait d’en finir avec leur exploitation clandestine qui participe aux pressions à la baisse sur nos salaires. Les mobilisations contre la crise climatique offrent aussi une occasion à ne pas manquer. Il suffit de considérer que, d’ici 2050, on estime que plus de 1,2 milliard de personnes seront forcées de fuir leur foyer en raison des effets de la crise climatique. La manifestation nationale pour le climat du 10 octobre constituera donc un moment crucial pour souligner l’importance de cette question.

Cette unité d’action est nécessaire pour développer le rapport permettant d’arracher de réelles victoires. Cela n’est possible que sur base d’un programme de revendications sociales et environnementales communes. Les migrations massives de ces dernières décennies sont directement liées aux ravages et à la misère nés de l’exploitation capitaliste. C’est pourquoi le PSL/LSP lutte en faveur d’un monde sans guerre ni exploitation et respectueux de l’environnement : un monde socialiste.

Régularisation immédiate et permanente de toutes les personnes sans-papiers!

● Jamais plus d’impunité policière ! Stop à la criminalisation des sans-papiers !
● Des solutions sociales pour les problèmes sociaux: il faut des investissements publics massifs dans l’enseignement, les soins de santé, les logements sociaux et la création d’emplois décents.
● Pour un salaire minimum de 14€/h pour toutes et tous. Répartissons le travail disponible en commençant par la semaine des 30h sans perte de salaire, avec embauche compensatoire et diminution de la charge de travail.
● Malcolm X a dit : “Il n’y a pas de capitalisme sans racisme”. Renversons le système capitaliste, un système d’exploitation économique qui sacrifie les intérêts de la majorité pour les profits d’une infime élite. Pour un monde socialiste, respectueux de notre environnement qui met fin aux guerres, à la misère et à l’exploitation !

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Première page de Lutte Socialiste