Organisons-nous contre l’extrême droite ! Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos !

À la mi-octobre, plusieurs centaines de manifestants d’extrême droite sont descendus dans la rue de la commune de Puurs suite à l’agression cruelle d’un adolescent de 15 ans. Les médias ont couvert l’événement en évoquant une action contre le harcèlement. Mais les slogans sur les «parasites islamiques» et les «rats de gauche» laissaient planer peu de doutes sur le fait que cet événement était en réalité un déchainement de violence envers celles et ceux qui pensent autrement que l’extrême droite ou sont issus de l’immigration.

Par Kenzo (Gand)

L’extrême droite propage les menaces et la violence dans la rue

L’extrême droite répand la haine et la division. Les jeunes ayant une couleur de peau différente sont systématiquement stigmatisés et présentés comme des voyous et des criminels. La méfiance des «flamands» s’intensifie. Ces dernières années, l’extrême droite a vu un courant d’indulgence croître parmi les jeunes. Cela mène à une plus grande confiance de jeunes racistes qui provoquent systématiquement d’autres jeunes, distribuent des autocollants d’extrême droite aux écoles et parlent ouvertement de leur racisme et de leur sexisme pendant et après les cours.

Alors que l’extrême droite affirmait être sortie dans la rue à Puurs contre le harcèlement, une voiture avec des passagers issues de l’immigration a été attaquée. Les occupants ont rapidement paniqué et se sont échappé, ce qui a presque été présenté comme une attaque contre l’extrême droite ! Un internaute a balancé l’adresse présumée d’un des agresseurs, une adresse où plusieurs individus se sont rendus pour y lancer des projectiles… sauf que la maison était en fait celle de quelqu’un d’autre.

Parmi les personnes impliquées dans cette attaque raciste, on trouve non seulement des représentants officiels du Vlaams Belang, mais aussi des auteurs d’actes de violence déjà condamnés. L’un des participants était Tomas Boutens, l’ancien militaire reconnu coupable d’avoir créé une milice armée néonazie.

Une résistance active est indispensable

L’extrême droite répond à la méfiance générale envers l’establishment. Plus de latitude lui sera laissée si le mouvement ouvrier ne dirige pas la colère. Si l’extrême droite descend dans la rue sans opposition, cela conduira à la violence, au vandalisme et à l’intimidation de personnes ayant une couleur de peau «différente» ou des antifascistes.

Si le mouvement ouvrier n’imprime pas sa marque dans le débat public avec des campagnes et des actions autour des besoins de la majorité de la population, alors l’extrême droite s’en tirera avec son message de division et de haine.

La résistance antifasciste est indispensable pour démontrer l’hypocrisie de l’extrême droite. Elle dénonce le harcèlement si les auteurs sont issus de l’immigration, mais elle stimule le harcèlement et la violence contre les femmes, les personnes LGBTQI, les réfugiés et les syndicalistes tout en prônant la discrimination sur le marché du logement et en encourageant la répression policière.

La mobilisation antifasciste est indispensable pour stopper la confiance de l’extrême droite en elle-même. Si nous ne le faisons pas, l’extrême droite continuera de progresser en termes d’intimidation et de violence.

Le racisme, le sexisme et d’autres divisions visent à masquer les carences de la société capitaliste et constituent un écran pour lutter contre ces carences.

Ainsi, alors qu’il y a un besoin évident de plus de moyens pour l’enseignement après des années d’austérité, les clubs d’étudiants d’extrême droite tels que Schild & Vrienden et KVHV, au contraire préconisent au contraire un enseignement réservé aux meilleurs étudiants ou aux plus riches. Il faut investir à grande échelle pour avoir des classes plus petites et avoir plus de personnel enseignant. La pénurie de moyens, à la fois en personnel et en infrastructures, alimente les inégalités. L’enseignement flamand est déjà l’une des plus inégalitaires au monde. La réponse des étudiants du Vlaams Belang à cela est encore plus d’inégalité!

Rejoignez-nous dans la contre-offensive!

Même lors d’un (semi)confinement, il faut organiser la résistance contre l’extrême droite. Il faut s’opposer à la propagation de la haine dans nos rues. Beaucoup de gens voudraient s’opposer à l’extrême droite, il faut les organiser. Ce qui s’est passé à Puurs montre pourquoi nous devons nous organiser localement. Contactez la Campagne Solidarité pour rejoindre la lutte contre la haine et la division semées par l’extrême droite!

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Première page de Lutte Socialiste