Stop à la violence envers les femmes !

En 2020, la violence conjugale est toujours un problème majeur. Comment se fait-il qu’aucun changement ne soit apparu à la suite de #metoo ? Que trouve-t-on à la racine du sexisme structurel et quelles revendications concrètes formuler pour le combattre ?

Par Janne (Gand)

Combattre la violence exige des moyens

L’une des complications majeures est que les victimes ne signalent souvent pas leur situation à la police. Il faut dire qu’elles ne se sentent pas toujours comprises ou prises au sérieux. Dans certains commissariats, on n’établit un rapport officiel qu’après la quatrième plainte ! Il faut débloquer des moyens pour la sensibilisation et la prévention afin de briser ce tabou. Les victimes de violence doivent se sentir en sécurité pour pouvoir déposer plainte.

Ensuite, diverses victimes ne signalent souvent pas leur situation tout simplement par peur. Les femmes restent encore malheureusement souvent financièrement dépendantes de leur partenaire. Dénoncer la violence et mettre fin à la relation fait planer la menace de la pauvreté. Nous défendons donc l’instauration d’un salaire minimum de 14 euros par heure et de contrats de travail décents afin de lutter contre l’écart salarial entre hommes et femmes. Nous devons créer les conditions matérielles permettant qu’une femme puisse quitter une relation dangereuse sans que cela implique de sombrer dans la pauvreté.

Les politiques d’austérité de ces dernières décennies ont laissé de profondes blessures. Même si les victimes osent mettre fin à la relation, elles sont laissées pour compte par les autorités. Un refinancement adéquat du travail social s’impose de toute urgence ! Ce n’est que grâce à un tel réinvestissement que nous pourrons prendre soin des victimes de manière appropriée. Celles-ci doivent pouvoir se rendre dans un nombre suffisant de centres d’accueil et recevoir le soutien dont elles ont besoin.

Le meurtre d’Ilse Uyttersprot, l’ancienne bourgmestre d’Alost, survenu cet été aurait pu être évité. En 2014, son meurtrier avait déjà été condamné pour violence conjugale. Il a ensuite été condamné à six mois avec sursis pour avoir battu et blessé son ex-petite amie. La peine était bien légère en considération du fait qu’il avait voulu l’étrangler. Après le meurtre d’Ilse Uyttersprot, il est clairement apparu qu’il faisait l’objet de diverses accusations de harcèlement, d’intimidation et de violence. Cet homme avait clairement un passé de violence. Mais il a pu frapper à nouveau en raison de peines légères, mais surtout à cause de l’absence de services de thérapie disposant de suffisamment de personnel pour être réellement en mesure de suivre les délinquants.

Il ne peut y avoir de capitalisme sans sexisme

Malheureusement, un tel drame inspire souvent de mauvaises conclusions. Les événements sont souvent résumés en un ‘‘choix malheureux’’ de la part de la victime, comme si cette violence n’était pas ancrée dans le système actuel, le capitalisme. Les gens ne naissent pas violents. La culture du viol dans les médias, la marchandisation du corps des femmes, etc. nous imposent une image dégradante des femmes, ce qui alimente le sexisme.

D’autre part, les femmes sont souvent condamnées à une position inférieure dans ce système : les femmes sont surreprésentées dans les secteurs sous-évalués et mal payés. Elles travaillent aussi plus souvent à temps partiel et on leur impose la tâche difficile de concilier vie professionnelle et vie familiale, etc. Cette inégalité affaiblit leur position dans la société et ne sert que les intérêts de la classe capitaliste.  Pour obtenir des changements fondamentaux, nous devons nous en prendre aux racines du problème : le système capitaliste qui utilise le principe de ‘‘diviser pour régner’’ pour dresser les différentes couches de la population les unes contre les autres – sur la base du genre, de l’origine, de la religion, etc. L’inégalité, l’exploitation et l’oppression sont inhérentes à ce système, et il est important de dénoncer ces mécanismes et de combattre ensemble !

Rendez-vous le 22 novembre prochain à Bruxelles. Participez à la mobilisation pour cette manifestation contre la violence envers les femmes. Une grande manifestation nationale respectant les mesures sanitaires serait une étape importante. Si les mesures sanitaires ne permettent pas une manifestation nationale, une campagne de mobilisation active pourrait faciliter des actions locales de moindre envergure.

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