Commerce du vêtement : Restructurations multiples en plein Covid-19

Photo de la page Facebook de la CNE.

Dans le numéro de septembre de Lutte socialiste, nous avions attiré l’attention sur la façon dont les chaînes de magasins de vêtements, dans un contexte de crise sanitaire, mettent le personnel sous pression pour accroître les profits. Il ne s’agit pas seulement de surexploiter les travailleuses et travailleurs qui produisent les vêtements, les chaussures et les accessoires de sport dans des pays lointains à bas salaires.

Par Guy Van Sinoy, article tiré de l’édition de mars de Lutte Socialiste

En Belgique aussi, et ailleurs en Europe, il s’agit de surexploiter les travailleurs des grands magasins qui vendent ces marchandises. Bien souvent, il s’agit de femmes travaillant à temps partiel, avec un contrat flexible et un salaire dérisoire. En 2020, au cours des deux périodes de confinement des commerces non essentiels, le personnel s’est retrouvé avec une indemnité de chômage qui, pour un emploi à temps partiel très mal payé, se réduit à peau de chagrin.

D’autre part, plusieurs marques connues ont carrément mis la clé sous la porte : Brantano, Camaïeu, il y a quelques mois. Aujourd’hui, H&M a annoncé 8 fermetures de magasins (Liège, Bruxelles, Gent, Anvers, etc), d’autres sabrent dans les effectifs pour réduire les coûts salariaux. Ainsi, chez Sport Direct, une multinationale britannique qui dispose de 37 magasins en Belgique et qui compte environ 450 salarié.es dont une majorité de jeunes, la direction entend réduire le nombre d’heures en magasin. Pour cette société, la période des soldes ne porte pas seulement sur le prix de vente des marchandises, elle porte aussi sur les horaires du personnel. Concrètement : une diminution de manière unilatérale du nombre d’heures de travail mentionnées dans le contrat de travail. En Wallonie et à Bruxelles les travailleurs sont partis en grève en front commun syndical pour s’opposer à cette mesure arbitraire et illégale. La CNE et le SETCa réclament une réduction du temps de travail sans perte de salaire (32 heures en 4 jours/semaine) mais les négociations sont toujours en cours.

En Grande-Bretagne, où le mouvement syndical a été cruellement affaibli depuis les années Thatcher, près de 80 % des 24.000 travailleurs de Sport Direct ont un contrat de travail de « zéro heure » : chaque semaine, ils rejoignent leur lieu de travail sans connaître le nombre d’heures à prester. La direction décide seule. Sans compter les milliers de travailleurs qui sont intérimaires.

Heureusement notre force syndicale et la législation sociale en Belgique ne permettent pas une telle politique asociale qui nous ramènerait au 19e siècle. Mais la vigilance et la solidarité internationale sont indispensables pour résister à une telle régression sociale. On peut donc dire que chez Sport Direct, la lutte sociale est aussi un Sport de Combat

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Première page de Lutte Socialiste