Critique. The Hunger Games

‘‘L’homme est un loup pour l’homme’’, voilà comment pourrait être résumée la mentalité de ‘‘Hunger Games’’, qui parodie notre monde actuel.

Les habitués des salles obscures ne sont pas étrangers aux mondes dystopiques et dérangés. L’année dernière sortait le frissonnant ‘‘Never Let Me Go’’ avec Keira Knightley et Carey Mulligan, et le mouvement Occupy et celui des Indignés ont redécouvert ‘‘V for Vendetta’’ (2006). ‘‘The Hunger Games’’, adaptation du premier épisode de la trilogie de best-sellers pour adolescents créée par Suzan Collins, n’a donc rien d’exceptionnel ou de particulièrement novateur. Néanmoins, l’attraction engendrée par l’héroïne bagarreuse Katniss Everdeen, incarnée avec subtilité et intelligence par Jennifer Lawrence, la mise en avant de thèmes tels que l’inégalité extrême, le manque de démocratie, la dictature, les tabloïds dépravés, la téléréalité,… fait écho avec une force insoupçonnée à nombre des thèmes du mouvement Occupy.

Par Laura Fitzgerald, Socialist Party (CIO-Irlande)

Cette vision du futur de notre monde est terrifiante. Chaque année, les Hunger Games sont organisés par l’élite dominante, et deux jeunes gens (les ‘‘tributs’’), sélectionnés chacun des 12 districts qui divisent les USA, sont forcés de se battre à mort, lâchés dans la nature, dans un répugnant jeu télévisé. Seul le dernier survivant gagne. Le prix ? Richesse et prestige. Katniss, de par sa vertu et sa profonde humanité, devient le symbole d’un potentiel changement, en devenant le premier tribut volontaire aux Hunger Games, en remplacement de sa jeune soeur qui avait été choisie.

Fille de mineurs d’un district désespérément pauvre, Katniss est confrontée aux habitants les plus riches durant son entraînement aux Hunger Games, qui promettent une mort inévitable à tous sauf un. Katniss, perplexe, se voit entièrement épiler et teindre le corps et les sourcils pour une interview avec un présentateur de jeu télévisé malsain. Le fait que la beauté de Katniss est bien plus prononcée sans tous ces fards destinés à l’objectif pervers des caméras voyeuristes n’a rien d’une coïncidence.

Katniss, dont la mort du père dans un accident minier a fait d’elle la seule source de revenus de sa famille, est une survivante. Son innocence et son talent durant les Hunger Games se mêlent de manière touchante à la solidarité humaine dont elle fait preuve lorsqu’elle se lie d’amitié avec une jeune tribut noire.

L’apparence et les costumes ont une valeur symbolique dans le film. L’apparence presque grotesque des citoyens les plus riches, habillés d’une manière ostentatoire et couvert de maquillage clownesque, est faite pour renforcer le contraste entre la richesse et la pauvreté extrêmes. Les riches apparaissent colorés mais ridicules, et les pauvres, dans leurs haillons bruns et gris, semblent accessibles et humains. L’attente de la classe dirigeante d’un esprit de lutte effrénée pour la vie durant les Hunger Games parodie le monde d’aujourd’hui dominé par le système capitaliste accablé par la crise, où l’austérité et sauvagement imposée peu importe le coût humain.

On apprend que l’horrible système dictatorial que le film dépeint s’est établi à la suite d’une rébellion réprimée. La participation de Katniss aux Hunger Games redonne ainsi une lueur d’espoir au peuple. L’obligation pour Katnisse de feindre une relation amoureuse afin de mettre à bas le système va sans doute la freiner. Cela reflète la difficulté qu’éprouvent les jeunes à développer leur propre identité, ainsi que celle de forger des relation humaines positives dans un monde dominé par la corporation des médias qui impose par la force des idées toutes faites sur la beauté, le rôle des genres, etc. Une question pourtant s’impose : Katniss pourra-t’elle déclencher une rébellion ? A suivre…

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