Contre la privatisation et l'élitisation des universités : une réponse combative des étudiants

A l’heure où l’austérité frappe de plus en plus durement les jeunes, les travailleurs, les chômeurs et les pensionnés, l’université libre de Bruxelles ne trouve rien de mieux que de siphonner les fonds alloués à sa « politique sociale » en utilisant le prétexte de rénovations (nécessaires) pour justifier la privatisation des logements étudiants ce qui via une augmentation des loyers, va toucher directement les étudiants les plus précaires. C’est à se demander quel projet d’université défendu par les autorités : une université d’élite pour les 1% les plus riche ou une soi-disant « université populaire et ouverte à tous » ? Les faits parlent d’eux-mêmes.

Par Adrien & Clément (EGA Bruxelles)

Il existe actuellement 1000 kots à étudiants géré par l’université (pour une demande annuelle de 7000 kots). Le bâtiment "les Courses", insalubre doit être rénové, c’est donc tout "naturellement" que l’ULB s’est tournée vers le privé pour rénover ces bâtiments. Or ces rénovations vont (par des mécanismes institutionnels) pousser à une hausse considérable des loyers, ceux ci passant de 250 euros à 340 MINIMUM. Par ailleurs ces loyers ne vont plus être perçus par l’université mais par Cofinimmo qui n’a rien d’une entreprise axé sur l’utilité publique.

Après la polémique vis-à-vis de l’écrêmage à l’inscription et des attributions sélectives des bourses à l’ULB en début d’année, voila que les universités se mettent (comme les libéraux en tout genre) à faire la chasse aux bénéficiaires des services sociaux. La hausse du loyer va directement restreindre l’accès aux études supérieures des étudiants qui n’ont pas les moyens de payer une telle somme et en fin de compte, accélérer le processus d’élitisation de l’enseignement supérieur. De plus l’ingérence du privé dans un domaine public aussi crucial que l’enseignement pose la question des missions réelles que comptent accomplir les universités. Les autorités contactées répondent qu’elles n’ont pas les fonds pour subvenir à une vraie politique sociale. Pourtant on ne compte plus les abus et les projets de prestiges qui minent les fonds de recherche et d’enseignement de ces institutions.

Contre la privatisation et l’élitisation de l’enseignement, les jeunesses syndicales de la FGTB de l’ULB ont appelées à une grève étudiante très relayée dans les médias et parmi les étudiants. Les Etudiants de Gauche Actifs soutiennent cet appel et le diffusent car EGA se bat activement sur ces questions depuis plusieurs années. Dans cette optique EGA a mobilisé activement ses membres pour soutenir le mouvement et militer ce jeudi 3 mai.

Cependant cette question, primordiale, des logements étudiants et leur accessibilité pour les étudiants boursiers se fond dans une question plus globale qui est celle de la gestion des universités et du sous-financement de l’enseignement. C’est pourquoi nous militons pour une université populaire, accessible et démocratiquement gérée par les travailleurs et les étudiants, qui sont les plus à même de connaître les besoins réels de l’université et de ceux qui la fréquentent et pour un refinancement à hauteur de 7% du PIB et permettre ainsi le développement d’une vraie politique sociale et pour une recherche et un enseignement de meilleure qualité accessible à tous, aux 99% qui ne doivent pas payer pour l’austérité et l’enseignement d’élite des 1%. Cependant ces mesures ne seront réellement applicables que si un mode de gouvernance autre que celui basé sur la rentabilité est développé. C’est pour cela que nous menons une lutte pour une alternative au mode de gestion capitaliste, pour des services publics qui répondent aux besoins de ceux qui les utilisent.

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