Rapport d’un militant syndical de sa journée de grève du 7 octobre à Verviers

A 6h30 du matin, un rassemblement a lieu place du Martyr au centre-ville; des groupes sont formés pour aller aux différents piquets de grèves, le 1ier groupe a prit place devant l’entrée du CPAS de Verviers. Le 2ème groupe, à 60 mètres de là dans la même rue, se place devant le FOREM. Le troisième groupe s’est dirigé sur l’hôtel de ville de Verviers … alors qu’au même moment, le quatrième groupe, dont je faisais partie, était en chemin vers la commune de Dison.

Mustapha, Verviers

Le personnel "non gréviste" de l’administration se présentait devant les piquets et repartait juste après avoir donné leurs noms à leur supérieur hiérarchique, mais sans vouloir forcer les piquets de grèves…et ils voulaient plutôt montrer leur soutient à la grève. Il y avait une déception quelque part de ne pas faire grève en front commun.

Sur un autre front, depuis les premières heures du petit matin, des piquets étaient en place sur la quasi-totalité du zoning industriel de la région. Il y avait aussi des piquets sur certaines usines de la région germanophone ; et c’est une chose qui n’est pas courante dans cette région.

Vers 9h00 et juste après s’être assuré que la commune de Dison n’ouvre pas, le groupe est reparti pour renforcer les camarades sur l’administration communale de Verviers, puis tout le monde s’est retrouvé au local de la FGTB au centre ville. A 10h30 une manifestation de plus de 500 personnes démarre en directions des locaux de la CSC. Les responsables de la CSC ont accueilli les manifestants. Ensuite un des responsable de la CSC a essayé de donner des motifs valables pour la levée du préavis par son syndicat, mais hélas, la foule était survoltée, grondait et pas convaincue. Des pétards et des œufs ont été lancé sur ces responsables.

Sur le trajet de la manifestation on pouvait voir un piquet de grève devant un magasin Delhaize, défendu par des travailleurs affiliés au syndicat CSC "vêtu de chasubles vertes"!! démontrant en cela que les travailleurs peuvent à un moment donné dépasser leur propre cadre syndical.

Les manifestants ont regagné le local du MR au centre ville, un responsable syndical a posé des questions et les revendications des travailleurs pour faire passer le message aux libéraux. Pendant le discours du responsable MR, un manifestant a traité ce dernier de doux noms d’oiseaux…! Le cortège s’est dirigé vers l’hôtel de ville pour faire entendre la même chose au responsable PS…

A 13h30 un groupe se précipita pour faire un piquet devant la commune de Dison, il fallait être sûr que personne ne casse la grève.

A 14h00 avec quelques personnes de ce dernier groupe, nous sommes repartis pour renforcer à un piquet la grève dans la région germanophone… (usine Hydro-aluminium à Raeren), les travailleurs étaient enchantés de voir des camarades d’autres secteurs venus leur prêtés main forte !! (les travailleurs sont indivisibles)

Ce que l’on peut retirer de cette journée c’est que la grève a été bien réussie, même sans un front commun. La quasi unanimité des travailleurs, quelle que soit leur appartenance syndicale, motivés par une nécessité de prendre l’initiative, de bouger et de défendre les droits les plus légitimes.

Une grève ne peut que jouer son rôle historique, tel que préserver les droits gagnés dans le passé et en revendiquer d’autres nouveaux. Même sous une stagnation apparente, une étincelle peut déclencher une lutte de classe.

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