Non à la privatisation de la Compagnie anversoise des soins

Le Covid-19 a frappé particulièrement fort dans les centres de soins résidentiels, notamment là où il y avait trop peu de personnel. Le gouvernement flamand dispose d’une « liste noire » de 13 maisons de repos et groupes d’appartements de service présentant des problèmes récurrents. Douze d’entre eux dépendent du privé. Les centres de soins résidentiels aux mains du secteur privé reposent sur leur rentabilité, ce qui est désastreux pour les résidents et pour le personnel.

Le conseil communal d’Anvers veut maintenant privatiser la Compagnie anversoise des soins (Zorgbedrijf Antwerpen). Il s’agit d’une organisation faîtière qui, tout comme le Réseau des hôpitaux d’Anvers, est issue des anciens services du CPAS. La Compagnie anversoise des soins emploie 4.000 personnes et gère 45 centres de services, des services à domicile tels que le nettoyage, 3.750 appartements de service et 18 centres de soins résidentiels. La privatisation a pour but d’attirer des capitaux supplémentaires, de bénéficier d’avantages fiscaux et de préparer une extension vers le reste de la Flandre. Des capitaux privés sont attendus de la part de groupes immobiliers, d’acteurs majeurs du « marché » des centres de soins résidentiels et de la Participatiemaatschappij Vlaanderen (PMV), présidée par le conseiller communal anversois Koen Kennis (N-VA).

La Compagnie anversoise des soins sera scindée en une ASBL pour les soins et le personnel, une société privée pour la restauration, une société privée pour les services facilitaires et une société anonyme pour les biens immobiliers. Les syndicats ont dénoncé le bradage des soins dans une lettre ouverte contre la modification du décret du Parlement flamand, qui devrait rendre légalement possible la division déjà annoncée et votée de la société en question.

La vente de celle-ci est la prochaine étape de la commercialisation des soins. Il y a quelques années, le conseil communal avait déjà tenté de confier la prise en charge des sans-abri à une multinationale. Alors que la pandémie qui sévit depuis un an et demi a démontré l’importance de soins de santé publics axés sur les besoins des personnes âgées, le conseil communal d’Anvers regarde dans l’autre direction. Vooruit (ex-SP.a), partenaire de coalition de la N-VA, a déclaré qu’un bon système de soins de santé « ne peut se passer d’un soupçon de capitalisme ».
Selon Vooruit, le secteur privé gère également mieux l’immobilier que le gouvernement. Les liens étroits entre le conseil communal et le lobby de l’immobilier sont connus depuis un certain temps. Ils permettent non seulement aux grandes sociétés immobilières de réaliser des transactions très lucratives, mais ils signifient également qu’il n’y a pas d’investissement dans le logement social. En 2020, un total de seulement 29 logements sociaux ont été achevés, et le nombre total de logements sociaux a diminué pour la deuxième année consécutive. Quelle différence Vooruit fait-il dans la gestion d’Anvers ?

Les soins de santé devraient entièrement être aux mains du public. Mais pas pour que les gestionnaires publics puissent mener la même politique que dans le secteur privé, c’est-à-dire proposer les services les plus chers possibles avec un personnel réduit à peau de chagrin. La Compagnie anversoise des soins est déjà l’acteur public le plus cher sur le marché des « soins résidentiels ». La prise en charge publique est nécessaire si l’on veut qu’elle soit humaine et chaleureuse : permettre aux personnes âgées de profiter de leur vieillesse dans des conditions optimales, avec un personnel suffisant, respecté et assurant un service de qualité.

Stopper ce projet de privatisation exige de se battre. Ce sont les actions soutenues des travailleurs sociaux, des bénéficiaires du service, des étudiants et de toutes celles et ceux qui ont un faible pour le secteur social qui ont finalement empêché que la multinationale G4S ne touche pas au foyer pour sans-abri d’Anvers. Maintenant qu’il existe une large sensibilité sociale concernant le secteur des soins et les centres de soins résidentiels en particulier, il faut lancer une nouvelle campagne de masse avec un bon plan de bataille.

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