Le capitalisme tue la planète ! Préparons une mobilisation massive lors de la COP26 et luttons pour une alternative socialiste !

Nous vivons une période décisive dans la lutte contre le changement climatique. Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations unies publié récemment indique qu’au rythme actuel, nous nous dirigeons vers un réchauffement de 3 °C, soit bien au-delà de la limite de 2 °C fixée par l’accord de Paris pour éviter une catastrophe climatique.

Par Connor Rosoman 

Mais cette catastrophe se déroule déjà, avec des conséquences tragiques. À Zhengzhou, en Chine, 12 personnes sont mortes après avoir été piégées dans des wagons de métro inondés à la suite de pluies extrêmes. En Allemagne et en Belgique, des dizaines de personnes ont péri dans des inondations inédites. Aux États-Unis et au Canada, les grandes vagues de chaleur ont fait des centaines de victimes. Il est plus clair que jamais que nous devons agir maintenant, et pas dans 10 ou 20 ans.

À la lumière de cette catastrophe en cours, la COP26 de novembre à Glasgow en Écosse va poser des questions importantes sur la manière de s’attaquer sérieusement au changement climatique.

Depuis le dernier sommet, qui n’a fait que reporter toute action à la conférence de cette année, nous avons vu que les dirigeants capitalistes comme Joe Biden sont prêts à faire de grandes promesses sous la pression de la crise que nous vivons. Joe Biden lui-même n’a pas réussi à tenir nombre de ces promesses, notamment en matière de climat. Tout en jurant de « faire progresser la justice environnementale », il refuse d’agir contre les nouveaux oléoducs comme Line 3 et le Dakota Access Pipeline (DAPL).

Pendant ce temps, les uns après les autres, les participants à la COP26 liés aux grandes entreprises signalent que toute forme de « changement de système » est exclue de ces discussions. Il est clair que la conférence de cette année n’apportera aucune solution sérieuse aux travailleurs et aux jeunes confrontés au pire de cette crise. Mais elle sera une occasion importante de s’organiser et de construire la lutte pour de vraies actions.

Le mouvement pour le climat en 2021

La Grève de la Terre de septembre 2019, qui a représenté l’apogée du mouvement international pour le climat, a vu plus de 7 millions de personnes, principalement des jeunes, descendre dans la rue dans 150 pays. Depuis lors, le mouvement a connu un certain ralentissement.

Dans ce vide d’organisation, de nombreux jeunes ont cherché d’autres voies pour poursuivre le mouvement, vers des partis verts ou dans d’autres cas, vers des solutions individuelles, « au-delà de la politique », avec des organisations telles que Extinction Rebellion (XR). Mais sans une idée claire du changement de système ou des forces qui peuvent le faire émerger, ce type d’action ne sera pas en mesure d’apporter le changement décisif dont nous avons besoin.

De quel type de forces avons-nous besoin ?

Les premières vagues de grèves scolaires pour le climat allaient reposaient sur des mobilisations de masse des jeunes. Nous avons souligné la nécessité e se lier à la classe ouvrière organisée, en particulier dans les syndicats. Lorsque les travailleurs font grève, ils peuvent mettre la société à l’arrêt. Bien que des actions à plus petite échelle puissent avoir un certain succès, pour l’emporter véritablement, le soutien du mouvement ouvrier est essentiel. Des actions de grève coordonnées entre syndicats de différents pays pour mettre à genoux le système capitaliste pourraient véritablement changer la donne dans la lutte face au changement climatique.

Le mouvement de masse pour le climat devrait être lié à d’autres luttes des travailleurs et de la jeunesse : contre la répression de notre droit à manifester, contre l’oppression sexiste et raciste, contre les pertes d’emploi suite à la pandémie,… Cela soulignerait la responsabilité du système lui-même vis-à-vis du changement climatique. Le capitalisme est responsable des multiples crises auxquelles les gens sont confrontés en ce moment. Ce serait une étape importante non seulement dans la lutte contre le changement climatique, mais aussi pour faire de l’idée populaire de « justice climatique » une réalité.

La survie, c’est le socialisme

Cette devrait être liée à un programme clair de changement fondamental du système. Cela signifie de remettre en question le capitalisme et de lutter pour une société socialiste où les décisions sur ce qui est produit et comment seraient prises démocratiquement. Sous le capitalisme, où la production est basée sur la recherche sans fin de profits plus importants, l’impact écologique est traité comme une « externalité ». Cette focalisation sur le profit à court terme est une caractéristique intrinsèque du capitalisme. En conséquence, nous constatons que ce sont les grandes entreprises elles-mêmes qui contribuent largement à la destruction de notre planète, avec plus de 70 % des émissions de CO2 provenant des 100 plus grandes entreprises mondiales.

En outre, l’industrie alimentaire représente jusqu’à 26 % du total des émissions de gaz à effet de serre. La nourriture est surproduite massivement, même si des millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Cette situation est totalement insoutenable, mais tant qu’elle continuera à faire des profits, les entreprises agro-alimentaires poursuivront leur course destructrice.

La technologie existe pour remplacer rapidement les combustibles fossiles par des sources d’énergie durables telles que l’eau, le vent et le soleil, et pour produire des aliments selon des principes plus durables. Mais aucune entreprise ne sacrifiera ses bénéfices pour effectuer une telle transition de son plein gré.

Un programme socialiste sur le changement climatique impliquerait de mettre sous propriété publique et démocratique les grands pollueurs qui contribuent à l’écrasante majorité des émissions de CO2 – nous ne pouvons pas contrôler ce que nous ne possédons pas. Sur cette base, nous pourrions planifier la production d’une manière qui tienne compte de l’environnement et de la vie des travailleurs. Nous pourrions immédiatement commencer à nous attaquer aux émissions massives de gaz à effet de serre et au gaspillage généralisé du système actuel, notamment les déchets plastiques et la déforestation. Dans le même temps, nous pourrions protéger tous les emplois, en les reconvertissant et en en créant de nouveaux dans un programme massif d’emplois verts.

Commençons à préparer des manifestations internationales massives autour de la COP26

La crise climatique n’a pas attendu que nous nous sortions du COVID-19, mais celui-ci a montré que sous le capitalisme, la coopération internationale nécessaire pour faire face à une crise de grande ampleur n’est pas possible. Au lieu de cela, le coronavirus a pu devenir une catastrophe mondiale en raison de problèmes comme le nationalisme en matière de vaccins, les États capitalistes et les grandes entreprises privilégiant la concurrence et le profit plutôt que de faire ce qui est nécessaire pour combattre le virus. Plus généralement, la classe dirigeante a eu une approche réactive face au virus, sans aucune perspective ou planification pour le combattre efficacement.

Le dernier sommet de la COP a été accueilli par des manifestations massives de plus d’un demi-million de personnes. Nous devons commencer à nous organiser dès maintenant pour organiser des contre-manifestations massives lors de la COP26 en novembre, ainsi que des manifestations locales dans tous les pays du monde.

Une coalition COP26, impliquant des dizaines de groupes de campagne différents, a déjà commencé à préparer la mobilisation. Il s’agit notamment de mobiliser les travailleurs et les étudiants à grande échelle – les syndicats devront organiser leurs membres pour qu’ils se présentent en force, et les syndicats d’étudiants dans les écoles secondaires et les universités devront organiser le transport pour maximiser la participation. Cette manifestation doit être considérée comme le début d’un nouveau mouvement climatique plus fort, doté d’un programme d’action clair.

Au cours des prochains mois, Alternative Socialiste Internationale (dont le PSL/LSP et la section belge) va mobiliser pour les manifestations lors de la conférence, et nous organiserons également un cortège international pour mettre en avant la nécessité d’une transformation socialiste de la société. Nous sommes une organisation internationale parce que le changement climatique, comme tous les aspects du capitalisme, est une question mondiale – nous devons nous organiser au niveau international pour lutter, et il n’y a pas de temps à perdre !

Notre programme

  1. Pas de temps à perdre : il faut un virage radical et la fin de la combustion de combustibles fossiles pour la production d’énergie et de plastique au cours des prochaines années. Nous avons besoin d’aliments qui ne ruinent ni la planète ni notre santé. Cela exige des changements urgents et qualitatifs dans la production énergétique, industrielle, alimentaire et agricole, dans les transports et dans le logement.
  2. Les besoins des gens, pas les profits : Les solutions individuelles sont insuffisantes face à un problème global. La majorité des habitants de la planète n’ont tout simplement pas le choix. Même si nous nous comportions tous de manière extrêmement écologique, cela ne suffirait en aucun cas à résoudre le problème. Nous avons besoin d’un plan d’investissements publics massifs dans les énergies renouvelables ; dans des transports en commun publics de haute qualité, efficaces et gratuits ; dans des bâtiments et des logements écologiques pour tous ; dans le recyclage et la réparation de l’infrastructure. Tout cela est plus qu’abordable – pour autant que la richesse que nous produisons ne soit pas accaparée par une petite élite.
  3. Stoppons les 100 principaux pollueurs : Au cours des trois dernières décennies, plus de 70% des émissions industrielles de gaz à effet de serre ont été produites par 100 entreprises. Mais les grandes entreprises ignorent les recommandations ou la législation et les partis et politiciens établis sont leurs marionnettes. Nous ne pouvons contrôler que ce que nous possédons. Par conséquent, la première étape consiste à faire passer les grandes industries énergétiques ainsi que les grandes banques et les grandes entreprises de la construction, du transport et de l’agro-industrie des mains des capitalistes à celles du secteur public.
  4. Une société à notre service : Avec ces ressources, il est possible de libérer la science des limites du capitalisme et de la recherche de profits. Au lieu d’investir des milliards de dollars dans des subventions aux sociétés pétrolières, nous pourrions développer des technologies et des matériaux écologiques. Nous défendons le droit de chacun à un bon emploi et à une vie exempte de pauvreté, d’oppression, de dévastation et de destruction. Les grandes entreprises et leur puissance colossale doivent être contrôlés et gérés démocratiquement par la classe des travailleurs et la société dans son ensemble. Cela garantira qu’aucun emploi ne serait perdu, mais converti en emplois socialement utiles et sans perte de salaire.
  5. La planification, pas le chaos : Les programmes de “Green New Deal” ou de “Green Industrial Revolution” vont dans la bonne direction. Mais nous devons aller plus loin, au-delà des limites du système capitaliste. Au lieu de l’anarchie capitaliste de la production pour le profit, nous devons planifier comment utiliser durablement les ressources de la planète afin de répondre aux besoins de la majorité.
  6. Faisons grève ensemble : Ce sont les gens ordinaires qui souffrent le plus du changement climatique. Et c’est la classe des travailleurs qui a le pouvoir de changer l’histoire. Nous devons poursuivre les grèves des jeunes pour le climat et les élargir en tendant la main aux travailleurs et aux syndicats afin de nous unir dans une grève puissante : le blocage de l’économie capitaliste. Cela montre aussi notre potentiel pour prendre le pouvoir économique entre nos mains.
  7. Changeons le monde : Les êtres humains font partie de l’éco-système – le capitalisme n’en fait pas partie. Combattons le capitalisme pour le remplacer par une société reposant sur les besoins des gens et non sur les profits – une société socialiste démocratique ! Faites une réelle différence en rejoignant une alternative combative, internationaliste et socialiste !
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Première page de Lutte Socialiste