Kazakhstan : Un eurodéputé voit sa demande de visa refusée

Le régime tente de couvrir le massacre des travailleurs

Le député européen Paul Murphy (élu irlandais du Socialist Party) n’a pas obtenu de visa pour le Kazakhstan. Le régime de Nazarbayev a peur que le voile ne soit levé sur le massacre des travailleurs du secteur du pétrole le 16 décembre dernier. Paul Murphy devait emmener une délégation de la GUE/NGL (Gauche Unitaire Européenne/ Gauche Verte Nordique) au Kazakhstan le 4 avril. Ils devaient se rendre dans les villes d’Aktau et de Jhanaozen, dans l’ouest du pays.

Déclaration de presse de GUE/NGL, Groupe parlementaire Européen, « Gauche Unitaire Européenne/Gauche Verte Nordique »

Le 3 avril, les services du protocole du Parlement Européen l’ont informé que son passeport avait bien été remis aux services du protocole mais que son visa n’avait pas été délivré par l’ambassade du Kazakhstan. Aucune raison n’a été donnée aux services du protocole ni à Paul Murphy en ce qui concerne cette décision arbitraire.

Dans une lettre adressée à l’ambassadeur du Kazakhstan attaché à l’Union Européenne, Mr Yerik Utembayev, Paul Murphy a exprimé son mécontentement envers la décision du ministre des affaires étrangères.

« J’en conclus donc que vous avez choisi de mettre des bâtons dans les roues de la délégation du GUE/NGL à un moment crucial. Le procès va entendre des témoignages contre les personnes qui seraient responsables des événements tragiques qui ont eu lieu le 16 décembre 2011, procès qui se déroule en ce moment même. Ce travail est d’une importance vitale pour mon groupe politique et pour mon travail au sein du Parlement Européen. »

« J’ai de bonnes raisons qui me poussent à croire que le refus de m’octroyer un visa ne soit qu’un calcul politique. »

Paul Murphy a voyagé au Kazakhstan au cours du mois de juillet de l’année 2011 et a publiquement déclaré son soutien à la grève des travailleurs du secteur pétrolier qui touchait la région de Mangistau à l’Ouest du Kazakhstan depuis le mois de mai 2011. Ce mouvement a culminé lors d’un assaut brutal des forces armées le 16 décembre, qui a fait au moins 16 morts.

Depuis sa visite de juillet 2011, les relations avec les autorités officielles Kazakhs se sont détériorées. Dans une lettre suite à sa visite, le ministre des affaires étrangères de la République du Kazakhstan a déclaré : « La République du Kazakhstan a le droit de considérer les personnes mentionnées ci-dessus comme non-grata ».

« Le refus de m’octroyer un visa a lieu après la violation des droits démocratiques au Kazakhstan. Suite au 16 décembre nous sommes témoins d’un durcissement de la répression contre les activistes de l’opposition, les journalistes, et les militants pour les droits de l’homme au Kazakhstan. Des leaders de l’opposition tels que Vladimir Kozlow et Esenbek Ukteshbayev ne peuvent pas retourner dans leur pays car ils ont peur d’être arrêtés sur le champ ».

« Actuellement, un procès publique de masse commence à Aktau à l’encontre de 37 grévistes. Le juge en charge du procès a répété que la police ne devrait pas être présente pour défendre leurs preuves. Le procureur demande des sentences allants jusqu’à dix ans d’emprisonnement. Vu de la décision de ne pas octroyer de visas, et ce malgré les invitations faites aux observateurs indépendants afin qu’ils mènent une enquête sur la situation à l’ouest du Kazakhstan, il semble clair que le gouvernement n’ait aucune intention de permettre à n’importe quel observateur indépendant de visiter la région en ces temps critiques ».

« Des syndicats indépendants à Aktau et Jhanaozen m’ont invité au Kazakhstan et je suis très irrité à l’idée de ne pas voyager aujourd’hui. Néanmoins, je continuerai à parler en faveur de la démocratie et des droits des travailleurs au Kazakhstan et j’appelle à la libération de tous les prisonniers politiques dans le pays. Je vais aussi refaire une demande de visa dans le futur. »

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Première page de Lutte Socialiste