Di Rupo contre les femmes – L’austérité les frappe durement

Les nouvelles mesures du gouvernement Di Rupo constituent une offensive importante contre les travailleurs. Certains groupes sont plus particulièrement touchés, comme les jeunes et les femmes. Les attaques contre les allocations de chômage, les fins de carrière, les crédit-temps et les interruptions de carrière signifient pour beaucoup de femmes une réelle dégradation de leurs conditions de vie et de travail.

Par Aisha, porte-parole de la commission femmes du PSL

La crise économique avait déjà touché les conditions de vie des femmes à différents niveaux. La baisse du pouvoir d’achat s’est fortement faite sentir pour les revenus les plus faibles, et les femmes gagnent toujours jusqu’à 25 % de moins que les hommes. De plus, les fermetures d’entreprises et les licenciements massifs ont mis sous pression le marché du travail, rendant l’accès à l’emploi encore plus difficile.

Les femmes devraient-elles travailler plus longtemps ?

Le 22 février, le ‘‘journal’’ La Meuse a posé en première page la question suivante : les femmes ne devraient-elles pas travailler plus longtemps que les hommes ? Etant donné que leur moyenne d’espérance de vie est plus élevée… Au vu de toute la propagande qui défend l’augmentation de l’âge de départ en retraite sur base de l’augmentation globale de l’espérance de vie, ce n’est pas une question si absurde. Le fait est que ce n’est pas la seule donnée à prendre en compte. Aujourd’hui nous vivons effectivement plus longtemps, mais nous produisons également beaucoup plus de richesses en travaillant. L’augmentation de la productivité rend d’ailleurs impossible de travailler plus longtemps pour de nombreuses personnes.

En prenant l’espérance de vie pour seul critère, plusieurs choses devraient changer. En 2010, une étude de la Fondation roi Baudouin et des autorités scientifiques fédérales a démontré qu’une femme qui avait pu faire des études supérieures avait une espérance de vie augmentée de 7,5 ans en moyenne. A 25 ans, une femme hautement scolarisée peut espérer avoir en moyenne 47 ans de bonne santé devant elle, contre 36 ans pour une femme qui n’a connu que l’enseignement secondaire, et 29 ans pour une femme qui n’a pas terminé ses secondaires.

La pension des femmes 23% plus basse…

Alors que La Meuse remet en question l’âge de départ des femmes à la retraite, comme expliqué ci-dessus, des données très intéressantes et pertinentes ont été publiées par l’Institut pour l’égalité des chances concernant la différence entre les hommes et les femmes. L’écart salarial entre les hommes et les femmes dans le secteur privé, observé sur la base du salaire horaire brut, s’élève à 25% chez les employés et 17% chez les ouvriers. L’écart salarial dans le secteur public est beaucoup moins élevé (5% chez les contractuels) et s’explique par le fait que les salaires sont beaucoup plus réglementés dans l’administration. Au niveau des pensions, la différence est en moyenne de 23%, à cause de l’écart salarial mais aussi par des carrières plus irrégulières. Les réformes de Van Quickenborne concernant le crédit-temps pénalisé dans le calcul de la pension va encore plus durement frapper les femmes. Le ministre estime visiblement qu’un écart 23% au niveau de la pension n’est pas suffisant.

Aujourd’hui, 1 personne sur 8 vit dans un ménage sans emploi dans notre pays. Les chômeurs sont d’ailleurs systématiquement mis sous pression, comme avec cette nouvelle mesure qui organise la diminution des allocations de chômage dans le temps et va, de ce fait, pousser encore plus de personnes dans la précarité. Les chômeurs de longue durée, majoritairement des femmes, vont voir leur revenu rabaissé au strict minimum, ce qui rend impossible d’assurer les besoins quotidiens d’une famille.

Ces mesures, associées à l’augmentation des contrôles et des sanctions, ont en fait pour réel objectif d’obliger les chômeurs à accepter n’importe quel travail sous n’importe quelles conditions, afin de construire un large secteur à bas salaire dans la société. Mais pour les femmes, qui portent encore sur leurs épaules une bonne part des tâches ménagères et de l’éducation des enfants, cela peut se révéler une mission impossible ! Comment combiner un emploi qui peut se trouver jusqu’à 60 km de la maison, un salaire de misère et des garderies trop peu nombreuses et trop chères ?

A cela vient encore s’ajouter des mesures plus restrictives pour les crédits-temps. Or, 95% des crédits-temps à temps plein sont pris par des femmes afin de s’occuper des jeunes enfants. Aujourd’hui déjà, seules 37% des femmes faiblement qualifiées travaillent à temps plein et ce chiffre baisse à 11% après la naissance d’un premier enfant.

Toutes ces mesures vont pousser encore plus de femmes vers les emplois précaires, à temps partiels ou encore tout simplement hors du marché de l’emploi. Les mesures sur les fins de carrière ont également des effets importants sur les conditions de vie des femmes. Un pensionné sur trois et plus d’une pensionnée sur deux doivent déjà vivre avec moins de 1000 euros par mois ! Mais le gouvernement a pris des mesures qui vont empirer cette situation. En augmentant le nombre d’années de carrière demandé pour le départ en prépension, le gouvernement oblige à travailler beaucoup plus tard, très certainement dans le cas des femmes qui, souvent, doivent travailler à temps partiel ou faire une pause durant leur carrière. Aujourd’hui 44,3% des femmes travaillent à temps partiel pour 9,3% des hommes. Il devient dès lors très difficile de remplir les conditions demandées pour la pension ou la prépension.

Face à ces attaques, nous avons besoin d’un programme et d’un plan d’action qui unissent l’ensemble des travailleurs. L’absence de réponses face aux problèmes sociaux ouvre la voie aux groupes qui cherchent à diffuser leurs idées réactionnaires. Ainsi, depuis trois ans, des ‘‘Marches pour la Vie’’ sont organisées avec le soutien de Mgr Léonard. Leurs organisateurs militent pour l’abolition du droit à l’avortement. Pour le PSL, personne ne doit s’approprier le pouvoir de décider de l’orientation de sa vie à la place de qui que ce soit, y compris d’avoir des enfants ou pas. C’est pourquoi nous défendons le droit à l’avortement. Mais nous pensons également que beaucoup de femmes n’auraient pas recourt à l’avortement avec une meilleure situation financière. Nous revendiquons donc que chacun dispose des conditions matérielles permettant de faire un véritable choix. Participez à notre campagne pro-choix !

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