Coronavirus. Encore une fois : leur approche est un échec et leur système est en faillite

Photo : Pixabay

Le nombre d’infections augmente à nouveau rapidement, les hôpitaux menacent à nouveau d’être saturés. Le personnel soignant est épuisé par la précédente vague d’hospitalisations et de nombreux maisons de repos et de soins ne se sont pas encore remis. Parallèlement, beaucoup de gens sont fatigués de la situation et en ont totalement assez. Nous pourrions toutefois être à nouveau confrontés à des mesures plus strictes qui limiteraient encore davantage notre vie sociale.

Personne ne souhaite un nouveau confinement ou des mesures qui briment notre vie sociale et notre vie tout court. Est-ce évitable ? Au mois de mars, on pouvait encore dire que personne n’était préparé à une telle situation. Ce n’est toutefois pas vrai : les scientifiques avaient averti de longue date au sujet du risque de pandémie, mais les mesures préventives coûtaient de l’argent. Mais aujourd’hui, nous connaissons les terribles conséquences du Covid-19 depuis plusieurs mois déjà alors que nous savons toutes et tous qu’un virus ne disparaît pas tout simplement sans qu’un vaccin ne soit trouvé.

Lorsque le virus est apparu, les masques, le matériel de protection et les tests manquaient. En Belgique, nous avons connu la destruction du stock stratégique de masques, une était bévue motivée par la logique d’austérité et d’économie budgétaire : détruire était moins cher que déplacer le stock ailleurs. Depuis lors, l’approvisionnement en masques a été assuré. Après tout, ce n’est pas si difficile à produire. La raison pour laquelle un processus aussi simple de production n’a pas été mis en route à échelle de masse beaucoup plus rapidement s’explique par le fait que cela a été laissé à l’initiative privée. Les autorités ont refuser d’envisager d’exiger que les chaînes de production soient réorganisées pour assurer que ce qui était nécessaire soit fourni à la collectivité.

La capacité de test a été considérablement augmentée, mais des problèmes apparaissent déjà. Dans certaines régions, les tests ne sont pas effectués si une personne ne présente aucun symptôme. Nous avons entendu l’exemple d’une personne à qui un test avait été refusé alors que plusieurs de ses collègues avaient été infectés ! Son médecin généraliste a dû manipuler les faits et affirmer qu’elle présentait des symptômes légers pour obtenir un test. Le déploiement à grande échelle de millions de tests se fait attendre. Cela peut toutefois être relativement simple : à l’Université de Liège, la salive de 30.000 membres du personnel et étudiants est testée chaque semaine. Pourquoi ne pas faire de même ailleurs ? En plus d’un tel test salivaire (qui est moins fiable), il est bien sûr nécessaire de disposer d’une capacité de tests plus sensibles plus importante à plus grande échelle. Il faut également assurer que les résultats puissent être connus plus rapidement, sans avoir à attendre trois ou quatre jours. « Si les personnes sans symptômes ne sont plus testées, alors nous sommes de nouveau dans la situation où nous étions au début du mois de mars », a déclaré le biostatisticien Geert Molenberghs dans la quotidien flamand De Standaard. Retour à la case départ ?

Le traçage n’est pas près d’avoir lieu non plus. Nous connaissons probablement tous maintenant des personnes qui ont été infectées et qui peuvent témoigner des défaillances du système de traçage. Nous avons entendu l’exemple d’une personne à Bruxelles qui a été testée positive au Covid-19 et qui a rapidement reçu un message l’avertissant d’un coup de fil à venir du service de traçage. L’appel n’a jamais eu lieu. Des dizaines similaires, il en existe des dizaines. Afin de connaître la propagation des infections, il est important de savoir où elles ont lieu. Toutefois, il n’existe aucune trace de cela dans notre pays. Pourquoi ? Les données britanniques permettent de comprendre ce silence. Le Royaume Uni a organisé un registre des lieux où les infections sont contractées à l’extérieur : 38% dans les écoles et les établissements d’enseignement, 26% au travail, 18% dans les maisons de repos, 4% dans les hôpitaux, 4% dans les restaurants et 10% ailleurs. Ces données sont peut-être limitées, mais elles indiquent que de nombreuses infections se produisent au travail et dans l’enseignement (supérieur). Ce sont justement les deux domaines où les hommes et femmes politiques préfèrent prendre le moins de mesures possibles…

Les décisions se succèdent au pas cadencé, mais les mesures visent principalement notre vie sociale : les loisirs, la culture, les bars, le sport,… Ces mesures manquent de popularité, ce qui entrave leur efficacité. Qui croit encore les autorités ? Limiter la question à la communication, c’est ce que l’on trouve dans les livres de marketing que les présidents de partis traditionnels dévorent. Mais pour la population ordinaire, la vie sociale et la santé ne sont pas des questions de marketing. Ce sont des préoccupations quotidiennes. D’autre part, les inégalités présentes dans notre société sont exacerbées par la crise sanitaire. La seule chose qui convainc aujourd’hui les gens de faire preuve d’un certain degré de discipline en matière de coronavirus est la crainte du virus lui-même.

Les lieux de travail et les écoles resteront ouverts aussi longtemps que possible. Le besoin de contacts sociaux et d’éducation des jeunes est mis en avant par les autorités, mais e qu’elles ont en tête est d’assurer que les parents aient les mains libres pour aller travailler. Ce sont les intérêts économiques qui restent centraux. L’impact des mesures sanitaires est bien entendu énorme, elles ont déclenché une contraction économique qui couvait depuis un moment déjà, la plus forte depuis des décennies. Nous assistons au début d’une vague de licenciements. Mais si cela démontre une chose, c’est à quel point ce système est bien peu capable de répondre à un défi tel qu’une crise sanitaire. L’économie capitaliste était déjà mal en point au départ. Quand le coronavirus est apparu, il a rapidement fallu placer l’économie sous respirateur artificiel avec d’impressionnantes mesures.

La politique traditionnelle n’est pas suffisamment préparée à une deuxième vague de virus, plusieurs mois après l’apparition du virus. Le personnel de santé est encore épuisé par la vague précédente et ne dispose que de promesses d’amélioration. Des années de politiques d’austérité ont laissé le secteur de la santé à lui-même, les maisons de repos et de soin à la merci de la marchandisation et les mesures sanitaires essentielles (telles que les équipements de protection, les tests, le développement et la distribution de vaccins) à l’initiative privée. L’approche des politiciens traditionnels échoue partout pour une raison : le capitalisme qu’ils défendent tombe en faillite. Il est grand temps d’adopter un autre système, un système qui repose sur les besoins de la majorité de la population, un système qui ne repose pas sur le chaos du marché mais sur une approche démocratiquement planifiée : une société socialiste démocratique.

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Première page de Lutte Socialiste